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Parcelles de céréales en janvier 2019 en Poitou-Charentes, avant le désherbage de sortie d’hiver Messagerie Poitou-Charentes

Céréales : attendre la fin de la période fraîche pour désherber

17 janvier 2019

Certaines parcelles de céréales connaissent encore une forte pression graminées. Si nécessaire, un désherbage peut être programmé après l’actuelle vague de fraîcheur.

Les conditions climatiques de l’automne et du début de l’hiver ont globalement permis la bonne réalisation de désherbages précoces. Il faudra cependant continuer à surveiller l’état de salissement et se tenir prêt à intervenir dans les parcelles qui n’ont pas encore été désherbées ou celles qui restent sales malgré une première intervention, en lien avec une pression adventices trop importante.

En effet, les semis de céréales ont été en tendance centrés sur la dernière décade d’octobre, mais compte tenu de la période sèche précédente, les faux-semis n’ont pas pu être réalisés : des levées de graminées ont pu coïncider avec les levées de céréales. Les conditions climatiques doivent se rafraîchir dans les prochains jours : attendre donc la fin de cette période de fraîcheur pour décider d’une intervention afin de garantir la bonne efficacité des produits.

Des symptômes de phytotoxicité

Quelques symptômes de phytotoxicité (ou « phytos ») sont observables actuellement sur certaines parcelles. Ces phytotoxicités peuvent notamment être observées suite à des traitements réalisés lors de fortes amplitudes thermiques, ou lors d’une période de froid juste après traitement. Les petites gelées de la dernière décade de novembre ont pu impacter ponctuellement la sélectivité des interventions réalisées au cours de cette période. Certaines cultures sont plus sensibles à ce phénomène : c’est le cas du blé dur. Si ces phytotoxicités peuvent être visuellement impressionnantes, les bénéfices d’une intervention de désherbage précoce restent la plupart du temps supérieurs aux risques de pertes engendrés par la phytotoxicité. Elles sont rarement dommageables pour le rendement, les céréales ayant de bonnes capacités de compensation à ce stade. De plus, les biomasses actuelles sont rarement limitantes.


Blanchissements liés à une phytotoxicité sur blé dur (14/01/2019 – Jaunay-Marigny (86))

Que faire ?

Le désherbage des céréales à paille est à raisonner en fonction de la pression en graminées observée sur les parcelles. Pour garantir l’efficacité des traitements, ne pas oublier pas de mettre en œuvre tous les leviers agronomiques permettant de maîtriser au mieux les adventices problématiques de vos parcelles et d’alterner les modes d’actions des produits utilisés lors de vos différentes interventions.

- En cas de faible infestation graminées :

• Si une intervention à l’automne a été réalisée, contrôler son efficacité et relever les adventices levées depuis pour décider ou non d’une intervention de printemps.
• Sinon, une intervention de sortie d’hiver dès que les conditions climatiques sont favorables sera à envisager.

- En cas de forte infestation graminées : viser les programmes de désherbage

• Vulpins/ray-grass : une première application à l’automne a permis de les maîtriser en partie et dans la majorité des situations, un rattrapage sera à positionner plus ou moins rapidement selon le stade des graminées. Si des ray-grass ou vulpins sont passés à travers ou en cas de levées échelonnées, ne pas attendre le printemps pour les contrôler.

• Folles avoines : des produits de type Atlantis Pro 1,5 l, Archipel Duo 1 l... sont efficaces. Attention toutefois à ce type d’adventice, capable de germer plus tardivement, et qui nécessitera donc parfois une intervention spécifique plus tardive.

D’une manière générale, il est essentiel de mettre la priorité sur le désherbage avant tout apport de fertilisant. Les désherbages précoces (automne ou sortie hiver) sur flore « classique » sont les plus favorables à la préservation du potentiel des cultures.

Concernant la gestion des repousses de blé dans les orges

Comme signalé à l’automne lors d’un précédent article, les conditions de l’année ont été défavorables aux repousses précoces des céréales. Certaines parcelles d’orges (à précédent blé) se sont donc retrouvées avec des repousses de blé à gérer à l’automne.

Il est désormais trop tard pour agir chimiquement et efficacement sur repousses de blé dans les orges brassicoles. La présence de repousses de blé est problématique pour la filière orge brassicole avec un risque de déclassement.

A l’avenir, pour gérer ces situations, veiller à anticiper au maximum en décalant les dates de semis (pour réaliser de faux-semis) et en intervenant en pré-semis avec des produits comme Avadex ou à l’automne avec du chlortoluron (à condition que le blé y soit sensible). L’efficacité de ces solutions peut être limitée mais reste non-négligeable.

Pour plus d’informations sur le désherbage des céréales à paille, consultez les préconisations régionales 2018 – 2019 pour le blé tendre, blé dur et orge d’hiver.

Après des températures exceptionnellement douces en décembre, retour à la normaleAprès un début d’automne sec, le retour progressif des pluies depuis le mois de novembre a permis de reconstituer les réserves en eau des sols. Le mois de décembre a été particulièrement pluvieux (parfois plus du double de la pluviométrie moyenne sur 20 ans est tombé dans les secteurs les plus arrosés). Côté température, le mois de décembre a été particulièrement doux voire chaud. Ce contexte particulièrement favorable a généralement permis aux cultures d’atteindre un état très satisfaisant, sauf cas particuliers. Dans les parcelles hydromorphes, les excès d’eau de décembre sont responsables de signes d’asphyxies ponctuelles (ronds qui jaunissent).



Comme le montre la figure ci-après, la pluviométrie observée sur la station du Magneraud (17) depuis le 25 octobre se situe au-dessus de la moyenne. Les températures se situent quant à elles légèrement au-dessus de la moyenne. La campagne 2018-2019 a donc été chaude et humide jusqu’à maintenant. Cela s’explique notamment par la pluviométrie et les températures exceptionnellement élevées de décembre. Notez toutefois que le nord-est de la région est sensiblement moins arrosé mais la pluviométrie reste proche de la moyenne.

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