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Semis précoce de céréales en 2020 en Normandie Messagerie Normandie

Céréales à paille : les bonnes raisons de ne pas semer trop tôt

08 octobre 2020

Les enjeux de la date de semis sont nombreux. Il est important de ne pas se précipiter et d’avoir conscience des limites des implantations trop précoces. Réussir son implantation, c’est partir du bon pied !

Après une période sèche d’au moins un mois, les pluies sont de retour, à la faveur des préparations des sols avant les semis.

Les dates de semis préconisées

D’après les résultats d’un essai conduit dans l’Eure, à l’exception de l’année 2012, les rendements ont été inférieurs lorsque la date de semis correspondait à fin septembre et ce, quelle que soit la précocité variétale (figures 1 et 2).

Il est inutile d’anticiper cette période. Les pertes à la levée sont limitées et la culture a le temps d’émettre suffisamment de talles avant la sortie de l’hiver. Ceci permet d’optimiser les densités de semis qui ne doivent pas dépasser 250 grains par m². Au contraire, l’anticipation de la date de semis a de nombreux désavantages.

Figure 1 : Incidence de la date de semis de blé – essai ARVALIS réalisé à Combon (27) de 2012 à 2014 – variété précoce à montaison et très précoce à épiaison

Figure 2 : Incidence de la date de semis de blé – essai ARVALIS réalisé à Combon (27) de 2012 à 2014 – variété demi-précoce à montaison et demi-tardive à demi-précoce à épiaison

Semis précoce = risque accru d’accidents en culture

Les semis des céréales à paille ont tendance à devenir de plus en plus précoces depuis plusieurs années. De plus, par crainte de rencontrer des conditions défavorables aux implantations de céréales similaires à l’automne dernier, certains producteurs envisagent d’avancer la date de semis. Or, anticiper les semis accentue souvent de potentiels accidents des cultures. En effet, la plante est alors exposée à une plus grande période de contamination aux maladies et aux ravageurs d’automne. Et la pression d’adventices augmente fortement en Normandie ; de nombreuses situations de ray-grass résistants sont observées, en particulier dans ces situations de semis précoces.

Limiter le risque Jaunisse Nanisante de l’Orge (JNO)

L’interdiction de produits à base d’imidaclopride (Gaucho…) depuis l’automne 2018 conduit à modifier les pratiques pour limiter les risques. En l’absence de tout autre mode de protection équivalent, le levier date de semis constitue un moyen efficace de limiter le risque.

L’activité de vol des pucerons vecteur du virus de la JNO est élevée par temps chaud et ensoleillé : retarder la date de semis réduit les occasions de colonisation des parcelles. Si le risque est présent, un traitement insecticide foliaire peut s’avérer nécessaire. Il apportera une protection maximale de deux semaines. La JNO peut causer des pertes de rendements allant jusqu’à 40 q/ha.


Photo 1 : comparatif de deux dates de semis d’orge d’hiver – infestation des pucerons plus marquée sur un semis précoce

Stop au piétin échaudage

Le piétin échaudage est un champignon du sol qui contamine les racines séminales des plantes hôtes à l’automne et colonise le système vasculaire. Cette colonisation va entraîner un déficit d’alimentation de la plante et engendrer, au printemps, la formation d’épis vides et blancs, symptômes caractéristiques de cette maladie. Ces différents symptômes induisent une perte de rendement qui peut atteindre 40 q/ha. Il est également recommandé d’éviter les semis trop précoces qui augmentent la durée de contamination à une période où les températures douces favorisent le développement du champignon.

Eviter le piétin verse

Le piétin verse est une maladie qui s’installe à la base du pied des blés. Les hivers doux et humides sont favorables à l’expression de la maladie. Les semis précoces, en augmentant les périodes de contamination, favorisent l’installation de la maladie. La tolérance variétale permet d’atténuer sensiblement le risque. Ainsi, il est important de choisir une variété peu ou pas sensible lorsque des dégâts ont été observés dans la parcelle, et particulièrement pour les semis précoces.

Gérer les graminées

Certaines adventices germent préférentiellement à l’automne, et notamment en octobre (vulpin, brome, ray-grass par exemple). En décalant la date de semis du blé tendre à une période moins favorable à la levée des adventices (première décade de novembre par exemple), la quantité de levées dans la culture sera moindre comparée à un semis du 20 octobre.

Le décalage de la date de semis est très adapté aux adventices automnales et plus particulièrement aux graminées (brome, vulpin, ray-grass). Sur ces espèces, de plus en plus de résistances sont constatées. La gestion de ces populations nécessite l’insertion de leviers agronomiques dans la stratégie de désherbage, tels que le décalage de la date de semis, pour parvenir à les éliminer.

Figure 3 : Impact de la date de semis sur le nombre d’adventices/m² en sortie hiver dans le blé tendre en l’absence de désherbage (février 2014)- Essai ARVALIS- Epieds (27)

Ce levier sera très peu efficace sur les espèces à germination automnale tardive (véronique à feuilles de lierre par exemple) ou à germination indifférenciée (matricaire, pâturin annuel…).

En plus de jouer sur la période préférentielle de levée, le décalage de la date de semis permet de réaliser d’avantages de faux-semis si les conditions météos le permettent.

Pour en savoir plus, téléchargez gratuitement les guides « Préconisations régionales Normandie 2020/2021 blé tendre, orge d'hiver » et « Interventions d’automne synthèse nationale ».

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