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Implantation du blé dur Messagerie Méditerranée

Céréales d'hiver : préparer les semis

24 septembre 2020

L’expérience des deux derniers automnes nous pousse à recommander de semer le plus tôt possible les céréales d'hiver afin de profiter de l’ensemble des créneaux de semis, qui aujourd’hui se rétrécissent. Revue des points techniques à avoir en tête pour une implantation réussie.

Se tenir prêt à semer

Les automnes 2018 et 2019, pluvieux, ont provoqué un décalage des semis sur les mois de décembre et de janvier (voire fin février-début mars pour les plus tardifs).

Un semis tardif de janvier, dans notre Région, perd en moyenne 20 à 30 % de son potentiel par rapport à un semis classique. En cause : un enracinement moins développé et des blés plus sensibles à la sécheresse.

Pour limiter au maximum le risque de se retrouver à nouveau dans cette situation, il est primordial d’être réactif et de se tenir prêt dès qu’un créneau de semis est possible.

Semer plus tôt est cependant réalisable à trois conditions : 
1) Maîtriser les pucerons sur sa parcelle.
2) Ne pas avoir de problème de ray-grass sur ces parcelles les années précédentes.
3) Préparer ses parcelles suffisamment tôt.

La figure 1 récapitule par secteur climatique, des plus froids aux plus chauds, les risques encourus selon la date de semis.

Figure 1 : Période de semis et risques climatiques pour une variété demi-précoce de type Anvergur

Préparer son lit de semences

Quand labourer ?

Le labour est à envisager dans deux situations :

1) Si les conditions climatiques sont bonnes.

Un labour réalisé dans un sol très humide en forçant, crée une semelle de labour qui pénalise la céréale. A l’inverse, en cas d’automne sec (40 mm ou moins), son action desséchante fait perdre une eau précieuse.

De la pluie est annoncée pour cette semaine (en quantité très variable d’un jour à l’autre, mais a priori 40 mm environ étalés sur 4 à 5 jours).

Ces quantités risquent d’être un peu justes pour permettre un travail profond. Si le labour est plus superficiel (15-20 cm), cela peut passer !

2) S’il répond à une problématique sur la parcelle

• Le labour reste un outil très efficace pour réduire la pression en ray-grass. Sans passer en cas de forte pression est possible mais complexe. Cela nécessite de faire un désherbage rigoureux qui demande d’être réactif : au moins un Défi Compil en prélevée, puis chlortoluron en cas de repousses. Un désherbage plus léger peut mener à des impasses sur la parcelle. 

• Un labour tôt en sol frais permet de diminuer le risque piétin échaudage en accélérant la dégradation des résidus. En cas de deuxième blé, le risque est élevé. Sans labour, un traitement de semence avec du Latitude est possible, mais son efficacité n’est que de 50 % environ. Faire une préparation du sol appuyée gène le champignon qui préfère les sols aérés.

Si le labour n’est pas indispensable sur votre parcelle (aucun des problèmes cités au-dessus) et/ou que les conditions ne sont pas bonnes, il est alors conseillé de s’en passer !

Réaliser dès que quelques millimètres le permettent une préparation « prête à semer » ou faire du semis direct si vous êtes équipés.

Que penser du faux-semis ?

Le faux-semis reste une technique très efficace pour baisser son stock semencier sur la parcelle, d’autant plus sur des parcelles à fortes pressions de ray-grass.

Cette technique demande une préparation du sol fine et superficielle (2-3 cm, bien émietté et rappuyé). Pour une bonne efficacité, il faut éviter un lit de semence trop sec et répéter les passages car des phénomènes de dormance peuvent limiter les germinations des adventices lors des premières interventions.

Les outils à privilégier sont ceux capables de travailler sur quelques centimètres uniquement et de produire suffisamment de terre fine. On privilégiera donc les herses de déchaumage, les bêches roulantes, les vibrodéchaumeurs ou encore les déchaumeurs à disques indépendants réglés ou conçus pour ce travail.

Figure 2 : Résultats d’essais d’efficacité de la préparation du sol sur la levée d’adventices dans le cadre d’un faux-semis

Le moyen de détruire le faux-semis (chimique ou mécanique) dépend des conditions climatiques et du délai pour semer :
- destruction mécanique durant l’interculture s’il ne pleut pas dans les 2 à 3 jours suivants l’opération afin de dessécher les plantes. Un outil à dents de type vibrodéchaumeurs et cultivateurs à 3 ou 4 rangées de dents peut être utilisé.
- destruction chimique en conditions humides : l’utilisation du glyphosate est préférable, surtout lorsque l’opération intervient juste avant le semis de la culture.

Quelles densités de semis ?

Pour rappel, 200 à 220 plantes/m² levées suffisent pour obtenir le meilleur rendement : 
• en sol séchant, une densité élevée (> 250 plantes/m²) est souvent néfaste car elle augmente la consommation en eau ;
• en sol profond, il vaut mieux un peu plus de plantes que pas assez.

En cas de semis tardif, si la préparation est bonne, il n’est pas nécessaire de forcer la densité de semis au-delà de 280 grains/m².

Pour semer juste, il faut surtout estimer le niveau probable des pertes à la levée (tableau 1).

Une densité normale de semis est donc généralement de 120 à 150 kg/ha en blé dur.

Tableau 1 : Densités de semis préconisées pour 3 espèces de céréales à paille

Téléchargez le bulletin ABDD n°1 de la campagne 2020/21.

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