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Pucerons sur une feuille d’une jeune plante d’orge  de printemps en mars 2020 en Ile de France Messagerie Ouest Occitanie

Céréales de printemps : surveiller les pucerons

02 avril 2020

Des pucerons sont observés dans certaines parcelles de céréales, en particulier dans celles présentant des symptômes de jaunisse nanisante de l’orge. Si leur présence n’est plus nuisible à ce stade pour les semis de l’automne, il n’en est pas de même pour les jeunes céréales implantées au printemps.

Sur jeunes plantules, que ce soit pour les semis d’automne ou de printemps, les pucerons - même en faible quantité - peuvent entraîner de forts dégâts suite à la transmission de virus. Les céréales sont d’autant plus affectées par la jaunisse nanisante de l’orge (JNO) que l’inoculation virale a lieu au début de leur cycle de développement

Céréales d’hiver : prévoir une visite à l’épiaison

Les conditions de cet automne ont été particulièrement propices à la JNO : des températures douces ont favorisé l’expansion des populations. Malgré la pluie, les pucerons étaient bien présents, et ont pu infecter un certain nombre de plantes. Sur la majorité des parcelles, les pluies ont empêché la bonne réalisation d’un insecticide de contact.

Les dégâts de JNO sur les semis d’automne, orge d’hiver mais aussi blé tendre, sont donc déjà visibles sur la plupart des parcelles semées précocement. Si certains pucerons sont encore localisés sur les feuilles, seuls les pucerons qui passeront sur épis pourront être nuisibles.

De la fin du tallage à l’épiaison, une inoculation est toujours possible, mais les symptômes occasionnés sont nettement amoindris et la nuisibilité de ces infestations tardives n’a pas été mise en évidence à ce jour.

Une visite juste avant l’épiaison est donc à prévoir pour les céréales d’hiver. Elle permettra de valider la présence de pucerons des épis.

Céréales de printemps : un risque élevé pour les moins avancées

Les températures froides de cette semaine ne suffiront pas à enrayer le développement des populations. Pour rappel, l’activité de vol redémarre à partir de 12°C (en moyenne, selon les espèces), et celle de multiplication dans les parcelles déjà colonisées à partir de 5°C.

Il y a donc un risque élevé pour les parcelles qui n’ont pas encore atteint le stade tallage.

Les espèces de pucerons potentiellement présentes

Différentes espèces de pucerons peuvent actuellement être présentes dans les parcelles, avec parmi elles :
- Rhopalosiphum padi : ce puceron se rencontre sur feuilles ou gaines, rarement sur épis. Sa présence sur feuilles au printemps est un risque seulement pour les jeunes céréales de printemps encore sensibles à l’infection JNO.

- Sitobion avenae : il se développe essentiellement sur épi mais peut coloniser le limbe des feuilles supérieures. Il n’y a pas d’élément, ni dans la bibliographie ni dans nos références historiques, qui indique que sa présence en quantité importantes sur feuilles entraîne forcément une pullulation sur épis. En revanche, ce puceron peut être porteur des virus de la JNO : vigilance donc pour les céréales de printemps.

- Metopolophium dirhodum (puceron des feuilles de graminées) : ce puceron se développe essentiellement sur les feuilles au printemps et ne passe pas sur les épis. Dans nos travaux historiques, même lors de fortes pullulations au printemps sur céréales d’hiver, sa nuisibilité n’a jamais été mise en évidence. Sur jeunes plantules, ce puceron peut transmettre le virus de la JNO.

D’autres espèces vectrices constituent également un risque JNO sur les jeunes céréales à paille, comme par exemple Rhopalosiphum maidis, ou encore Schizaphis graminum (recensés à l’automne sur plantules d’orge).

Attention ! Myzus persiscae, le puceron vert de pêcher, n'est pas un vecteur de JNO. Très préjudiciable pour d’autres cultures, il est possible de l’observer sur céréales à paille mais ce puceron ne peut pas inoculer le virus de la JNO et n’a donc pas de nuisibilité directe reconnue sur ces cultures.

La répartition des différentes espèces sur le territoire n’est pas homogène. Elle subit des variations annuelles et saisonnières.

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Quand observer ?

Les journées ensoleillées sont d’une aide précieuse pour les observations. Toutefois, elles sont à réaliser aux heures les plus chaudes.

Que faut-il faire ?

Sur céréales d’hiver

Ne rien faire. Une visite peu de temps avant l’épiaison est à prévoir.

Sur céréales de printemps

Vis-à-vis des différentes espèces de pucerons vectrices de JNO, les recommandations sont à ce jour les mêmes que celles sur les céréales à l’automne. Le traitement insecticide est recommandé jusqu’au stade tallage en présence de 10 % de plantes habitées par au moins un puceron, ou en dessous de ce taux, si les pucerons sont encore observés au bout de 10 jours. Le rafraîchissement des températures n’est pas favorable à l’arrivée précoce des auxiliaires.

En présence de nouvelles infestations survenues après la première application insecticide (nouvelles feuilles non protégées) et si la céréale est toujours au stade tallage, il pourra être envisagé un nouveau traitement insecticide, environ 10 à 15 jours après le premier.

Covid-19 : les équipes d’ARVALIS restent mobilisées et connectées
L’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

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