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Lance d’irrigation dans une parcelle de céréales en sol superficiel début avril 2020 en Aquitaine Messagerie Nord-Aquitaine

Céréales en sols superficiels : irriguer dès que possible

16 avril 2020

En sols superficiels, les céréales sont très exposées au risque de stress hydrique : une irrigation est à déclencher dès que possible. Il faut également se tenir prêt à irriguer dans les parcelles en sols moyens.

Les beaux jours de printemps sont de retour, avec actuellement une période de sec. Les dernières précipitations significatives enregistrées remontent à début mars (60 mm en moyenne à Bergerac). Les sols commencent à s’assécher, notamment les sols superficiels.

Voici les bilans hydriques pour plusieurs situations-types de la région, à plusieurs dates de semis, basés sur l’outil Irré-LIS®.

En sols superficiels (réserve utile ≤ 70 mm)

Sur les bilans hydriques, et pour les deux dates de semis différentes, la réserve de survie des céréales est vide et aucune pluie conséquente n’est prévue dans les jours qui viennent. Afin de combler ce manque, il est préconisé d’irriguer rapidement, même si le stade dernière feuille pointante (DFP) n’est pas encore atteint pour les semis plus tardifs.

Figure 1 : Bilan hydrique pour la variété Oregrain - Semis du 31/10/2019, sols causses superficielles, Issigeac (24)


Figure 2 : Bilan hydrique pour la variété Oregrain - Semis du 05/12/2019, sols causses superficielles, Issigeac (24)

En sols moyens (RU entre 80 et 110 mm)

Sur les bilans hydriques, la réserve de survie est presque vide et les prévisions n’annoncent pas de pluies significatives pour les jours à venir. Il est donc préconisé d’effectuer une irrigation dans les jours qui viennent.

Figure 3 : Bilan hydrique pour la variété Oregrain - Semis du 30/10/2019, sols sableux graveleux, St-Martin-de-Fressengeas (24)

Figure 4 : Bilan hydrique pour la variété Oregrain - Semis du 05/12/2019, sols sableux graveleux, St-Martin-de-Fressengeas (24)

En sols profonds (RU ≥ 110 mm)

Sur les bilans hydriques, la réserve de survie est entamée pour les céréales. Aucune pluie n’est annoncée, une irrigation est à prévoir d’ici une semaine. Pour les semis plus tardifs, la réserve de survie n’est pas encore atteinte, ni le stade DFP. L’irrigation n’est pas urgente et peut attendre.

Figure 5 : Bilan hydrique pour la variété Oregrain - Semis du 30/10/2019, sols terreforts profonds, St-Antoine-de-Ficalba (47)

Figure 6 : Bilan hydrique pour la variété Oregrain - Semis du 05/12/2019, sols terreforts profonds, St-Antoine-de-Ficalba (47)

En résumé

Les besoins en eau des céréales à montaison sont de l’ordre de 220 mm. Le démarrage de l’irrigation est préconisé (en cas d’absence de pluie) à partir du stade 2 nœuds, début de la période de sensibilité au manque d’eau des céréales. Pour le blé dur et l’orge de printemps, qui sont plus sensibles au stress hydrique que le blé tendre, la période d’irrigation peut commencer légèrement plus tôt.

Figure 7 : Besoins en eau des céréales

Au vu des bilans hydriques des sols superficiels (réserve de survie épuisée) et même en cas de retour des pluies, il est fortement recommandé de démarrer l’irrigation à un tour d’eau (30 mm), le plus tôt possible même si les stades 3 nœuds/DFP ne sont pas encore atteints pour les semis plus tardifs (stades où les blés sont plus sensibles au stress hydrique). Si les conditions sèches devaient perdurer, un deuxième tour d’eau serait à envisager pour ces sols superficiels.

En ce qui concerne les sols moyens à profonds, le risque de stress hydrique est moins important. Néanmoins, un premier tour d’eau est recommandé dans les jours qui viennent pour les sols moyens (réserve de survie presque vide), surtout pour les céréales ayant atteint les stades 3 nœuds/DFP (semis d’octobre). Pour les sols profonds, l’irrigation n’est pas urgente mais les réserves de survie sont entamées ou vont l’être. Si aucune pluie suffisante n’est prévue, un tour d’eau sera recommandé pour les céréales à DFP.

Irriguer les céréales permet d’augmenter le potentiel de rendement et, en période de sécheresse, valorise les apports d’azote qui se traduit par un fort effet sur les rendements, voire les protéines. Une irrigation précoce a pour effet d’augmenter le nombre d’épis et la biomasse, mais attention au risque de verse. Pour des apports post-épiaison, il est donc recommandé de réduire l’intensité d’irrigation des canons et/ou d’utiliser des petites buses pour obtenir de plus petites gouttes.

Quels impacts du stress hydrique sur les céréales ?

En cas de stress hydrique, les céréales mettent en place des mécanismes d’adaptation en réduisant leur métabolisme pour limiter l’évapotranspiration (perte d’eau au niveau des stomates). Lorsque la ressource en eau est insuffisante ou inaccessible, la plante perd une partie de son eau. Cela entraîne une réduction de la photosynthèse et se traduit par :
- une réduction de l’expansion cellulaire, entraînant des feuilles plus petites et donc, une plus faible capacité à capter la lumière,
- une fermeture des stomates, limitant la transpiration,
- un détournement des nutriments destinés aux organes de croissance,
- une élévation de la température des tissus végétaux.

Côté rendements
Un blé à montaison consomme en moyenne 3 mm d’eau par jour. Tant que la demande évaporative n’est pas trop importante (températures fraîches, ensoleillement et vent modéré), la culture ne ressentira qu’un faible stress provoquant seulement la réduction progressive de son métabolisme.
En cas de période chaude sur plusieurs jours, les conséquences peuvent être beaucoup plus néfastes sur la croissance et le développement des céréales. Au stade de montaison, un stress hydrique peut engendrer une réduction du nombre de grains par mètre carré. En effet, c’est au cours de ce stade que l’appareil photosynthétique de la plante est conditionné en même temps que certaines composantes du rendement, comme le nombre d’épis par plante, le nombre d’épillets par épi et le nombre de fleurs fécondées par épillet.
Néanmoins, le blé tendre présente de multiples capacités de compensation à travers les composantes du rendement successives, ce qui lui confère une bonne résistance au stress hydrique.

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