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Terre collée sur une roue de tracteur, non ressuyée : attendre pour les apports d'azote 2021 sur céréales des Pays de la Loire Messagerie Pays de la Loire

Céréales : attendre le ressuyage des sols pour les premiers apports d’azote

18 février 2021

Les cultures sont correctement implantées, avec des développements jusque-là ralentis par le froid et l’excès d’eau. Actuellement, elles sont bien alimentées en azote.

Les cultures de céréales sont actuellement bien développées, avec un bon enracinement. Pour la majorité des parcelles, les stades vont de plein tallage à redressement. Les parcelles les plus précoces atteignent le stade épi 1 cm. L’épisode de froid plus marqué de la deuxième semaine de février ne devrait pas impacter sévèrement les céréales, vu leur stade et leur état végétatif lors des plus fortes gelées. Dans les secteurs les plus froids, à l’est de la région, la neige a également joué un rôle protecteur.

Les cultures présentent ces jours-ci un aspect parfois jaune suite à la succession de ces épisodes très pluvieux et froids. Cet état visuel n’est pas dû à un manque d’azote mais aux conditions météo difficiles des jours passés, notamment l’excès d’eau. Avec le ressuyage progressif des parcelles et le retour de températures particulièrement douces pour la saison, la végétation va probablement repartir très rapidement. Il n’y a toutefois pas d’urgence pour réaliser les premiers apports d’azote, étant donné le bon développement des cultures. Celles-ci peuvent supporter sans incidence une carence passagère à ce stade. Il faut privilégier le retour de bonnes conditions de ressuyage et de portance plutôt que de précipiter l’intervention dans les parcelles et privilégier les rattrapages de désherbage lorsque nécessaires.

Carte 1 : cumul des pluies (en mm) du 20 janvier au 15 février 2021

Photo 1 : Dans les limons battants, les fortes pluies de fin janvier – début février ont refermé les sols : les cultures ont souffert d’excès d’eau et présentent souvent des jaunissements des vieilles feuilles. Le froid accentue également ces jaunissements-rougissements, sans incidence à ce stade.


La façade océanique est particulièrement arrosée, avec des cumuls qui dépassent largement les 100 mm en trois semaines.

Réaliser un apport de soufre dans les parcelles ne recevant pas régulièrement d’engrais organiques

Cette année, les disponibilités en soufre peuvent être limitantes. En effet, cet élément est soumis au lessivage comme l’azote et les pluies abondantes de l’hiver ont réduit le stock de soufre minéral du sol.

Sur les parcelles ne recevant pas d’apport organique régulier (épandage moins d’une année sur trois), un apport sera nécessaire pour satisfaire les besoins des céréales. Il peut être réalisé jusqu’au stade 1 nœud. La grille d’évaluation (tableaux 2 et 3) permet de déterminer la dose nécessaire pour satisfaire les besoins de l’année en fonction du type de sol, de l’historique, de la pluviométrie et du potentiel des parcelles.

Tableau 1 : cumul de pluie (en mm) depuis le 1er octobre 2020

Tableaux 2 et 3 : grilles de préconisation en soufre sur céréales (kg SO3/ha) des céréales d’hiver selon la pluviométrie - ARVALIS

Pour analyser le risque de carence en soufre, on considère le cumul de pluie entre le 1er octobre et le 1er mars. A ce jour, la pluie cumulée dépasse déjà largement les 400 mm à l’exception de la zone la plus continentale de notre région : Maine et Loire et Sarthe.

Seules les parcelles ne recevant pas régulièrement de fumier ou de compost présentent un risque de carence, qui sera compensé par un apport de soufre minéral. Les engrais contenant la forme sulfate, thiosulfate et le soufre micronisé ont une efficacité équivalente.

Réajuster la valeur du reliquat azoté pour calculer la dose totale d’azote (méthode du bilan)

Avec les pluies abondantes de janvier - février 2021, l’azote minéral du sol a migré dans les horizons les plus profonds et une partie a pu être lessivée. Toutefois, en sol profond, les racines ont désormais colonisé les derniers horizons, et sont capables d’absorber l’azote localisé en profondeur (figure 1).

Figure 1 : Représentation de la localisation du stock d’azote minéral dans le sol à trois dates de l’hiver 2020/2021 – cas d’un sol de limon sur schiste, sous culture de blé, météo de la Jaillière (44) – simulation du modèle CHN Arvalis.
Les losanges sur les courbes matérialisent la profondeur d’enracinement à chaque date.

A l’arrivée du stade épi 1 cm, il faudra réactualiser le résultat des analyses de terre en fonction des pluies tombées depuis la date de prélèvement de sol pour prendre en compte leur effet sur le stock d’azote depuis la date de prise d’échantillon.

Comment réajuster les valeurs du reliquat azoté mesurées à l’analyse de terre ?

L’azote du sol disponible pour les cultures peut être estimé finement par modélisation. A défaut de pouvoir utiliser un modèle, on peut également s’appuyer sur les abaques suivants, établis à partir du modèle LIXIM de l’INRA. La valeur de reliquat valorisable (Ri) à retenir pour le calcul de la dose d’azote sera ajustée en fonction de la lame d’eau drainée depuis la date de prélèvement de terre, du type de sol et de sa profondeur. La réserve en eau du sol étant pleine lors du retour des pluies mi-janvier, on peut assimiler la pluie au drainage.

Figure 2 : Proportion de l’azote perdue par lixiviation sous la profondeur de sol, par couche de sol, selon la lame drainante

L’ensemble des abaques est disponible sur le site du Comifer :
- Abaques d'estimation de la lixiviation de l'azote minéral 
- Tables d’ajustement du terme L en fonction de la lame drainante


Message rédigé par Arvalis-Institut du végétal en concertation avec AGRIAL, la CAVAC, la Coopérative d’Herbauges, Soufflet Agriculture.

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