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Premier apport d’azote sur céréales au tallage en 2020 en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Céréales : adapter le premier apport d’azote à la date de semis

30 janvier 2020

Le point sur la situation agroclimatique régionale, avec des préconisations sur la conduite de la fertilisation azotée.

La situation

Après la très forte sécheresse estivale, l’automne et le début d’hiver ont été très arrosés. Les cumuls observés sur la région depuis le 20 septembre et le nombre de jours de pluies atteignent des records (carte 1). Ils varient de moins de 350 mm sur les secteurs plus secs du Nord de la région, à un peu plus de 700 mm sur le secteur de Saintes. Côté températures, les cumuls depuis le mois d’octobre sont généralement élevés, les températures étant le plus souvent supérieures à la médiane à l’exception d’un bref épisode plus frais mi-novembre.

Carte 1 : Cumul des précipitations entre le 20 septembre et le 10 décembre 2019

Ces conditions extrêmes se traduisent par des situations très variables dans la réalisation des semis, une part très importantes d’implantations tardives, des états de croissance très hétérogènes entre parcelles voire à l’intérieur des parcelles, une part variable selon les secteurs de parcelles non semées :

- Pour les semis les plus précoces, réalisés fin octobre, en dehors des zones d’excès d’eau, les céréales sont en plein tallage.

- Pour les semis de fin novembre, les cultures atteignent le début tallage, leur développement est plutôt bon par rapport à la date de semis.

- Les semis réalisés depuis le 10-15 décembre sont à 1-2 feuilles pour les plus avancés, en cours de levée pour les derniers réalisés.

- Beaucoup de parcelles semées en octobre ou novembre présentent des zones accidentées suite aux excés d’eau : défauts et irrégularités de peuplement, retards de développement… qui, dans les cas les plus sévères, ont entraîné la destruction de la culture.

- Les conditions de novembre et de début décembre n’ont pas permis de réaliser des désherbages précoces dans de bonnes conditions. Beaucoup de parcelles semées assez tôt ne sont pas désherbées et présentent des salissements importants. D’autres, désherbées à l’automne, ont subi des phytoxicités marquées en raison des pluies abondantes après traitement. En semis plus tardifs, les infestations sont moins importantes, mais certaines parcelles sont sales notamment en dicotylédones et en ray-grass.

- Les reliquats d’azote laissés par les cultures précédentes étaient très variables : faibles derrières les céréales à paille en raison des bons rendements, plus élevés derrière les colzas, les tournesols ou les maïs pénalisés par la sécheresse. La minéralisation d’automne a été assez élevée grâce aux températures modérées et à l’humidité. Les pluies de novembre et décembre ont entraîné un lessivage important. A l’heure actuelle, les quantités d’azote présentes dans le sol sont faibles. Toutefois, les températures douces actuelles maintiennent une minéralisation qui pourra couvrir en grande partie les faibles besoins des cultures dans les prochains jours.

- Pour les semis précoces non pénalisés par les excès d’eau, la croissance est d’un très bon niveau pour la saison, les parcelles ne manifestent pas de signe de déficit d’alimentation. Pour les semis plus tardifs, les besoins sont encore très faibles, mais les cultures ayant un système racinaire moins développé auront plus de difficultés à couvrir leur besoin avec l’azote encore présent dans le sol.

Quelles interventions et quand pour assurer rendement et qualité ?

• Avant toute intervention, il est indispensable d’attendre un bon ressuyage des sols pour ne pas dégrader leur structure. Dans un sol saturé d’eau, les plantes plus ou moins asphyxiées ne se développent pas. Leurs besoins en éléments minéraux sont très fortement réduits.

• Dans toutes les situations : si les parcelles sont sales, les désherbages de rattrapage devront être réalisés dès que les conditions climatiques favorables seront réunies et les sols ressuyés. Et cela, avant tout apport d’engrais. En effet, ceux-ci favoriseraient le développement des adventices et rendraient leur contrôle encore plus difficile.

• La conduite des apports d’azote doit être adaptée aux situations agronomiques en tenant compte à la fois de la capacité des sols à couvrir les faibles besoins des cultures dans les prochaines semaines et du niveau de développement des cultures. Si une bande double densité (BDD) est en place, c’est son suivi qui devra déterminer la stratégie à adopter. La stratégie doit être adaptée à la date de semis :

- En semis précoce, l’état de croissance est bon, les apports d’azote n’ont aucun caractère d’urgence. Compte tenu des forts lessivages dans les sols superficiels, il sera prudent d’apporter de l’azote avant la fin du tallage pour anticiper une éventuelle période défavorable aux apports au mois de mars. Dans les sols plus profonds, si les cultures sont bien installées, le premier apport pourra attendre l’approche du stade épi 1 cm.

- Pour les semis plus tardifs, il faudra éviter toute carence précoce pour préserver l’ensemble des talles (l’azote ne fait pas taller mais évite la régression des talles les plus faibles). Un petit apport (30 à 40 kg N/ha maximum) pourra être envisagé à partir de 1-2 talles. Des apports plus précoces ou plus abondants seront moins efficaces.

- Pour l’ensemble des parcelles, les conditions difficiles d’enracinement doivent inciter à limiter les quantités d’engrais apportées à chaque intervention pour préserver leur efficacité. Il sera donc préférable de conserver des stratégies en au moins trois apports, y compris sur les semis tardifs.

- De même, compte tenu du manque de visibilité sur les potentiels atteignables en semis plus tardifs et dans les parcelles perturbées par les excès d’eau, il sera préférable de programmer un apport complémentaire en fin de montaison. Il permettra de réajuster les doses finales à la hausse ou à la baisse en fonction de l’offre climatique.

• La dose totale prévisionnelle devra être ajustée en réévaluant l’objectif de rendement selon la date de semis.

La forme d’engrais (ammonitrate, urée, solution azotée) n’entraîne pas de retard ou d’accélération significatif dans la valorisation de l’engrais et ne nécessite pas d’adaptation de la date d’apport proposée.

Attention : même si les conditions sont optimales pour réaliser un apport d’engrais azoté au tallage (sol ressuyé, parcelle propre, température moyenne > 5°C, pluie de 8 à 10 mm dans les 4/5 jours suivant l’apport), la valorisation par la culture sera de 70 % au maximum. La valorisation d’un apport d’engrais azoté peut être encore plus faible dans le cas d’une culture correctement pourvue par l’azote disponible dans le sol.

Rappel réglementaire : le nouvel arreté Programme d'Actions Régional (Directives Nitrates) de Nouvelle-Aquitaine est paru le 12 juillet 2018.
Il définit notamment les règles de fractionnement de la fertilisation azotée sur la région. Pour les 4 départements de l’ex-Poitou-Charentes, les règles évoluent peu :
- aucun apport minéral (type III) n’est autorisé avant le 1er février ;
- pour un apport pendant la phase tallage : 50 kg d'azote efficace par ha maximum avant le stade « épi 1 cm ».

Message rédigé par ARVALIS - Institut du végétal avec l’appui des techniciens de CEA Loulay, Chambres d’Agriculture de Charente, de Charente-Maritime et des Deux-Sèvres, Coop de Mansle, Coop de Matha, Coop Saint Pierre de Juillers, Coop Sèvre et Belle, Ets Piveteau, Ets Isidore, Océalia, Néolis, Soufflet Agriculture, Terre Atlantique, UDCA, VSN.
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1 commentaires 31 janvier 2020 par BENHAMICHE

50 kg d'azote efficace veut il dire unité d'azote.

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