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Semis de céréales en Occitanie Messagerie Sud-Ouest

Céréales : à semer ni trop tôt ni trop tard

17 septembre 2020

La campagne 2019/2020 a été marquée par des conditions difficiles dès le début, impactant la conduite des semis. Voici quelques clés de raisonnement pour les implantations à venir.

La campagne 2019/2020 de céréales a débuté par des pluies incessantes empêchant les semis de se dérouler dans les périodes optimales et conduisant à une forte baisse des surfaces céréalières. En réaction, et par crainte d’un automne 2020 similaire à 2019, le risque serait de débuter trop tôt cette nouvelle campagne, les semis trop précoces ayant eux aussi leurs lots de risques et de contraintes.

Tableau 1 : Risques en semis précoces et en semis tardifs et préconisations

Il est important de répartir les risques d’aléas climatiques en ayant des cultures qui soient à des stades différents, notamment au printemps. Dans cette optique, il est recommandé de semer les céréales d’hiver en échelonnant si possible les dates de semis et en choisissant des variétés de précocités différentes.

Il ne faut pas oublier que le choix de la date de semis peut être un levier efficace pour la gestion du désherbage. Le principe : décaler l’implantation de la culture par rapport aux premières levées d’adventices problématiques. Cette technique présente un intérêt sur les mauvaises herbes qui germent préférentiellement durant les périodes d’implantation des cultures. C’est le cas du vulpin, du ray-grass ou encore du brome.

Le risque de développement des pucerons et des cicadelles, qui transmettent des viroses aux céréales, est accru pour les semis les plus précoces. Avec l’arrêt de l’imidaclopride (Gaucho), leur gestion s’est compliquée puisque la lutte en végétation se base sur des produits de contact qui n’ont pas de rémanence.

Figure 1 : Effet de la période de semis sur le niveau d’infestation des pucerons (fréquence et intensité d’attaque)

Données d’enquête parcellaires pluriannuelles Bayer/INRA/ARVALIS

Dans notre région, la dernière décade d’octobre est généralement propice à des semis dans de bonnes conditions : la pluviométrie est généralement modérée et le cycle de la plupart des variétés cultivées s’adapte bien à cette période de semis. La première décade de novembre est généralement moins propice avec des cumuls de pluie plus élevés, les conditions redevenant souvent plus favorables après mi-novembre.

Figures 2a, 2b et 2c : Niveau de pluviométrie par décade à Auch (32), En Crambade (31) et Bergerac (24)

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Figures 3a et 3b : Nombre de jours disponibles pour les semis par décade à En Crambade (31) et Montauban (82)

Il est préconisé de débuter les semis par les parcelles les moins portantes et les plus sensibles aux excès d’eau. Les semis plus tardifs sont particulièrement adaptés aux parcelles les plus sales avec des problèmes de gestion des graminées.

Choix variétal et date de semis

Le cycle des céréales dépend du climat mais aussi de facteurs génétiques décrits selon trois critères.

- La précocité épiaison. Elle témoigne de la durée de cycle nécessaire à une variété pour mettre en place son potentiel. Une variété tardive à épiaison, donc à cycle long, permet, par exemple, d’augmenter le potentiel en profitant de l’offre climatique grâce à l’allongement du cycle de végétation. Ce choix est judicieux en sols profonds et sous des climats plus tempérés. Dans notre secteur, on se limite à des demi-précoces (6.5) à réserver aux sols profonds, capables d’assurer une alimentation hydrique correcte jusqu’à la fin du remplissage du grain. On citera par exemple, Cellule, Pilier, RGT Venezio… A l’inverse, par un phénomène d’esquive, les variétés plus précoces s’adaptent mieux en situations séchantes (Bologna, Filon, Solehio…).

- L’alternativité correspond au besoin en vernalisation d’une variété pour fleurir. Ce processus commence dès la germination avec une température moyenne optimale entre 3 et 11°C. Selon le degré d’alternativité, la période de vernalisation durera de 60 jours pour les variétés de type très hiver (note 1) à 15 jours pour des variétés alternatives à printemps (note 8). Ce critère est peu limitant dans notre région mais peut rentrer en compte en cas de semis très tardifs (janvier).

- La précocité à montaison. Cette caractéristique n’est pas connue à l’inscription. Elle est ensuite évaluée dans les essais post-inscription du réseau ARVALIS - Institut du végétal. Elle correspond à la durée de cycle entre la germination et le stade « épi 1 cm ». Les céréales sont des espèces dites de jours longs préférentiels, ce qui signifie que les jours longs accélèrent le développement et l’apparition des stades floraux. Mais toutes les variétés ne présentent pas la même sensibilité à la longueur du jour. Une variété très précoce à montaison est moins photosensible et peut démarrer rapidement en sortie hiver si les températures sont élevées. Il est préconisé de ne pas semer trop tôt ce type de variété pour éviter les risques de gel d’épi.

Ces critères permettent ensuite de fixer les périodes de semis optimales pour notre région. A noter qu’il n’y a pas de lien entre la note d’alternativité et la précocité. Dans la mesure où ces éléments sont intégrés dans la prise de décision, diversifier les précocités de sa sole est un moyen de limiter les effets des aléas climatiques.

Figure 4 : Périodes de semis optimales du blé tendre selon les précocités des variétés

Figure 5 : Périodes de semis optimales pour le blé tendre

Au-delà de la période de semis optimale (trait continu), le potentiel va se dégrader progressivement. La perte peut être évaluée à environ 0,2 à 0,4 q/j de retard de semis par rapport à la fin de la période dite optimale ; cette perte pouvant varier selon les conditions climatiques tout au long du cycle.

Figure 6 : Périodes de semis optimales pour le blé dur

Figure 7 : Périodes de semis optimales pour les orges d’hiver

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