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Dernier apport d’azote sur céréales en Rhône-Alpes Messagerie Rhône-Alpes

Céréales : comment piloter les derniers apports d’azote ?

23 avril 2020

Avec l’absence de pluie depuis plus d’un mois, l’absorption des apports d’azote réalisés à épi 1 cm peut être affectée. Il est nécessaire d’adapter la gestion des prochains et derniers apports d’azote.

Pour que le dernier apport d’azote réalisé soit considéré comme valorisé et que l’utilisation d’un outil de pilotage apporte toute sa pertinence, il faut un cumul d’environ 15 à 20 mm de pluie dans les deux semaines suivant l’apport.

Or, les apports d’azote réalisés autour du stade épi 1 cm ont rencontré des conditions difficiles pour être correctement valorisés, selon le positionnement et les secteurs géographiques (tableau 1). Globalement, une date critique, le 10 mars, se dessine : les apports réalisés avant ont reçu une dizaine de millimètres de pluie ; après, aucune précipitation n’a été enregistrée.

Tableau 1 : Cumul de pluies dans les 10 jours suivant l’apport d’engrais azoté

Le blé est capable d’endurer des carences temporaires en azote pendant la montaison sans trop de dégâts. Néanmoins, plus la période de mauvaise valorisation s’étend, plus l’impact probable sur le rendement se renforce. On considère que si la bonne absorption n’est pas rétablie avant le stade dernière feuille étalée, le nombre d’épis/m² peut être affecté. Une fois ce stade dépassé, les perspectives de rattrapage s’amenuisent. Le nombre de grains/épi sera ensuite lui aussi affecté. La phase la plus sensible au déficit hydrique s’échelonne du stade gonflement à 20 jours après floraison.

Rappelons qu’en 2011, la situation était assez similaire avec un déficit hydrique printanier important. Il avait conduit à une perte d’épis et du nombre de grains par épi, variables en fonction des secteurs et des types de sols.

Les conditions climatiques des prochaines semaines seront donc déterminantes, avec un retour espéré de la pluie le plus rapidement possible.

Les conséquences d’une faible pluviométrie après les apports

Des pertes par volatilisation pour la solution azotée peuvent aller jusqu’à 30 % et, dans une moindre mesure (5-10 %), pour l’ammonitrate et les urées avec inhibiteurs d’uréase. Ce phénomène engendre une moindre efficacité des engrais azotés.

En situation sèche, le déficit probable d’absorption d’azote observé à ce jour peut provoquer des carences induites. Il est possible qu’une certaine quantité d’azote, difficile à déterminer avec précision et non prise en compte dans les diagnostics, reste aujourd’hui présente dans le sol. Elle sera absorbée par les plantes dès le retour des pluies.

Cependant, en conditions sèches, l’absorption de l’azote par les plantes est ralentie, mais elle n’est pas nulle. Les fortes rosées de début avril ont sans doute légèrement compensé le manque de pluie : même si les quantités d’eau en jeu restent modestes, elles favorisent l’absorption d’azote par les céréales.

Quid du potentiel de rendement ?

En plus de cette analyse, il est nécessaire de déterminer si le déficit pluviométrique entraîne déjà ou non un stress hydrique de la culture, qui nécessitera une révision à la baisse de la dose d’azote à apporter.

En fonction de l’état de la réserve utile et du stade de la culture au moment du retour des pluies, les conséquences sur la valorisation des apports d’engrais effectués autour d’épi 1 cm et sur le potentiel de rendement sont variables.

Tableau 2 : Quelques grands cas-types de situations avec stress hydrique et risques encourus

Quelle stratégie de fertilisation adopter ?

Pour les apports avant le 10 mars

Ils ont pu recevoir 15 à 25 mm de pluie sur quelques rares secteurs, ce qui a permis la dissolution de l’engrais. Dans ce cas, ils ont pu être globalement valorisés et l’utilisation des outils de diagnostics est possible.

→ Dans les parcelles irriguées ou celles qui ont reçu un peu de pluies pour valoriser les apports, il n’y a pas de contraintes particulières à l’utilisation des outils de pilotage. Les préconisations sont fiables et applicables en l’état, sous réserve du maintien du potentiel. Pour les doses recommandées qui sont élevées (> 50 u), il est important de fractionner les apports et de les apporter juste avant le retour des pluies, si celui-ci intervient avant le stade dernière feuille étalée – gonflement.

Pour les apports après le 10 mars

Ils ont reçu moins de 15 mm : la situation est critique, avec des secteurs très déficitaires en eau. Ces apports n’ont pas été valorisés ou très partiellement. Seule une très faible partie peut encore être valorisable aujourd’hui avec le retour potentiel des pluies.

Leur efficacité dépend des doses engagées, des pluies reçues depuis leur réalisation et des formes employées. Si les pluies sont très faibles, l’essentiel de la dose apportée n’a pas été absorbé par la culture et une partie de cet azote peut être encore présente dans le sol.

→ Pour ces situations avec des faibles pluviométries, des carences induites apparaissent. Elles peuvent être à l’origine d’une sur-évaluation des diagnostics des outils de pilotage : il faut donc déduire une partie de la dose préconisée selon les situations.

→ Dans les conditions exceptionnelles de cette année, pour les secteurs ayant cumulé moins de pluie, voici les règles de décisions proposées :
• si préconisation avec une dose ≥ 80 kg N/ha : réduire de 20 kg N/ha,
• si préconisation avec une dose comprise entre 50 et 70 kg N/ha : réduire de 10 kg N/ha,
• si préconisation avec une dose ≤ 40 kg  N/ha : appliquer la dose recommandée.

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