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Un pivot d'irrigation à l'arrêt dans une parcelle de blé en avril 2021 en région Centre Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Céréales à paille : prévoir une irrigation en sols profonds et superficiels

22 avril 2021

En sols superficiels et profonds, les réserves en eau des sols sont épuisées depuis quelques semaines et les céréales à paille sont bientôt au stade de sensibilité au stress hydrique. Dans ce contexte de sécheresse qui perdure malgré les pluies du 10 avril, il est nécessaire de déclencher les irrigations cette semaine.

Des pluies contrastées sur la région Centre

Depuis début mars, les pluies ont été relativement faibles. Les pluies survenues sur le week-end du 9 au 11 avril ont évité les zones nord Indre-et-Loire, sud Eure-et-Loir, Loir-et-Cher et ouest du Loiret. Ces zones ont reçu seulement 20 à 25 mm depuis le 10 mars. L’Ile-de-France, le sud de la région Centre et le nord de l’Auvergne/Limousin ont reçu des précipitations plus importantes : de 40 à 60 mm.

Carte 1 : Ecart à la moyenne des pluies (mm) du 10 mars au 18 avril 2021 - Période de référence 2000 - 2019

Carte 2 : Cumul de précipitations (mm) du 10 mars au 18 avril 2021

Quel est le déficit hydrique aujourd'hui ?

Si les blés n’ont pas encore atteint les stades critiques de grande sensibilité au stress hydrique qui démarrent à dernière feuille pointante, stade attendu d’ici la fin du mois, les bilans hydriques montrent qu’il n’a pas replu suffisamment pour retrouver un niveau de réserve correct.

Figures 1 et 2 : Bilans hydriques en limon argileux sur calcaire pour la variété Complice semée le 15 octobre 2020, station météo d’Ouzouer-le-Marché (41)

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En sol profond, quelle que soit la date de semis, l’épuisement des réserves est survenu depuis le début du mois et ne fait que s’accentuer pour les zones n’ayant pas reçu de pluies significatives. Une irrigation est donc à envisager dans la semaine pour éviter que les cultures subissent le stress hydrique à dernière feuille étalée (stade sensible).

Figures 3 et 4 : Bilan hydrique en argilo-calcaire moyen pour la variété Complice semée le 20 octobre 2020, station météo de Bourges (18)

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En sol superficiel, l’épuisement des réserves était survenu dès fin mars. Malgré les pluies que certaines zones ont reçu le week-end du 10 avril, les cultures sont rapidement retournées en stress hydrique. Une irrigation est également à envisager dans la semaine.

Quel impact pour les cultures ?

Actuellement, dans les zones où le déficit en eau est le plus élevé, les blés souffrent avant tout de stress azoté induit. S’il y a une pénalité sur la composante nombre d’épis par plantes levées, c’est donc en raison du défaut d’alimentation en azote. Le cumul de pluies dans les 15 jours qui suivent un apport est un bon indicateur du niveau de valorisation de l’azote apporté. On considère que, pour être totalement valorisé, un apport doit être suivi de 15 mm de précipitations cumulés sur les 15 jours (tableau 1).

Tableau 1 : Caractérisation du niveau de valorisation de l’engrais azoté apporté en fonction du cumul de précipitations des 15 jours suivant l’apport

(Attention, à partir du 5 avril 2021, les cumuls sont basés sur les prévisions de pluies par Météo-France jusqu’au 25 avril 2021 puis sur des données fréquentielles).

Pour ce qui est strictement de l’impact du déficit en eau, ce sont les prochaines semaines qui vont être déterminantes.

Si la pluie fait son retour avant dernière feuille pointante et que la fin de cycle est épargnée par le stress hydrique, la compensation quasi-totale est possible, dans l’hypothèse d’une alimentation azotée correcte.

Si le stress hydrique se poursuit après dernière feuille pointante, les éventuelles pénalités durant la montaison se cumuleront à celles de la fin de cycle.

Un maïs qui germe dans le secLa majorité des semis de maïs ont été réalisés dans la région Centre et sont actuellement en train de germer. Avec les gelées des dernières semaines et les températures fraîches qui se sont maintenues, les levées ont été retardées. Dans la mesure du possible, passer un tour d’eau de 20 mm sur les maïs permet d’obtenir une levée homogène et de rendre efficace l’application des produits racinaires de prélevée.


Maïs semé le 2 avril 2021, Ouzouer-le-Marché (45)

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2 commentaires 23 avril 2021 par BOISSIERES

Bonjour, Effectivement, nous avons globalement de bons enracinements cette année. Cela peut expliquer que, visuellement, les cultures semblent bien accuser le stress hydrique. Les suivis que nous effectuons avec des tensiomètres confirment cependant que l’état des réserves est faible. En sol profond, il n’y a effectivement pas de réel intérêt à irriguer le blé tendre avant 3 nœuds (2 nœuds pour le blé dur, culture plus sensible au stress). Certaines parcelles sont cependant déjà à ce stade et s’approchent du stade DFP, une irrigation est donc conseillée pour éviter un stress à ce stade. De plus, cette année, l’irrigation a des enjeux qui ne sont pas seulement liés au stress hydrique, elle permet également de faire porter le dernier apport d’azote qui n’a pas été valorisé (pas de pluie depuis le 10 mars dans certaines zones) et également d’aider les plantes ayant subi un dégât du gel à repartir.

23 avril 2021 par CADOUX

J'ai du mal a comprendre que la réserve des sols profonds soit épuisée, ce n'est pas ce que l'on voit avec les test bêche, sachant qu'il y a de bons enracinement cette année. De plus irriguer du blé dès 2 nœuds dans les sols profonds est rarement rentable ,

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