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Semis de céréales en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Céréales : adapter la date de semis au contexte de la parcelle

01 octobre 2020

En céréales, la date de semis est un levier efficace pour la gestion des graminées, du risque Jaunisse Nanisante de l’Orge (JNO) et du piétin échaudage. Présentation des dates de semis recommandées pour satisfaire ces trois priorités.

Sur l’ensemble de la région, le retour très significatif de la pluie après une période sèche d’au moins un mois permet les préparations de sols en vue des prochains semis.

Avec en mémoire l’automne dernier extrêmement pluvieux, marqué par des conditions d’implantation exceptionnellement délicates (de fin octobre au début du printemps), il est tentant de vouloir anticiper les semis tout début octobre cette année.

Cependant, les enjeux de la date de semis sont nombreux, et il est important de ne pas trop se précipiter et d’avoir conscience des limites des semis trop précoces afin d’éviter les écueils.

Les dates de semis recommandées

Si les semis précoces permettent de limiter les risques d’échaudage en fin de cycle, l’excès de précocité entraîne une augmentation des pressions parasitaires (piétin échaudage, maladies des feuilles comme la rouille, maladies virales transmises par les pucerons et cicadelles, pression graminées…) ainsi que le risque de verse. Les surcoûts de protection et les pertes éventuelles dues aux accidents limitent très fortement le gain vis-à-vis de l’échaudage.

Côté physiologie, il faut s’appuyer sur les observations antérieures et pluriannuelles pour déterminer les plages de dates de semis les plus adaptées. La date de début des semis est établie à partir du critère de précocité à montaison, celle de fin à partir du critère de précocité à maturité (liée à la précocité à épiaison). En prenant en compte ces critères, il est recommandé de débuter les semis à partir du 15 octobre dans le nord de la région et après le 20 octobre dans la partie sud.

L’accessibilité de la parcelle selon la portance des sols est un autre facteur à prendre en compte qui peut justifier dans les sols sensibles à l’excès d’eau et au ressuyage lent de semer plus tôt (limons battants, limons argileux, les sablo-limoneux ou argileux hydromorphes…), mais à des créneaux postérieurs au 5 octobre au nord de la région et au 10 octobre sur les secteurs plus au Sud.

Les hivers doux passés doivent aussi nous alerter sur le risque de gel au printemps pour les semis les plus précoces avec des variétés précoces. Dans les situations où ceux-ci sont incontournables, le choix des variétés de précocité adaptée est indispensable.

Tableau 1 : Dates de semis recommandées en fonction des variétés de blé tendre

Tableaux disponibles pour orges et blé dur dans nos guides Choisir.

Parcelles à contexte graminées fort (vulpins, ray-grass, vulpie…) : ne pas se précipiter !

La période pluvieuse actuelle va être favorable à la levée des adventices et/ou repousses suite à la réalisation de faux-semis et/ou de déchaumage. Ceci va compléter les levées consécutives à la dernière période pluvieuse survenue au 10/12 août sur certains secteurs. C’est une opportunité à saisir pour toutes les situations d’enherbements problématiques. La campagne passée s’est aussi caractérisée par un salissement généralisé. Lorsque le faux-semis est réussi (levées d’adventices notamment vulpins, vulpie, brome à cette période de l’année), il faut éviter les relevées au moment du semis de la culture : il est recommandé de laisser au minimum trois semaines entre le dernier faux-semis et le semis de la culture.

Pour les parcelles à pression graminées historique, on évitera de semer avant le 15 octobre. Par ailleurs, un décalage de la date de semis de ces parcelles permet de limiter les levées des graminées automnales, et ce, d’autant plus qu’il sera couplé à un ou plusieurs faux-semis. Au-delà d’un décalage de 15 jours, il faut bien évaluer le bénéfice par rapport au risque (accessibilité, pertes de rendement). Le décalage de la date de semis à la première décade de novembre sera à réserver pour les situations très fortement infestées de graminées d’automne et pour les sols à ressuyage rapide comme les groies.

Semer la première quinzaine d’octobre : c’est s’exposer davantage à la JNO !

L’absence de gelées significatives l’année dernière durant la période hivernale et la présence prolongée des pucerons sur les céréales doivent alerter, tout comme la présence de repousses de céréales ou tout autre plantes réservoirs à virus (graminées fourragères, sauvages…) dans les parcelles. Certes, la sécheresse estivale a pu certainement réduire le risque, mais les réservoirs disponibles peuvent concentrer des insectes et des virus… Les conditions climatiques à venir vont être déterminantes sur l’activité des pucerons.

Pour éviter des pertes de rendement, le premier levier consiste à réduire le risque et le temps d’exposition aux pucerons sur la période sensible des céréales à la JNO grâce au levier date de semis. Les phases de vols de pucerons (= colonisation d’une parcelle), puis leur développement (reproduction par parthénogenèse), sont directement dépendantes des conditions climatiques, et tout particulièrement de températures douces. Décaler la levée des céréales et des stades jeunes vers une période moins favorable à l’activité des pucerons comme novembre, avec des températures moins douces et où les premiers gels peuvent apparaître, est un levier important par rapport au mois d’octobre.

Il est donc préconisé d’éviter de semer trop précocement les céréales à paille et de suivre les dates recommandées afin de réduire l’exposition des parcelles aux insectes vecteurs de virus (pucerons ou cicadelles également).

Parcelles déjà touchées par le piétin échaudage : pas de semis avant le 15-20 octobre

Dans les parcelles en deuxième paille ou qui sont régulièrement touchées par le piétin échaudage, il est également préférable de ne pas envisager de semer avant le 15-20 octobre. En effet, les températures douces en début de cycle favorisent les contaminations et augmentent fortement les risques de dégâts majeurs aussi bien pour les blés que pour les orges d’hiver.

Pour en savoir plus sur les dates de semis, consultez nos guides régionaux Choisir et décider – Préconisations régionales campagne 2020-2021 – Variétés et interventions d'automne :
- en blé tendre d’hiver
- en blé dur
- en orge d'hiver

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