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Désherbage de rattrapage sur blé au stade 1 noeud en mars 2020 en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Céréales : des décisions d’intervention au cas par cas

26 mars 2020

Températures douces, absence de pluie, ressuyage des sols : les conditions de ces dix derniers jours favorisent la reprise des interventions dans les parcelles. La priorité est au désherbage s’il n’est pas encore réalisé. Quant à la gestion des maladies, tout va dépendre de la date de semis et de l’évolution du climat.

Priorité au désherbage

Les désherbages de rattrapage ont globalement été effectués ces dernières semaines dans de bonnes conditions.

Dans le cas contraire, cette intervention est prioritaire afin de limiter rapidement la concurrence des adventices sur la culture.

Certaines flores spécifiques peuvent nécessiter des rattrapages de printemps (gaillet, folle-avoine, vivaces…). On veillera à respecter les stades d’application (attention aux herbicides à base de dérivés auxiniques) et les délais avant récolte en cas d’application tardive. En outre, les conditions d’application pour une efficacité optimale peuvent varier, notamment pour les hormones, qui nécessitent des conditions poussantes.

Semis d’octobre/début novembre de blé : pas d’intervention vis-à-vis des maladies foliaires à prévoir avant début avril dans la plupart des cas

Tableau 1 : Stades épi 1 cm observés et prévisions du stade 2 nœuds et dernière feuille pointante pour des semis de blé tendre fin octobre - Saint-Pierre d’Amilly (17)

Pour une date de semis de fin octobre, les blés ont passé ou vont passer le stade 2 nœuds (soit 10-15 jours d’avance).

Des symptômes de septoriose à surveiller

On observe fréquemment des symptômes de maladies foliaires sur les feuilles basses, notamment de septoriose. Cet inoculum primaire est potentiellement nuisible à terme mais cela dépendra de la météo des semaines à venir.

L’absence de précipitation significative depuis 10 jours, qui devrait se prolonger dans les 10 à 15 jours à venir, concomitant avec la montaison et l’émission de nouvelles feuilles, est défavorable à de nouvelles contaminations sur les étages foliaires supérieurs. Bien que les symptômes issus des contaminations de début mars apparaissent, il est important d’attendre les stades repères et d’observer les parcelles pour décider ou non d’intervenir. Dans la plupart des cas, un traitement n’est pour l’instant pas justifié.

Les informations données par le BSV et les outils d’aide à la décision seront de bons repères pour évaluer la pression de la septoriose dans les semaines à venir : consultez le baromètre maladies.

En cas de rouille jaune

Quelques cas de rouille jaune sont signalés. Cette maladie doit être raisonnée de manière spécifique.

• La variété est sensible (note ≤ 6) : à partir du stade épi 1 cm, intervenir si présence de foyers actifs de rouille jaune ; passé le stade 1 nœud, intervenir dès l’apparition des premières pustules.
• La variété est résistante (note > 6) : ne pas intervenir si la parcelle n’a pas atteint le stade 2 nœuds.

Semis d’octobre/début novembre d’orge : forte pression de la rhynchosporiose

Tableau 2 : Stades épi 1 cm observés et prévisions du stade 1 nœud et 2 nœuds pour des orges d’hiver semées fin octobre - Saint-Pierre d’Amilly (17)

La pluviosité et la douceur de l’hiver ont favorisé le développement de l’inoculum, notamment de rhynchosporiose. Les cultures au stade 1 nœud arrivent au stade de sensibilité. Le climat actuel a tendance à abaisser la pression. Il est tout de même recommandé d’observer les parcelles, et de se référer au BSV ou aux Outils d’aide à la décision pour décider ou non d’intervenir.

Pour élaborer les programmes fongicides, le raisonnement doit également inclure la nuisibilité attendue (en fonction du potentiel, en tenant compte notamment de la date de semis et de la variété), ainsi que le débouché prévu. Cette clef d’entrée vous permet d’optimiser votre investissement dans la protection. Ainsi, certaines situations ne nécessiteront pas forcément d’intervention à ce stade.

Pour les orges de printemps semées en automne
Les orges de printemps semées en novembre ou décembre ont un cycle plus long qu’une orge de printemps semée à date plus « classique ». De fait, leur comportement vis-à-vis des maladies et donc leur stratégie de protection diffère. Si ce n’est déjà fait, en présence avérée de maladie (notamment de rhynchosporiose), une intervention peut être justifiée.

Pour les semis de décembre/janvier de céréales

Les blés semés début décembre ont, dans la plupart des cas, entamé leur montaison. L’hiver particulièrement doux leur a permis de rattraper une partie de leur retard, et, en sol sain, les peuplements sont meilleurs que leur date de semis le laissait présager.

De manière générale, la pression maladie est plus faible sur ces cultures. La phase de montaison sera plus rapide, et l’inoculum primaire y est moins important. Il conviendra de surveiller ces cultures à partir du stade 2 nœuds. Avant toute intervention, il faudra se questionner sur sa rentabilité, au vu des potentiels plus limités. En cas de présence uniquement de septoriose, un programme en traitement unique à dernière feuille étalé sera privilégié.

Covid-19 : les équipes régionales d’ARVALIS restent mobilisées et connectéesL’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

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