En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Parcelle de céréales avec verse le 22 juin 2021 dans les Yvelines (78) Pluie, vent, orages

Céréales en cours de remplissage : quelles conséquences de la verse à ce stade ?

25 juin 2021

Des phénomènes de verse peuvent être localement observés dans les céréales suite aux perturbations climatiques en cours. Ce qui pourrait impacter les rendements, selon l’intensité de la verse et du stade pendant lequel elle se manifeste, et la qualité technologique. Mais aussi la conduite des récoltes.

La verse, un déterminisme en deux temps

La verse, qu’elle soit physiologique ou pathologique, peut être analysée en deux temps :

• une phase de prédisposition, qui conditionne la résistance initiale de la tige. Pour la verse physiologique, densité de tiges, constitution des parois et allongement des entre-nœuds sont les facteurs principaux qui orientent le risque initial. Côté verse pathologique, on va essentiellement s’intéresser au piétin-verse (résistance variétale, précocité et sévérité de l’attaque, densité de plantes) ou aux maladies du plateau de tallage.
• une phase de déclenchement, qui fait basculer la plante ou plier la tige. Il s’agit alors d’un effet purement mécanique, résultant de l’effet de levier de l’épi (éventuellement chargé en eau et soumis au vent) sur la base de la culture.

Le scénario 2021 (tallage modéré, montaison sèche et ensoleillée) a été majoritairement favorable à la constitution de couverts peu disposés à la verse. Ponctuellement toutefois, les fortes densités d’épis (sols profonds qui n’ont pas souffert de la sécheresse) et localement des attaques de champignons sur les tiges (fusariose de la tige, rhizoctone, piétin-échaudage…), peuvent constituer des facteurs de risque. Dans le Bassin parisien, sur certains secteurs, des attaques significatives de fusariose de la tige ont été observées sur les variétés précoces touchées par le gel d’avril.

Les conditions climatiques du printemps (amplitudes thermiques, stress hydriques et azotés) ont pu perturber les stratégies de régulation, voire conduire à des impasses.

Les conditions climatiques du printemps (amplitudes thermiques, stress hydriques et azotés) ont pu perturber les stratégies de régulation, voire conduire à des impasses.

C’est donc clairement l’aspect « déclenchement » qui caractérise la campagne 2021, avec les récents épisodes orageux et venteux qui s’abattent sur les cultures : les pluies brutales, accompagnées de vent, appliquent une charge élevée sur le haut de la tige. Cette charge se cumule par ailleurs au poids de l’épi lui-même, chargé des grains formés et le plus souvent déjà remplis.

Le PMG est affecté en cas de verse précoce

La verse n’intervient en général que pendant le remplissage, lorsque le poids de l’épi croît et engendre des contraintes sur la tige. Le Poids de Mille Grains (PMG) est donc normalement la seule composante impactée. En effet, la verse va perturber le fonctionnement du couvert en empêchant la lumière de se diffuser librement entre les différents étages foliaires, et en provoquant éventuellement des pincements de la tige qui vont affecter les flux de sève.

Cependant, cet impact est décroissant au cours du temps : plus le remplissage est avancé lors de l’occurrence de la verse, moins le PMG sera pénalisé. Un abaque a été proposé à titre indicatif suite à quelques essais historiques (figure 1).

Figure 1 : perte approximative de PMG en fonction de la note de verse et du stade de la céréale

Des impacts différents selon l'espèce

Les orages actuels s’abattent sur des cultures aux stades très différents.

Pour les orges d’hiver

o Au sud de la Loire, elles sont prêtes à être récoltées ; dans ces circonstances, les tiges deviennent très cassantes, et le risque est donc d’avoir de la perte par égrenage. De plus, la moisson pourrait être fortement ralentie par l’humidité résiduelle sous le couvert, qui pourrait faire coller la terre sous la barre de coupe. Le risque de germination sur pied n’est pas totalement écarté non plus, avec des températures annoncées assez faibles pendant les prochains jours.

o Au nord de la Loire, la maturité physiologique étant atteinte ou dépassée, il n’y a donc pas d’impact à craindre sur le PMG. Les tiges encore vertes sont sans doute encore assez résistantes et souples pour supporter des épisodes orageux modérés. On peut espérer que les sols auront le temps de sécher avant le déclenchement des récoltes.

Pour les blés tendres et les orges de printemps

o Au sud de la Loire, les stades sont assez avancés, l’impact d’une verse importante sera nul à modéré sur le PMG ; par contre, les critères de qualité (germination sur pied, dégradation du temps de chute de Hagberg (TCH)) peuvent être affectés si un climat frais et humide se maintient.

o Au nord de la Loire, et a fortiori au nord de la Seine, les grains sont à peine au stade laiteux : une verse intense peut donc se traduire par des pertes de PMG. Néanmoins, en tout début de remplissage, avant que l’épi ne soit trop lourd, on peut espérer un redressement partiel des cultures si la verse est très modérée.

Evidemment, les conséquences de la verse dépassent la seule perte de rendement : risque de dégradation du poids spécifique et du TCH, exposition plus forte au déclenchement de la germination sur pied, salissement de la culture et du produit récolté, fort allongement du temps de récolte. En particulier, on peut craindre que les nombreuses adventices qui ont commencé à dominer les céréales ces dernières semaines profitent de la situation pour s’installer davantage et compliquer les chantiers de récolte. Quelques options de contrôle des adventices subsistent en pré-récolte à l’aide d’un herbicide contenant du glyphosate, mais elles ne doivent être utilisées qu’après vérification des usages homologués, et en respectant les stades et délais avant récolte. Quelques options de contrôle des adventices subsistent en pré-récolte à l’aide d’un herbicide contenant du glyphosate , mais elles ne doivent être utilisées qu’après vérification des usages homologués, et en respectant les stades et délais avant récolte.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10