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Epandage azote blé stade épi 1 cm Messagerie Bourgogne-Franche-Comté

Céréales d’hiver en début de montaison : des besoins en azote croissants

11 mars 2021

Après la vague de froid de mi-février, les températures sont reparties à la hausse, associées à un rayonnement élevé, accélérant la reprise de végétation des céréales. Néanmoins, le premier apport d’azote n’a pas toujours été bien valorisé, faute de pluies suffisantes, et des parcelles jaunissent. Dans ce contexte, comment piloter l’azote et comment maximiser sa valorisation ?

Un stade épi 1 cm en avance !

Dans de nombreux secteurs de la région Bourgogne-Franche-Comté, le stade épi 1 cm est atteint dans les parcelles bien exposées, semées précocement et/ou avec une variété précoce à montaison (Aprilio, Filon, SY Passion…).

A partir de ce stade, c’est-à-dire à la reprise de croissance de la culture, les besoins en azote augmentent significativement. C’est à ce moment qu’il faut apporter la plus forte dose d’azote, en mettant en réserve une partie de la dose totale pour un pilotage plus précis sur blé entre les stades dernière feuille pointante et gonflement. C’est la bonne méthode pour assurer une teneur en protéines conformes aux besoins de la filière sans pour autant prendre de risque vis-à-vis du rendement.

Aujourd’hui, les blés (et les orges) ont environ 4 à 7 jours d’avance sur la médiane des 20 dernières années, toutes conditions étant égales par ailleurs (lieu, date de semis, variété). En tendance, les situations précoces et tardives se rapprochent dans leur croissance.

Par exemple, pour une variété de précocité type Rubisko semée le 15 octobre, l’arrivée du stade épi 1 cm est prévue le 18 mars à Auxerre et le 27 mars à Dijon (figure 1).

Néanmoins, la précocité de cette campagne n’est pas au niveau de 2020, année record sur ce point !

Figure 1 : Date d’arrivée du stade épi 1 cm pour une variété type Rubisko semée le 15 octobre – Station météo d’Auxerre (à gauche) et de Dijon (à droite)

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Pour rappel, la mesure du stade épi 1 cm se réalise sur le maître-brin, en faisant la moyenne sur deux prélèvements de 10 plantes contigües.

Comment maximiser l’efficacité de l’azote ?

L’année 2020, en Bourgogne-Franche-Comté, a été marquée par une longue période de sécheresse printanière qui a débuté le 10 mars, limitant l’efficacité des apports d’engrais. Avec le changement climatique, ces conditions défavorables à la réalisation des apports d’azote sur céréales d’hiver deviennent de plus en plus fréquentes. Le fractionnement, le choix de formes d’engrais plus « robustes » (comme l’ammonitrate) et l’anticipation peuvent permettre de limiter les risques et d’améliorer l’efficience des engrais. Quelques principes peuvent aider à piloter les différents apports en tenant compte des conditions de l’année :

• Pluies après l’apport et état du sol : placer les apports avant des pluies annoncées doit primer sur le stade précis. Même des pluies faibles (environ 5 mm) sont utiles car elles positionnent l’azote dans le sol ; associées à un sol humide, elles assurent une bonne efficacité.

• Dose cohérente avec le besoin attendu de la culture : la dynamique de croissance des plantes conditionne également le besoin. La dose sera d’autant plus faible que le stock du sol est élevé, et d’autant plus élevée que la croissance attendue est importante.

• Forme d’engrais : éviter tout apport par temps sec et venteux avec la solution azotée. Si un apport est indispensable, voici les options possibles pour préserver son efficacité :
1. Passer en solide (urée ou urée adjuvantée ou ammonitrate) ;
2. Si impossible de passer en solide, ne pas dépasser 50-60 kg N/ha par apport ;
3. Eviter les heures les plus chaudes de la journée.

Dans les essais ARVALIS, la solution azotée est en retrait de 3,3 q/ha et de 0,55 % de protéines par rapport à l’ammonitrate (synthèse de 34 essais 2013-2019).

Figure 2 : Quelques principes pour améliorer l’efficience des apports d’engrais

En pratique, que faire sur blé ?

• Pour les parcelles ayant déjà reçu un apport « tallage » : réaliser un second apport au stade épi 1 cm en réservant une quantité d’apport fin montaison en fonction du besoin complémentaire (bc) de la variété (tableaux disponibles en téléchargement). Par exemple, pour une variété ayant un coefficient bq de 3,2 et un bc de 0,2, c’est-à-dire un besoin complémentaire de l’ordre de 20 kg N/ha, le report d’azote vers la fin de montaison doit être de 60 kg N/ha. Attention, pour les blés améliorants, la mise en réserve est plus importante : de 60 à 80 kg N/ha.

Téléchargez les besoins en azote des variétés de blé tendre (pdf).

• Pour les parcelles n’ayant pas encore reçu d’azote : les plantes entrent dans la période où leurs besoins augmentent significativement. Apporter l’azote avant une pluie en s’adaptant au niveau de la dose prévue à épi 1 cm. Si la dose prévue dépasse 120 kg N/ha, le mieux est de faire deux apports encadrant le stade épi 1 cm.

NB : En zone vulnérable, la Directive Nitrates oblige à fractionner l’apport d’azote minéral dès qu’il est supérieur à 120 unités.

Pour les parcelles semées en mélanges de variétés, penser à faire une zone étalon sur-fertilisée (environ 100 kg N/ha supplémentaires) pour piloter l’azote à partir du stade 2 nœuds avec la pince N-Testeur.

En pratique, que faire sur orges ?

• Pour les doses totales inférieures à 150 kg N/ha : réaliser un apport au stade épi 1 cm en soldant la dose totale.

• Pour les doses totales supérieures ou égales à 150 kg N/ha : réaliser un apport au stade épi 1 cm en soldant la dose totale et mettre en place une zone étalon, c’est-à-dire une zone de référence en situation non limitante en azote (environ 100 kg N/ha supplémentaires). Ajuster ensuite entre les stades 1 et 2 nœuds en réalisant trois mesures avec la pince N-Testeur sur la zone Etalon et trois mesures sur le reste de la parcelle. Si le conseil ne se déclenche pas entre 1 nœud et 2 nœuds, réinterroger la culture entre 2 nœuds et dernière feuille pointante. Dans les essais ARVALIS, à dose totale identique, le fractionnement en trois apports avec le troisième au stade 2 nœuds, testé dans 82 situations, s’avère significativement plus performant de 2 q/ha par rapport au fractionnement en deux apports.

Et pour les orges de printemps semés à l’automne ?

Les orges de printemps semées à l'automne sont fertilisées selon les mêmes méthodes que celles en cours sur les orges d’hiver. Elles peuvent également bénéficier de la méthode N-Testeur, il faut donc bien penser à la zone étalon sur-fertilisée au moment du second apport.


Article rédigé par les partenaires de « Blé Orge Objectif Protéines » (BOOP) : L. PELCE & D. CHAVASSIEUX (ARVALIS), C. BOULLY (Bourgogne du Sud), R. FLAMAND (Ets Bresson), D. DEHER (CA 21), MA. LOISEAU (CA89), JN. HERRGOTT (Ynovae), M. MIMEAU (Dijon Céréales), D. LACHAUD (SAS RUZE), D. DERELLE (SeineYonne), E. BONNIN (Soufflet Agriculture).

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