Engrais azoté dans une benne, pour épandage sur céréales, en 2022, en Bretagne Messagerie Bretagne

Céréales : c’est le moment d’élaborer avec soin les stratégies d’apports d’azote

20 janvier 2022

Dans le contexte économique actuel, compte tenu du prix des engrais, il sera essentiel de valoriser au mieux chaque unité fertilisante apportée.

Cette année, les semis de céréales se sont déroulés dans de bonnes conditions avec des levées rapides et homogènes pour ceux de fin octobre et début novembre. Les semis tardifs, en particulier derrière maïs grain, sont plus lents à s’installer, mais les conditions climatiques de l’hiver n’ont pas été pénalisantes jusqu’à ce jour.

Les cultures ont également pu bénéficier d’applications de désherbage d’automne réalisées en bonnes conditions.

Du côté des ravageurs, l’automne 2021 est marqué par une faible présence de pucerons et de limaces (à l’exception des précédents colza).

Le pilotage des apports d’azote sera déterminant cette année

Voici quelques recommandations pour anticiper et ajuster au mieux la conduite en 2022 :

- Ajuster la fertilisation aux réels besoins de chaque parcelle : cela supposera de différencier davantage la conduite entre parcelles, avec moins de simplifications et de regroupements possibles pour les épandages.

- Estimer le plus précisément possible le reliquat d’azote minéral du sol en sortie d’hiver : cela permettra d’ajuster au mieux les quantités d’engrais nécessaires, notamment pour les premiers apports. Se reporter aux grilles d’estimation des reliquats sortie hiver diffusés chaque année mi-février par la Chambre d’Agriculture de Bretagne.

- Ne pas anticiper les apports d’engrais : les apports précoces sont les moins bien convertis en grains et en protéines, leur rôle est d’accompagner la culture dans sa croissance. Ils doivent donc être calibrés au plus juste pour permettre un bon pilotage de l’apport de fin montaison, déterminant pour le résultat final. L’apport au tallage notamment est à raisonner au cas par cas. La conduite à tenir sera plus aisée à trancher avec la présence d’une bande double densité ou la mesure du reliquat. Dans tous les cas, il est inutile d’apporter de l’azote avant le 20 février.

- Les outils de pilotage seront précieux pour ajuster au mieux en fin de montaison, en s’efforçant d’adapter la conduite à chaque parcelle.

Zoom sur la mesure du reliquat azoté, premier point de départ

Au-delà d’être une contrainte réglementaire dans les zones vulnérables, le reliquat de sortie d’hiver (RSH) permet d’estimer l’azote minéral contenu dans le sol disponible pour la culture. Sa valeur est calculée à partir des quantités de nitrate (NO3-) et d’ammonium (NH4+) présentes dans les horizons 0-30 cm, 30-60 cm et 60-90 cm (la profondeur de prélèvement dépend de la profondeur du sol). Les plantes absorbent principalement de l’azote sous forme de nitrate et, dans une moindre mesure, sous forme ammonium. Les analyses de terre seront donc à réaliser sur toute la profondeur d’enracinement et pas uniquement sur le premier horizon, avec des prélèvements à effectuer de préférence après le 1er février pour une estimation la plus précise du stock d’azote minéral réellement accessible aux cultures.

Tableau 1 : Utilisation normalisée des formes d’azote minéral mesurées dans le Reliquat Sortie Hiver
Utilisation normalisée des formes d’azote minéral mesurées dans le Reliquat Sortie Hiver

Cette mesure permet de calculer au plus juste la dose d’engrais totale à apporter a priori au cours de la campagne. La valeur du RSH est variable d’une parcelle à l’autre et d’une année à l’autre. Elle résulte du reliquat présent à la récolte du précédent, de la minéralisation ou de l’organisation pendant l’automne (humus, résidus de culture, couvert, effluent), de la consommation d’azote par la céréale et de la lixiviation éventuelle avec le drainage hivernal.

Quelle tendance attendre sur les niveaux de RSH 2022 ?

Il est encore trop tôt pour donner de réelles tendances aux valeurs de RSH, mais l’analyse climatique de l’automne et de l’hiver peut fournir quelques indications. Les cumuls de pluies enregistrés depuis le 1er octobre sont aujourd’hui inférieurs à la médiane historique de la région (cartes 1 et 2), 93 % de la médiane sur la période du 1er octobre 2021 au 9 janvier 2022. En effet, les pluies ont été significativement supérieures aux normales sur septembre (105 %) et surtout octobre (118 %), mais elles ont été inférieures à la normale en décembre (75 %) et très déficitaires en novembre (45 %). Cet indicateur est plutôt favorable à des niveaux de reliquats moyens à élevés.

En revanche, il est plus difficile d’évaluer aujourd’hui les postes de minéralisation et d’organisation de l’azote dans le sol. Seuls les premiers retours d’analyse donneront des estimations fiables du niveau de l’année.

Carte 1 : Cumul des pluies en mm du 01/10/2021 au 10/01/2022
Cumul des pluies en mm du 01/10/2021 au 10/01/2022

Source : Météo France – ARVALIS-Institut du végétal

Carte 2 : Ecart à la médiane historique 2001-2020 des cumuls de pluies en mm du 01/10/2021 au 10/01/2022
Ecart à la médiane historique 2001-2020 des cumuls de pluies en mm du 01/10/2021 au 10/01/2022

Source : Météo France – ARVALIS-Institut du végétal

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10