En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Rangs de jeunes céréales avant apport d’azote fin janvier 2021 en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Céréales : des besoins en azote actuellement couverts par les fournitures du sol

28 janvier 2021

L’azote présent dans le sol est largement suffisant pour couvrir les faibles besoins des cultures dans les prochaines semaines. Aucun apport d’azote n’est à envisager avant mi-février.

Quelles interventions pour assurer rendement et qualité ?

Avant toute intervention, il est indispensable d’attendre un bon ressuyage des sols pour ne pas dégrader leur structure. Dans un sol saturé d’eau, les plantes plus ou moins asphyxiées ne se développent pas. Leurs besoins en éléments minéraux sont très fortement réduits. 

Par ailleurs, certaines structures de sol sont encore fragilisées par les conditions de la campagne précédente et/ou les conditions d’implantation de cet automne : aucune intervention en passage « limite » pour des apports d’azote !

Si les parcelles sont sales, les désherbages de rattrapage devront être réalisés dès que les conditions climatiques favorables seront réunies et cela, avant tout apport d’engrais. Ceux-ci favoriseraient le développement des adventices et rendraient plus difficile leur contrôle.

Aucun apport d’azote n’est nécessaire dans les deux prochaines semaines. Il n’y a aucun impératif technique à apporter de l’azote le 1er février, date possible règlementairement. Par ailleurs, l’épisode pluvieux annoncé à partir de cette semaine, avec des températures plus douces, permettra aux cultures de valoriser l’azote du sol qui couvrira amplement leurs besoins au moins jusqu’à mi-février, voire fin février pour les sols de limons.

A noter que la forme d’engrais (ammonitrate, urée, solution adjuvantée ou pas) n’entraîne pas de retard dans la valorisation de l’apport et ne nécessite pas d’anticipation. La recommandation de ne rien apporter avant mi-février s’applique donc quelle que soit la forme prévue.

Pourquoi ? Le point sur la situation

Après plusieurs automnes et hivers consécutifs particulièrement doux, la campagne 2020/2021 retrouve des cumuls de températures proches des normales. Les semis d’octobre ont particulièrement profité de la douceur de novembre (cumul de températures actuellement supérieur à la médiane), ce qui n’est pas le cas des semis plus tardifs (cumul actuellement inférieur).

Quant aux cumuls de pluies, ils atteignent la médiane avec des enchaînements très contrastés : début et fin octobre pluvieux, novembre en tendance sec, décembre très pluvieux, début janvier nouvel épisode sec et retour des pluies à partir du 20 janvier. Selon les secteurs, les cumuls sont très variables notamment sur décembre (carte 1). Depuis le début du mois d’octobre, ils varient de 250 mm sur le Nord de la région à plus de 400 mm sur certains postes touchés par des épisodes orageux plus abondants.

Carte 1 : Cumul de précipitations en Poitou-Charentes et Vendée en décembre 2020

deux grandes situations cette année

• Dans les sols ressuyant bien, la plupart des semis ont pu être réalisés entre mi-octobre et début novembre. Les températures très douces de fin octobre / début novembre ont assuré de très bonnes levées et une installation rapide des cultures pour toute cette première vague de semis. Les désherbages précoces ont pu être réalisés le plus souvent dans de bonnes conditions, et souvent associés à des protections insecticides. Ces dernières ont pu parfois avoir un positionnement trop précoce par rapport au temps de présence continu des populations de pucerons. La plupart de ces parcelles sont aujourd’hui dans un état très satisfaisant : adventices contrôlées (excepté quelques situations de fortes pressions de ray-grass non contrôlées en cette sortie d’hiver), et surtout peuplement et croissance satisfaisants.

• Sur les secteurs plus arrosés du Sud des Charentes, notamment dans les sols à ressuyage plus lent, ainsi que dans les marais, les semis ont été plutôt réalisés de mi à fin novembre. Dans les parcelles saines, les levées et l’installation des cultures, bien que plus lentes, sont satisfaisantes. En revanche, dans un certain nombre de cas (sols hydromorphes, secteurs très arrosés, structures de sol endommagées par les difficultés de la campagne 2020…), des ennoiements plus ou moins prononcés sont survenus avec les épisodes pluvieux de décembre. Les cultures étant alors en cours de levée et d’installation, elles ont subi des pertes de pieds parfois importantes. La question du retournement ou du re-semis de certaines de ces parcelles se pose.

Ces conditions particulières se traduisent par un état général des parcelles très différent des dernières campagnes :

• Pour les semis jusqu’à début novembre en sol sain, la croissance et le développement des céréales sont très satisfaisants, les blés bien tallés n’ont pas encore décollé au niveau de l’épi, même si on peut observer du redressement pour des variétés très précoces ou très denses. Dans ces situations, les cumuls de températures sont légèrement supérieurs à la médiane, mais cet excès thermique est surtout dû à la douceur de novembre, le climat de janvier calme le jeu. Actuellement, les prévisions du stade épi 1 cm sont proches des médianes (10/15 mars), bien plus tardives que les années précédentes. Aucune décoloration de bande double densité ou de faim d’azote ne sont aujourd'hui observées.

• La minéralisation, aussi bien de l’humus du sol que des résidus des précédents ou des matières organiques apportées, est d’un bon niveau. Elle permet de couvrir les besoins actuels des céréales à paille qui ne dépassent pas 20-30 kg N/ha.

• Les reliquats post-récoltes des précédents sont parfois plus élevés que d’habitude en raison des rendements moyens à médiocres de la dernière campagne. Comme les années précédentes, des mesures de reliquat sont à réaliser dans les sols le permettant afin de calculer au mieux la dose totale à apporter et d’orienter les apports ou impasse au tallage.

• Le lessivage de l’azote minéral présent dans le sol, qu’il provienne du reliquat du précédent ou de la minéralisation, est important dans les sols les plus superficiels en lien avec la forte pluviométrie de décembre. Mais il est bien plus tardif que l’année dernière.

• De ce fait, les stocks actuels d’azote dans le sol sont souvent plus élevés que d’habitude.

• Le temps froid de ces derniers jours de janvier se traduit par des besoins très faibles des cultures.

• Un certain nombre de parcelles sont sales et nécessitent des désherbages de rattrapage.

• Pour les semis plus tardifs, de mi à fin novembre, notamment dans les secteurs de sols à ressuyage lent, la situation est différente. Les blés sont en début tallage / mi-tallage. Quelques parcelles seront re-semées par bouchage ou risquent d’être retournées. Les besoins en azote sont très faibles, on pourra accompagner leur alimentation courant février en plein tallage quand la portance des sols le permettra, avec un apport de 30 à 40 unités.

Un nouveau point sera réalisé vers le 18 février pour actualiser les préconisations de fertilisation azotée.

Message rédigé par ARVALIS - Institut du végétal avec l’appui des techniciens des Chambres d’Agriculture de Charente, CEA Loulay, Coop de Mansle, Coop de Matha, Coop Sèvre et Belle, Océalia, Piveteau, Soufflet Atlantique.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10