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Pucerons sur une feuille de céréales à paille tenue entre des doigts, en octobre 2021 en Bourgogne Messagerie Bourgogne-Franche-Comté

Céréales : commencer les observations de pucerons

21 octobre 2021

Les semis de céréales sont en cours, le soleil brille, malgré les températures moyennes fraîches. Dès que les premières plantes pointent, il faut aller visiter les parcelles pour observer la présence de pucerons, d’autant plus par beau temps, et intervenir à bon escient.

Des pucerons en activité dès la levée quand le temps devient ensoleillé

Les pucerons ne sont pas responsables de dégâts directs. Ils sont nuisibles par le biais des virus qu’ils peuvent transmettre aux plantes (comme la jaunisse nanisante de l’orge). Mais à défaut de solutions efficaces contre les virus, la lutte cible uniquement les pucerons.

Les plantes sont très sensibles à l’infection virale depuis les tous premiers stades jusqu’aux premières gelées significatives et durables.

Tableau 1 : Prévisions de la date médiane des stades levée et 1 feuille pour un blé semé à Dijon (21) (en sol frais) à différentes dates de semis - Météo réelle jusqu’au 16/10/2021 puis prévision jusqu’au 25/10/2021 puis météo fréquentielle
Prévisions de la date médiane des stades levée et 1 feuille pour un blé semé à Dijon (21) (en sol frais) à différentes dates de semis

Source : Météo-France / ARVALIS

A ce jour, l’analyse de risque repose uniquement sur les observations de pucerons réalisées directement sur les plantes dans les parcelles.

La vie des pucerons est très conditionnée par le climat. Les températures journalières notamment, peuvent exercer une influence importante sur leur activité. Par exemple, la multiplication des individus est d’autant plus importante que les températures sont élevées. Avoir en tête certains seuils, bien qu’indicatifs, peut être utile pour identifier les périodes propices à l’observation des pucerons et estimer l’évolution des populations.

- A partir de 12°C environ, les individus ailés peuvent reprendre le vol. Une migration vers des parcelles indemnes de colonies est ainsi possible. L’absence de pluie est d’autant plus favorable aux vols.

- Avec des températures inférieures à 3°C, les pucerons ne sont pas actifs mais ils peuvent survivre ! Au laboratoire, le seuil de mortalité significative est bien plus bas : entre -5 et -12°C en fonction des espèces.

Si les précipitations peuvent limiter les nouvelles arrivées d’ailés dans la parcelle, elles affectent peu la prolifération et la dissémination des pucerons aptères dès lors que les températures restent douces.

Figure 1 : Températures et précipitations moyennes enregistrées de septembre à octobre 2021 sur la station météo de Dijon, comparées aux températures moyennes des 10 dernières années (21)
Températures et précipitations moyennes enregistrées de septembre à octobre 2021 sur la station météo de Dijon

Nb : l’analyse sur d’autres postes météo de la région donne la même tendance.

En 2021, après un mois de septembre assez chaud, les températures d’octobre sont inférieures à la médiane, mais elles sont restées suffisantes (supérieures à celles de 2020) la majorité du temps pour permettre des vols d’ailés et la multiplication des aptères. Il faut rester attentif car l’an dernier, à la même époque, les températures repartaient à la hausse. Nous ne sommes jamais à l’abri des conséquences d’un climat devenu de plus en plus chaotique !

L’observation des parcelles est primordiale et incontournable !

Sur jeune plante, les pucerons sont assez facilement visibles sur les feuilles à condition de respecter quelques règles pour l’observation.

Quelle espèce ?

Blés comme orges sont concernés. Néanmoins, certaines variétés d’orges d’hiver sont tolérantes au virus (ce qui n’empêche pas la présence de pucerons sur leur feuillage). En revanche, aucune de ces espèces et variétés n’est tolérante à la maladie des pieds chétifs transmise par les cicadelles, ce qui impose de surveiller la présence de ces insectes et d’intervenir si nécessaire.

Quand ?

Privilégier si possible les conditions ensoleillées, durant les heures les plus chaudes de la journée (fin de matinée et début d’après-midi). Tôt le matin ou en conditions froides et pluvieuses, les pucerons sont beaucoup plus difficiles à voir, car ils sont souvent positionnés à l’insertion des feuilles ou au pied des plantules.

Où ?

Cibler les zones à risque des parcelles, proches des haies ou de réservoirs potentiels tels que des bandes enherbées, jachères, maïs

Comment ?

Rechercher la présence de pucerons sur des séries de dix plantes (plusieurs lignes de semis).

Il est recommandé d’intervenir uniquement dès lors que 10 % des plantes sont porteuses de pucerons, ou quand la présence de pucerons est observée dans la parcelle pendant plus de 10 jours. Ne pas négliger cette deuxième partie de la règle de décision : le séjour prolongé des pucerons a été largement responsable des attaques observées au cours de l’automne 2019. Cela signifie qu’en cas de présence durable des pucerons (hivers doux), il faut ré-intervenir sur les parcelles (quand la portance du sol le permet), la persistance d’action des traitements foliaires étant de l’ordre de 10 jours.

Vous n’êtes pas seul à observer ! Consulter le Bulletin de Santé du Végétal.

En résumé• La surveillance commence dès la levée et ne s’arrête pas mi-novembre !
• Appliquer un insecticide en végétation uniquement lorsque les seuils de risque sont atteints. L’application systématique d’insecticides sans prise en compte du risque réel et dans des conditions d’efficacité non optimales est de nature à engendrer plus rapidement l’apparition de résistances.
• Ne pas traiter trop tôt (il n’y a pas d’action préventive des insecticides appliqués en végétation), si la situation le nécessite, une application tardive est mieux valorisée qu’une application trop précoce.

Pour en savoir plus, découvrez la vidéo sur les pucerons, vecteurs de la JNO sur céréales :

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