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Blé au stade plein tallage, avant apport d'azote, fin février 2021 en Rhône-Alpes Messagerie Rhône-Alpes

Céréales au stade tallage : faut-il apporter de l'azote ?

25 février 2021

Les conditions de levée et de croissance ont été bonnes pour les céréales durant l’automne, qui sont actuellement en plein tallage. Un apport d'azote à ce stade peut se justifier dans certaines situations. A raisonner selon le niveau des reliquats de sortie d'hiver.

Le tallage des céréales est correct. Le stade épi 1 cm ne devrait pas intervenir avant début mars pour les situations les plus précoces, ou vers mi-mars pour la majorité des parcelles.

Apport d’azote au tallage : quels sont les enjeux ?

Dans les conditions de cette année, un surplus de fourniture minérale par un apport d’engrais dès début février favoriserait la mise en place de talles secondaires, non productives. Ces excès de croissance auraient pour conséquences :
- De réduire fortement l’efficience des engrais apportés au tallage en favorisant l’absorption d’azote par des organes non productifs (talles secondaires ou tertiaires) ;
- D’augmenter très fortement les risques de verse en augmentant inutilement le nombre de tiges et en favorisant l’allongement des entre-nœuds ;
- De favoriser les maladies aussi bien foliaires (rouilles, oïdium) que du pied (piétin-échaudage, piétin-verse) ;
- De sensibiliser les cultures aux accidents climatiques : à la sécheresse en augmentant la consommation en eau de la culture, ou au froid (comme en 2012). La météo de la fin de l’hiver reste encore une inconnue. Un épisode de gel marqué est tout à fait envisageable. Des doses trop importantes pourraient favoriser une reprise précoce et amplifier la sensibilité au gel fin février / début mars.

La part d’azote apportée au tallage est celle qui contribuera le moins à la teneur en protéines finale. A dose équivalente, mieux vaut garder de quoi renforcer les apports suivants, en particulier celui de fin montaison.

A l’inverse, une carence azotée survenant fin du tallage sur des cultures très développées (3-4 tiges bien développées par plante) aurait pour effet de ralentir l’émission de talles secondaires et tertiaires. Si elle se prolongeait, cette carence pourrait provoquer la disparition des talles les plus faibles. Les talles bien développées ne seraient éliminées que si la carence était très sévère et perdurait. On aurait donc le temps de réagir avant une telle situation. Compte tenu de ces éléments, un jaunissement dû à un défaut d’alimentation azotée survenant sur des parcelles bien développées n’aurait aucune conséquence sur le rendement.

Par ailleurs, avec les températures douces annoncées dans les prochains jours, la minéralisation risque d’être suffisante pour assurer l’alimentation des cultures.

Le contexte de l’année

Le niveau de reliquat azoté en sortie d’hiver dépend de différents paramètres :
• le type de sol, plus ou moins filtrant ;
• le reliquat post-récolte du précédent ;
• la minéralisation hivernale ;
• la pluviométrie hivernale.

L’hiver 2020 – 2021 a été pluvieux. Les cumuls d’eau entre le 30 octobre et le 30 janvier sont légèrement plus élevés que la moyenne, de l’ordre de 0 mm pour la Loire ou le sud de la Drôme, à un excédent de plus de 100 mm d’eau pour l’Ain et l’Isère (carte 1).

Carte 1 : cumul de pluies (en mm) entre le 30 octobre 2020 et le 31 janvier 2021

Selon la directive nitrate régionale en vigueur, pour l’analyse des reliquats, les sols sont classifiés selon leur capacité à retenir l’eau : sols peu filtrants (nnon caillouteux, profonds, toutes textures) ou sols filtrants (caillouteux, le plus souvent sableux à profondeur variable). Il en est de même pour les types de précédents que l’on peu regrouper selon trois catégories : pauvres (tournesol, sorgho, jachère, tabac blond), moyens (céréales à paille, maïs grain, colza, autres cultures) et riches (maïs fourrage, pois, luzerne, soja, prairies, légumes, betteraves, pomme de terre).

L’analyse des reliquats réalisés sur les sites d’expérimentation ARVALIS et sur la station de Saint-Ex INNOV (69) sont présentés selont cette classification.

Elle montre que, malgré l’hiver pluvieux, les reliquats de sortie d'hiver sont globalement dans la tendance pluriannuelle. Toutefois, certaines parcelles présentent des niveaux plus élevés que la normale : dans ces situations, il sera intéressant de réduire, voire de décaler, le premier apport.

Figures 1 à 6 : relation entre le type de sol, le type de précédent et la lame drainante hivernale


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Quel apport prévoir ?

En cas de reliquat de sortie d'hiver élevé (> 70 u N), le décalage d’un apport de 40 u/ha maximum peut être réalisé sans risque jusqu’à une dizaine de jours avant le stade épi 1 cm. Les situations concernées :
• Précédent riche en azote ou fertilisation importante du précédent ;
• Apport de matière organique ;
• Sols profonds à bonne minéralisation ;
• Date de semis précoce avec très bon tallage.

Dans les autres cas, un apport peut se justifier mais devra être limité à 40 u/ha :
• Sols très superficiels ;
• Précédents peu riches en azote (tournesol, maïs à bons rendements) ;
• Semis tardifs.

Ce type de situations peut être détecté par un jaunissement des vieilles feuilles, à ne pas confondre avec d’autres causes : virus, tassement ou maladie (oïdium, piétin-échaudage, …)

La forme d’engrais (ammonitrate, urée, solution azotée) n’entraîne pas de retard dans la valorisation de l’engrais et ne nécessite pas d’anticipation de la date d’apport.

Attention : ne pas confondre redressement et épi 1cm

Le fort développement des cultures provoque un redressement des tiges qui vont « chercher la lumière ». Celles-ci resteront longtemps à ce stade avant que l’épi ne se différencie. Seule l’observation attentive des tiges en les coupant permet d’être sûr.e du stade.

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