En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Un homme observe des jeunes plantes de blé et des adventices graminées dans une parcelle en sortie d’hiver 2020 en Pays de la Loire Messagerie Pays de la Loire

Conduite des céréales en sortie d’hiver : s’adapter à des situations très contrastées

06 février 2020

Les situations rencontrées ainsi que l’état des parcelles de céréales sont très hétérogènes dans notre région. Dans ce contexte, il est nécessaire de bien raisonner les prochaines interventions au champ.

Après la sécheresse et les températures caniculaires estivales, l’automne et le début d’hiver sont marqués par une très forte pluviométrie, avec un régime de pluies quasi ininterrompu depuis le 20 septembre dernier. Les écarts à la médiane sont de plus de 200 % localement et le nombre de jours de pluies est de l’ordre de 80 %.

Carte 1 : Nombre de jours avec au moins 1 mm de pluie entre le 20 septembre et le 31 décembre 2019

Ces conditions ont fortement perturbé les semis et se traduisent aujourd’hui par une grande diversité de situations observées :
- Des parcelles, qui ont pu être semées en assez bonnes conditions, sont aujourd’hui bien implantées et présentent des enracinements et un niveau de développement satisfaisants. 
- Des parcelles semées tard, encore peu développées, présentent, pour certaines, des zones ennoyées parfois conséquentes. Dans ces derniers cas, la question de retourner ou pas est parfois délicate à trancher.
- Des parcelles, pour lesquelles le semis n’a pas encore pu être réalisé, seront potentiellement emblavées en cultures d’été voire en céréales de printemps.

⇒ Les situations rencontrées sont extrêmement variables entre les différents secteurs de la région.

Une minéralisation importante et des pertes par lessivage conséquentes

En fonction de la nature du précédent, les reliquats post-récolte étaient très variables. Ce début de campagne se caractérise également par une grande douceur, qui a favorisé la minéralisation automnale et hivernale. Notons que ce phénomène s’est trouvé fortement atténué en parcelles hydromorphes, l’excès d’eau prolongé perturbant fortement la minéralisation. Dans le même temps, les fortes précipitations ont entraîné un démarrage du drainage dès début novembre, avec pour conséquence un lessivage précoce de l’azote qui a nivelé le stock d’azote minéral disponible pour l’ensemble des parcelles.

⇒ D’après les premières estimations, les stocks d’azote, tous types de sols confondus, sont faibles : 20 à 30 kg en moyenne.

Des interventions de désherbage difficiles à positionner

Les désherbages ont également été très perturbés par les conditions pluvieuses, n’offrant que de rares fenêtres d’intervention. Suite aux pluies abondantes, des dégâts de phytotoxicité ont été observés sur des parcelles désherbées cet automne, allant jusqu’au retournement de la culture dans les cas les plus graves.

Globalement, et malgré le faible taux de parcelles désherbées, le recours plus fréquent au labour et le décalage des semis ont contribué à limiter le salissement. Néanmoins, certaines parcelles comportent déjà des graminées (ray-grass et vulpin) et/ou des dicotylédones bien développées. Dans ces situations, notamment en présence de graminées en cours de tallage, il est recommandé de gérer la flore dès que possible et avant toute intervention de fertilisation azotée. Attention à la sélectivité de certaines spécialités herbicides (sulfonylurées antigraminées particulièrement) : ne pas intervenir sur des céréales qui souffrent d’excès d’eau, et éviter les journées présentant de fortes amplitudes thermiques.

⇒ La priorité doit être donnée au désherbage, notamment dans les parcelles les plus infestées de graminées en veillant à la sélectivité de l’application (météo et état des cultures)

Quels besoins pour les cultures aujourd’hui ?

Fertilisation azotée

Les céréales sont à ce jour peu nécessiteuses d’azote. Il n’y a donc pas d’urgence pour réaliser le premier apport d’engrais azoté. Le faible développement des céréales observé actuellement dans certaines parcelles est lié à la date de semis tardive et/ou à l’asphyxie racinaire provoquée par l’excès d’eau. Pour les parcelles semées de fin octobre à mi-novembre, présentant un développement satisfaisant, il n’est pas nécessaire de prévoir un apport avant le début du redressement. Ces parcelles ne sont pas carencées.

Il est en revanche préconisé d’accompagner un peu plus précocement les semis les plus tardifs ou les parcelles souffrant d’excès d’eau. Dans ces situations, attendre le ressuyage du sol pour apporter l'azote sans dépasser la dose de 30 kg/ha, les capacités d’absorption des céréales étant limitées.

Fertilisation phosphatée

Pour les parcelles carencées en phosphore (teneur du sol faible), un accompagnement en phosphore est à prévoir s’il n’a pas été fait cet été ou au semis. En revanche, nos essais montrent que dans des situations de parcelles ennoyées, si le sol est correctement pourvu en phosphore, l’apport ne sera pas valorisé.

Fertilisation soufrée : à prévoir entre fin tallage et 1 nœud

Le soufre se comporte d’une façon similaire à l’azote dans le sol : sa disponibilité dépend notamment des apports sur la culture précédente, de la minéralisation en cours d’automne, d’hiver et de printemps, et de l’intensité du lessivage. Cette année, le risque de carence est plus élevé que d’habitude. Etant donné les pluies tombées depuis octobre, des apports devront être réalisés entre fin tallage et 1 nœud dans les parcelles ne recevant pas régulièrement de produits organiques. 

En résumé, voici la conduite à tenir
⇒ Priorité au désherbage, notamment dans les parcelles les plus infestées de graminées. Programmer une intervention si nécessaire dès que la portance des sols et les conditions météo le permettront.
⇒ Pour les parcelles présentant un développement satisfaisant : attendre la fin du tallage et le ressuyage avant tout apport azoté.
⇒ Pour les semis les plus tardifs, ou les parcelles fortement pénalisées par des excès d’eau : accompagner les cultures à partir du début du tallage en apportant 30 kg maximum d’azote sur sol ressuyé.
⇒ Prévoir un apport de phosphore courant tallage uniquement dans les sols faiblement pourvus si cet apport n’a pas été fait avant semis.

Message rédigé par ARVALIS - Institut du végétal en concertation avec AGRIAL, la CAPL, la CAVAC, la Chambre d’Agriculture de la Mayenne, la Chambre d’Agriculture Pays de la Loire, la Coopérative d’Herbauges, Bernard AgriServices, les Ets Hautbois, Soufflet Agriculture.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10