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Chantiers de semis de blé tendre fin octobre 2019 en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Céréales : c'est parti pour les semis !

24 octobre 2019

Après ces dernières semaines pluvieuses, la météo devient plus clémente : les chantiers de semis des céréales vont pouvoir commencer. Le point sur le risque ravageurs et la conduite du désherbage pour réussir ce début de campagne. 

Même si les semis ont pris un peu de retard, les levées avec l’humidité du sol et la douceur des prochains jours devraient être rapides. Dans ces conditions, il faut être prêt à observer et engager les premières interventions si besoin.

Carte 1 : Cumul de pluie du 1er au 21 octobre 2019 (en mm)

Ravageurs aériens : à surveiller dès la levée des céréales

Une présence plus accrue des plantes-hôtes

Les conditions agroclimatiques de l’été et de début d’automne sont assez favorables aux pucerons d’automne : les pluies de la fin d’été et d’octobre ont favorisé les repousses de céréales et plus généralement, les levées de graminées offrant des abris et des « garde mangers » abondants. Dans le même temps, les récoltes de maïs sont plus tardives que ces 2-3 dernières campagnes, offrant là aussi, des refuges efficaces.

Risque Cicadelles et/ou Pucerons ?

Pour les semis de céréales de la région, les historiques d’observation, et notamment les analyses virologiques réalisées lors des dernières campagnes (en particulier la dernière), montrent que notre région est très majoritairement plus exposée au risque de JNO transmise par les pucerons d’automne que le risque maladie des pieds chétifs (virus WDV) transmise par la cicadelle (Psammotettix alienus). Les cicadelles, parfois observées sur les semis précoces, sont beaucoup moins fréquentes sur les semis plus tardifs et le risque qu’elles représentent localement sera le plus souvent négligeable. Dès que les dernières récoltes de maïs et que les premières levées seront intervenues, il est probable que l’on assiste par contre à des vols rapides et importants de pucerons.

Coté température ?

L’activité des pucerons est fortement dépendante des conditions climatiques. Les vols de pucerons sont peu fréquents en dessous de 12°C. Par conséquence, les semis précoces exposent davantage les jeunes céréales à la colonisation par des pucerons ailés : ces situations de semis précoces de céréales sont peu fréquentes cette année mais attention cependant, si les conditions climatiques actuelles douces et sans gelées perdurent et restent longtemps favorables à l’activité des insectes, des infestations peuvent survenir même sur des parcelles implantées plus tardivement.

Ainsi, même si les semis de céréales de la fin octobre cette année permettront de réduire l’exposition aux insectes vecteurs de virus (et à d’autres bioagresseurs comme le piétin échaudage par exemple …), ce sont les conditions climatiques des prochaines semaines qui seront déterminantes pour leur développement. Cela n’enlève donc pas la nécessité de surveiller les parcelles, particulièrement si le temps doux persiste.

Cette surveillance peut se faire en deux temps :

➢ Par le piégeage pour observer les vols éventuels des ravageurs aériens. Le suivi des captures d’individus ailés sur piège attractif renseigne sur l’activité de vol et peut ainsi permettre de déclencher les observations sur la parcelle. Le piégeage pourra aussi également renseigner quant au risque de nouvelles infestations après une première application insecticide.

➢ Puis par l’observation régulière des pucerons dans les parcelles d’orges et de blés pour choisir de déclencher ou non un traitement insecticide en végétation selon les seuils définis.

Pour les semis d’orges d’hiver réalisés fin octobre/début novembre, le recours à des variétés tolérantes à la JNO permettra d’éviter toute intervention insecticide. En revanche, pour toutes les autres situations, il faudra être prêt à intervenir. Les solutions utilisables ont un mode d’action par contact, les rendant efficaces uniquement en présence de pucerons et sur une période limitée. L’observation est donc essentielle pour aider à la décision, à renouveler tant que les conditions restent favorables aux pucerons.

En direct des Stations Expérimentales Arvalis
Les premières observations réalisées sur la station expérimentale du Magneraud (17) dans des situations très exposées (semis précoces) indiquent la présence de pucerons dès la levée des orges d’hiver (3 % de plantes attaquées).


Photo : Laure Plantecoste

Anticiper le désherbage dès le semis

Le fait que les semis soient plus tardifs qu’à l’accoutumée est un levier qui devrait permettre de réduire les infestations de graminées, surtout si des faux-semis ont pu être réalisés fin septembre/début octobre. On peut souligner que sous l’effet de conditions pluvieuses de ces dernières semaines les parcelles se sont salies (relevées et levées d’adventices). Il faudra envisager la destruction de ces adventices avant les semis. Les labours pratiqués actuellement permettront de semer sur un sol propre.

Face à l’érosion d’efficacité des solutions de rattrapage et dans les situations de flore graminées, il est fortement recommandé de bâtir le programme de désherbage sur la base de produits racinaires appliqués en prélevée ou en postlevée précoce. Là aussi, l’humidité actuelle des sols sera un point favorable pour l’efficacité de ces interventions.

Le choix des produits, doses et périodes d’interventions doit être adapté à la flore dominante, en mettant la priorité sur les adventices les plus difficiles à détruire. Les réserves en eau des sols étant reconstituées grâce aux derniers épisodes pluvieux, les temps de ressuyage seront plus longs et les possibilités d’intervention seront moins nombreuses.

Attention aux risques de phytotoxicité en prélevée
Les risques de phytotoxicité sont accentués dans les situations de mauvaise qualité de semis, avec des grains en surface et en cas de fortes pluies après l’application du produit ou sur des sols légers, sableux ou battants qui favorisent la mise en contact rapide entre l’herbicide et les graines. On peut prévenir ces phénomènes en soignant le lit de semences (semis fin, régulier et bien enterré), en évitant de traiter avant de fortes pluies.

Les préconisations regroupées dans les guides culturaux vous permettront d’adapter au mieux les stratégies.

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