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Larve de tipule dans une parcelle de blé en avril 2020 en Bretagne Messagerie Bretagne

Céréales et prairies : nombreuses attaques de tipules et de géomyza

16 avril 2020

Les tipules sont redoutables ! Leur forte présence a pu entraîner le retournement de vos parcelles. Les larve de géomyza peuvent également être dévastatrices. Habituellement observées sur triticale, elles sont désormais signalées sur blé. Les clés pour reconnaître les symptômes indiquant la présence de ces ravageurs.

Attaques significatives de tipules

Les attaques observées actuellement sont consécutives aux pontes de l’automne. Les parcelles humides, le précédent prairie et les repousses de céréales y sont favorables. En effet, l’adulte - sorte de gros moustique - recherche des endroits frais et protégés pour effectuer ses pontes.

Les larves mesurent de 1 cm (automne) à 4 cm (printemps). Elles sont résistantes au froid et se développent durant tout l’hiver. L’activité larvaire augmente en sortie hiver et au début du printemps dès que la température remonte, en particulier lors des hivers doux comme c’est le cas de cette année, ce qui explique les dégâts précoces (décembre) et intenses observés à ce jour . Comme beaucoup de ravageurs du sol, les larves de tipules sont lucifuges (fuient la lumière) et remontent la nuit pour se nourrir et attaquer les plantes. Elles sont assez faciles à trouver dans les premiers centimètres du sol au pied des plantes. Elles sont de couleur grise, ont un aspect boudiné et ne possèdent pas de pattes (contrairement au vers gris).

Des attaques par foyer

Les attaques se répartissent en foyers sur la parcelle. Les symptômes se situent le plus souvent dans les zones qui restent les plus fraîches : les larves de tipules ont en effet de fortes exigences hygrométriques. Avec des pluies conséquentes et persistantes intervenues dès le 20 septembre, les conditions de la fin d’été ont été favorables à leur survie. Les attaques sont généralement moins fortes dans les zones tassées (fourrières…).

Les symptômes sont caractéristiques : on observe des feuilles et des plantes sectionnées sur le sol. Sur la plante, on peut observer des feuilles lacérées, ou présentant des morsures.

Il n’existe aucun traitement autorisé en végétation.

Le travail du sol constitue le principal levier. Il permet de détruire le couvert végétal favorable aux pontes et dessèche le sol. Le dessèchement est ainsi très défavorable aux jeunes larves qui ne supportent pas la déshydratation. Cette intervention permet également de détruire les larves très sensibles aux blessures.


Photo 1 : plantes et feuilles sectionnées, morsures sur feuilles (Locarn – février 2020).


Photo 2 : la larve se trouve dans les premiers centimètres de sol. Elle est boudinée, grise, sans pattes.

Géomyza : des symptômes très caractéristiques

De nombreux symptômes d’attaques de Geomyza tripunctata sont observés actuellement sur triticale, mais également sur blé. Sur orge, les symptômes sont beaucoup plus ponctuels. Géomyza est une petite mouche dont les larves peuvent attaquer également le maïs.

Les adultes apparaissent à la sortie de l’hiver. L’œuf est pondu sur la feuille, et la larve, qui en est issue après une semaine de développement, pénètre dans la tige. Elle creuse une galerie, se dirige ensuite vers les organes jeunes, et peut détruire ainsi le jeune épi. La tige peut alors dégénérer.

Là encore, il n’existe aucune méthode de lutte en végétation.

Les clés de reconnaissance

Les feuilles jaunissantes, dont la gaine a été coupée par la larve, sont entraînées par la croissance des feuilles sous-jacentes, puis tombent au sol. C’est généralement le premier symptôme observé. S’il se limite à cette observation, cela reste généralement sans gravité. Ce phénomène est provoqué par les morsures de la larve sur la section circulaire de la feuille. Il intervient avant que la larve pondue sur la feuille ne pénètre dans la tige.

Autre symptôme, le jaunissement du maître-brin qui peut conduire au dépérissement du maître-brin, de plusieurs talles, voire de la plante dans le cas des attaques les plus graves.

On observe souvent un port de la plante « en étoile » après disparition du maître-brin.

Il est très difficile de trouver la larve à la base de la plante dans la mesure où elle séjourne peu dans la tige et où les symptômes nets sont assez postérieurs à son départ de la plante.


Photo 3 : symptôme très visible actuellement sur de nombreuses parcelles : feuilles coupées et entraînées par les feuilles sous-jacentes. On trouve ainsi de nombreuses feuilles jaunissantes sur les plantes ou tombées au sol.


Photo 4 : les attaques les plus graves peuvent conduire au dépérissement complet de la plante (triticale – Bignan (56) – mars 2020).

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