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Parcelle de blé tendre, fin montaison, mi avril 2021 en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Céréales en montaison : comment s’adapter à la situation ?

15 avril 2021

Les céréales continuent leur montaison dans le sec, avec une majorité des parcelles entre le stade 2 nœuds passé et Dernière Feuille Pointante pour les blés les plus précoces, et apparition des barbes pour les orges d’hiver. Le point sur la conduite à tenir en matière de fertilisation, de protection et d'irrigation.

Les précipitations du week-end du 10-11 avril ont été éparses et relativement faibles (Carte 1), ne permettant qu’une valorisation plus ou moins partielle des quelques apports d'azote effectués avant (dernier apport sur orge, solde des doses à épi 1 cm). Sur la façade maritime et les Deux-Sèvres, les pluies sont souvent en dessous de 5 mm, rendant la valorisation insignifiante. Si les températures plus fraîches et les petites pluies ont fortement ralenti la consommation en eau des céréales, les cumuls de pluies ne permettent pas de lever durablement le stress hydrique qui s’installe dans les sols superficiels à moyennement profonds.

Les conditions restant anticycloniques, en absence d’irrigation, l’heure n’est pas aux apports d’engrais, et il faudra bien ré-évaluer la dose complémentaire en fonction du potentiel à la fin montaison et de la valorisation des apports précédents. Dès qu’une prochaine fenêtre pluvieuse se profile, il faudra se tenir prêt. En situation irriguée, le raisonnement de l’azote sera ajusté en fonction des besoins de la parcelle (pilotage) et les apports d’azote engagés avant une éventuelle irrigation.

Carte 1 : cumul de pluies du 9 au 11 avril 2021 (en mm)

N.B. : carte réalisée grâce à une modélisation spatiale de données observées au 13/04/2021


Quelles interventions pour assurer rendement et qualité ?

1- Pour les blés, Il est recommandé d’attendre une fenêtre climatique favorable pour effectuer un complément. Il n’y a pas lieu de précipiter un apport, les parcelles les plus précoces pouvant encore attendre.

2- Dans la majorité des situations, les apports restant sont des compléments pour assurer une alimentation azotée correcte en fin de cycle et assurer rendement et débouchés qualités. Dès qu’une fenêtre pluvieuse se profile (> 10-15 mm), à partir du stade dernière feuille, un apport est à engager.

3- Le pilotage du dernier apport avec un outil d’aide à la décision pourra permettre de prendre en compte l’état de nutrition des cultures, qui pourra être plus ou moins impacté par le stress hydrique selon la situation agronomique, pédoclimatique et de la pluviométrie des parcelles.

4- De nombreux blés semés en octobre s’approchent du stade dernière feuille pointante. Ce stade marque le début de la phase de sensibilité maximale des céréales au manque d’eau, avec une valorisation maximale d’un apport d’eau en situation irrigable.

Quelle est la situation actuelle ?

Malgré la chute brutale des températures minimales observée autour des 7 et 8 avril après une brève période quasi-estivale, les céréales continuent leur développement, accumulant des températures proches des normales depuis les semis. En effet, les températures moyennes restent proches des normales jusqu’au 10 avril et l’offre de rayonnement importante. Par contre, les températures récentes plus fraîches ont fortement réduit la demande climatique (évapotranspiration - ETP) et permettent de limiter l’impact du déficit hydrique qui se généralise dans tous les types de sols.

Malgré l’apparition de quelques maladies du feuillage (rouille naine sur orge d’hiver, rouille jaune sur variété sensible en blé), le temps sec et ensoleillé récent abaisse la pression de ces bioagresseurs.

Les apports effectués fin mars/début avril souvent partiellement valorisés

Les épisodes de pluies se font rares depuis début mars. Mise à part quelques averses éparses, la quasi-totalité des précipitations se concentre sur l’épisode du 8 au 10 mars, permettant une bonne valorisation des apports effectués avant cette date. S’en est suivi une traversée du désert d’un mois. Les précipitations tant attendues du week-end dernier ont été hétérogènes, souvent faibles, particulièrement sur la façade océanique et en Deux-Sèvres, ne dépassant pas les 5-10 mm sur une bonne partie du territoire. La partie la plus à l’est de la région Poitou-Charentes s’en sort un peu mieux. Sur la bordure limousine, les pluies ont parfois atteint 30 à 40 mm ; mais survenues sous forme d’averses orageuses, leur intensité s’est traduite par du ruissellement et a limité leur efficacité (carte 1).

Tableau 1 : Valorisation des apports sur différentes stations météos selon la date d’apport (Vert : 15 mm de pluie dans les 15 jours, orange entre 5 et 15 mm dans les 15 jours, rouge moins de 5 mm)

Nous pouvons distinguer actuellement plusieurs cas (la situation sera ré-évaluée dans 15 jours) :
- Apport à épi 1 cm soldé avant le 8-10 mars : les apports sont globalement bien valorisés. Il est préconisé d’attendre le retour de bonnes conditions de valorisation des apports pour effectuer le complément.
- Fractionnement de la dose à épi 1 cm, avec une partie apportée le 8-10 mars (70-100 unités) et avec ou sans apport tallage : l’apport a souvent été soldé la semaine dernière. Le tableau 1 peut permettre d’évaluer l’efficacité des derniers apports. Si la valorisation de cet apport n’est que partiel, il faudra rester vigilant dans l’interprétation des recommandations proposées par les outils de pilotage.
- Orge d’hiver : tous les apports ont été le plus souvent soldés.

Maladies du feuillage des céréales d’hiver : météo défavorable aux maladies

A la faveur de l’émission de nouvelles feuilles, et en l’absence de pluies significatives, la dissémination de la septoriose est fortement réduite. Même si la maladie va légèrement progresser à la faveur des petites pluies, la pression reste faible. Les parcelles autour de 2 nœuds sont souvent très saines et il n’y a pas d’urgence à intervenir. Il est recommandé de viser une protection optimale à dernière feuille étalée.

Quelques cas de rouille jaune et rouille brune, surtout sur variétés sensibles, sont signalés, sans que l’on puisse présager de graves attaques à ce stade au vu du contexte climatique.
En orge d’hiver, de la rouille naine avait été observée de manière assez précoce cette année. Parfois déjà gérée lors d’un premier passage, il conviendra de rester vigilant à l’approche du stade dernière feuille étalée / sortie des barbes.

Les orges de printemps semées à l’automne ont pu subir des attaques de rhynchosporiose et helminthosporiose, dans la plupart des cas contrôlables et/ou contrôlées.

Céréales : quelle conduite d’irrigation dans les prochains jours ?

En sols superficiels et moyens, sous réserve que les parcelles aient atteint le stade de démarrage (2-3 nœuds) :
- Si aucune irrigation n’a été déclenchée jusqu’à présent, les premiers apports d’eau peuvent être envisagés dès cette semaine, à l’approche de la sortie de la dernière feuille.
- Si un premier tour d’eau a été effectué depuis 7-8 jours, un deuxième passage pourra être envisagé en toute fin de semaine ou début de semaine prochaine.

Dans les sols les plus profonds, le plus souvent la réserve facilement utilisable est épuisée ou le sera au cours de cette semaine si les dernières pluies sont restées assez faibles (moins de 10 mm). Le déclenchement de l’irrigation présente moins d’urgence. Un premier tour d’eau sera envisagé quand la dernière feuille sera bien présente si aucune pluie n’est annoncée, ce qui devrait être le cas dans beaucoup de situation dans le courant de la semaine prochaine.

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Message rédigé par ARVALIS - Institut du végétal avec l’appui des techniciens des Chambres d’Agriculture de la Charente, Charente-Maritime et de la Vienne, Coop de Mansle, Coop de Matha, Coop de St-Pierre-de-Juillers, Coop Sèvre et Belle, Coop de la Tricherie, Océalia, Piveteau, SCEA Loulay, Soufflet.

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