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Un homme vide une partie du big bag d'engrais azoté dans l'épandeur avec une pelle dans le cadre du pilotage de la fertilisation des céréales en 2019 en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Céréales : attendre la bonne valorisation de l’azote avant de piloter le dernier apport

18 avril 2019

La plupart des céréales de la région présentent des stades compris entre 3 nœuds et Dernière Feuille Pointante (DFP), sauf quelques situations particulières (orges ou blés tendres précoces type Filon) qui arrivent au stade DFE (Etalée) voire gonflement sur certains secteurs. Le point sur la situation et le pilotage de la fertilisation azotée.

De nombreuses parcelles ont déjà reçu la totalité de l’apport épi 1 cm et sont en attente du dernier apport. Ces apports, lorsqu’ils ont été réalisés avant le 10 mars ont été bien valorisés grâce à un cumul de pluie satisfaisant. Selon les secteurs, les apports plus tardifs n’ont pas toujours été bien valorisés du fait d’une faible pluviométrie, entraînant des pertes d’efficacité pouvant aller de -10 à -30 % pour certaines formes d’engrais (urée et solution azotée essentiellement). C’est notamment le cas dans le nord de la région Poitou-Charentes (figure 1). Il faudra attendre la semaine prochaine pour que les pluies de la semaine assurent une certaine valorisation puis adapter le pilotage des apports suivants en conséquence.

Les sols de groies superficielles et moyennes manquent toujours d’eau, les pluies annoncées cette semaine sont bienvenues, mais ne suffiront pas pour recharger durablement les sols (environ 10 mm annoncés en début de semaine). Le déclenchement d’une irrigation, si elle n’a pas encore eu lieu, est à envisager dans les secteurs les plus critiques lorsque les blés ont au moins atteint le stade 2 nœuds. Les règles de décisions pour l’irrigation présentées dans le message précédent sont toujours d’actualité.

Figure 1 : Pluviométrie entre le 25/03/2019 et le 10/04/2019

Temps plus sec au Nord (Deux-Sèvres et Vienne), plus arrosé sur la façade Atlantique et en Corrèze.

Quelles règles de décision adopter ?

Les situations de valorisation de l’azote sont hétérogènes et dépendent du stade de développement des parcelles, des cumuls de pluie ainsi que des apports déjà réalisés :

• Pour les parcelles dont l’apport épi 1 cm a été réalisé dans de bonnes conditions : le pilotage peut être envisagé à condition que l’apport ait été correctement valorisé. Cela se traduit concrètement pour le N-tester par exemple, par un cumul de 20 mm de pluie depuis le dernier apport + 8 jours. Les céréales pouvant supporter une carence azotée modérée en début de montaison, il est néanmoins recommandé d’attendre les conditions optimales pour déclencher le dernier apport (au moins 10 mm de pluie annoncés dans les 10 jours suivant l’apport).

• Pour les parcelles dont l’apport épi 1 cm n’a pas été réalisé dans de bonnes conditions : attendre au moins la semaine prochaine pour envisager le pilotage du dernier apport, quand la pluie aura permis la valorisation d’une partie ou de la totalité de l’azote déjà apporté.

Noter qu’un apport, même effectué tardivement, à DFE voire gonflement, corrigera une carence azotée et sera valorisé à la fois en quintaux et en protéines.

Valorisation des apports d’azote déjà réalisés

Pour être valorisés, les apports d’engrais azotés nécessitent des quantités de pluies de l’ordre de 15 à 20 mm dans les jours qui suivent leur réalisation.

Les pluies régulières ont permis de valoriser, dans beaucoup de situations, tous les apports d’azote effectués depuis la fin février et jusqu’au 10 mars environ, comme le montre le tableau ci-dessous (figure 2) qui intègre, pour différents postes de la région, le nombre de jours nécessaires pour cumuler 15 mm de pluie. Pour les apports réalisés à partir du 10 mars, les conditions relativement sèches n’ont permis qu’une valorisation partielle, voire nulle, de ceux-ci lorsque les apports ont été réalisés sous formes « sensibles », avec souvent au moins 12, voire plus de 20 jours nécessaires pour cumuler 15 mm. Des pertes d’efficacité peuvent donc avoir eu lieu dans certains secteurs suivant la date d’apport et la forme d’azote utilisée, la solution azotée et l’urée étant les formes les plus sensibles. Dans ce cas, le pilotage du dernier apport s’avère indispensable pour pouvoir corriger la situation de carence de la céréale.

Rappelons également qu’il n’est pas nécessaire d’anticiper les apports d’urée (seule ou adjuvantée) ou de solution azotée.

Figure 2 : Temps nécessaire pour obtenir un cumul de pluie de 15 mm depuis la date d’apport (au 13/04/2019)

Vert : ≤ 12 jours, Orange : > 12 jours et < 20 jours, Rouge : ≥ 20 jours

Message rédigé par ARVALIS - Institut du végétal avec l’appui des techniciens de CEA Loulay, Chambres d’Agriculture 16, 17, 79 et 86, Coop de Mansle, Coop de Matha, Coop St-Pierre de Juillers, Coop Sèvre et Belle, Océalia, Soufflet Agriculture, Terre Atlantique, VSN.

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