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semis de blé après la pluie en Bourgogne en 2019 Messagerie Bourgogne-Franche-Comté

Céréales d'hiver : pas de pluie... pas de semis

26 septembre 2019

Les conditions particulièrement sèches de cet été n’ont pas encore permis de gérer correctement repousses et adventices en interculture. Avec comme objectif de semer les céréales d’hiver sur des parcelles propres, l’heure est d’attendre que les faux-semis aient fait leurs effets avant de semer.

Retour sur la campagne 2018 – 2019

Les années se suivent et se ressemblent, au moins sur le plan de la sécheresse qui s’est installée en cours d’été et se résorbe seulement maintenant à l’approche des semis de céréales d’hiver.

Pour aider à la gestion de la campagne qui débute, quels enseignements a-t-on pu tirer des conditions d’implantation calamiteuses de l’automne 2018 sur la gestion des adventices ?

ARVALIS et Syngenta ont organisé une enquête dans des blés sur la grande zone de plateaux argilo-calcaires des départements 21, 89, 10 et 52. Les deux partenaires ont construit le questionnaire. Arvalis a réalisé les enquêtes chez des agriculteurs dont les adresses avaient été données par Seineyonne, Dijon céréales et Soufflet Agriculture pour la Côte d’Or et l’Yonne et par CA10, CA52 et Vivescia pour l’Aube et la Haute Marne. Et Syngenta a dépouillé les questionnaires.

Dans le détail :
➢ 82 agriculteurs ont été rencontrés en mai et juin 2019
➢ 2 parcelles par agriculteur ont été visitées, une jugée plutôt sale et l’autre plutôt propre après traitement : soit au total 151 parcelles sur 1753 ha.

Figure 1 : 151 parcelles visitées

Des tendances se dégagent, souvent connues, entre un état de propreté des parcelles et les pratiques mises en œuvre.

Mais avant cela, voici quelques résultats issus du tri à plat des données, dit autrement le diagnostic :

1/ L’état d’infestation par les mauvaises herbes après traitement

Le désherbage est jugé insuffisant lorsque plus de 5 adventices/m², en moyenne, sont identifiées dans la parcelle, quelles que soit les adventices. Avec cette vision globale, un petit tiers des parcelles seulement est jugé propre.

Figure 2 : Répartition de l'appréciation du désherbage en % de parcelles


Figure 3 : Flore restante après désherbage (toutes stratégies confondues)

Comme attendue, l’adventice « phare » difficile à contrôler sur les plateaux des Barrois est le vulpin. En moyenne, il reste présent dans près de 90% des parcelles, à raison de 5 à 10 plantes/m². Les autres adventices, lorsqu’elles sont identifiées, sont sur une population moyenne d’environ un individu. Le brôme, observé dans 30 % des parcelles, est relativement fréquent alors que les dicotylédones le sont moins.

2/ Les données agronomiques des parcelles enquêtées

Comme attendu sur les plateaux des Barrois, le sol dominant est bien argilo-calcaire. La majorité des parcelles sont plutôt de type G3 et G4, soit avec des potentiels de rendements supérieurs à 65 q/ha. Comme attendu aussi dans ce milieu, le colza est le précédent principal, tout comme l’orge d’hiver en antéprécédent. 8 parcelles sur 10 sont implantées avec des techniques culturales sans labour (TCSL).

Figure 4 : Informations agronomiques : type de sol, travail du sol et précédent N-1 / N-2




Lorsqu’elles sont déchaumées, les parcelles voient apparaître un travail de surface fréquemment, dans deux tiers des situations. Bien que globalement en TCSL, 4 parcelles sur 10 connaissent un labour occasionnel. Enfin, la destruction chimique des végétaux pendant l’interculture n’intéresse que 30% des parcelles.

Figure 5 : Informations agronomiques : nombre de déchaumages, fréquence de labour, désherbage en interculture et dates de semis




Côté date de semis, ¾ des parcelles étaient semées avant le 15 octobre 2018, soit avant que les faux-semis aient été efficaces. C’est énorme alors qu’on sait que faux-semis réussi et décalage de la date de semis sont deux excellents leviers pour limiter le développement des graminées adventices.

3/ Les stratégies de désherbage chimique

Trois parcelles sur quatre enregistrent l’application d’au moins un herbicide au cours de l’automne.
Parmi les 16 % de parcelles désherbées deux fois au moins à l’automne, la moitié connaissent 2 passages en postlevée, fréquemment en fractionnant en deux un même produit.

Figure 6 : Stratégies de désherbage

Deux parcelles sur 151 ont été désherbées de manière mécanique.

Les objectifs du désherbage

Le raisonnement du désherbage ne doit pas se réduire à un choix des produits à la culture et à l’année. En effet, il existe des leviers agronomiques qui doivent faire partie intégrante du raisonnement de désherbage.

Ce sont des mesures préventives avec des effets sur la diminution des stocks semenciers des sols, par exemple : la rotation des cultures (choix des espèces et de leurs successions), l’effet du travail du sol ou des faux-semis réalisés pendant l’interculture et les conditions de semis et en particulier le décalage de celui-ci.

Figure 7 : Impact des différentes techniques culturales sur les adventices



Les techniques de désherbage mécanique en cours de culture peuvent venir compléter ces mesures agronomiques.

Le premier objectif à viser est de semer sur un sol propre. De multiples facteurs interviennent notamment au moment de l’interculture. L’itinéraire mis en œuvre durant cette période doit permettre d’épuiser le stock semencier, de détruire les adventices présentes et d’empêcher la production de graines, d’épuiser, voire de détruire, les vivaces, pas toujours faciles à gérer sur les cultures. Afin de valoriser les quelques millimètres de pluies qui tombent à cette saison, rappuyer le sol en surface pour favoriser la levées de végétaux pendant l’interculture.


Faux-semis réussi

Le deuxième objectif vise à obtenir 100 % d’efficacité de la stratégie de désherbage en culture. Par exemple, quelques gaillets ou folles avoines / m² suffisent pour faire chuter le rendement de 5 %. Concernant les effets indirects (nuisibilité indirecte), les chiffres sont tout aussi impressionnants. Avec un tel pouvoir multiplicateur, les quelques plantes qui passent au travers d’un programme annihilent les efforts de nettoyage à long terme d’une parcelle.

Article rédigé par les partenaires de « Objectif Cultures Propres » (OCP) Bourgogne Franche - Comté :
PELCE Luc et CHAVASSIEUX Diane (ARVALIS), AUBLET Karen (CA21), BONNIN Emmanuel (Soufflet Agriculture), BOUCHIE Jean Michel (Axereal), BOULLY Christine (Bourgogne du Sud), CHOPARD Patrick (CA39), COURBET Emeric (CA70), DELATTRE Marc (Columa Vegephyl), FLAMAND Romain (SAS Bresson), GELOEN Michael (Terres Inovia), GUITTARD Jean Michel (Terre Comtoise), KOEHL Philippe (Interval), LACHAUD Dominique (SAS Ruzé), LOISEAU Marie-Agnès (CA89), MIMEAU mickael (Dijon Céréales), PETIT Amélie, (SeineYonne), PETIT Marie-Sophie (CRA BFC), SCHNOEBELEN Franck (CA25-90), VILLARD Antoine (CA71) et ZAMBOTTO Cédric (CA58)

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