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Epis de blé tendre avec symptômes de fusarioses en Hauts-de-France Messagerie Hauts-de-France

Céréales à paille : évaluer le risque de contamination des épis par les fusarioses

10 juin 2021

Les fusarioses des épis peuvent être très préjudiciables pour les céréales. Alors que les blés ont majoritairement atteint l’épiaison et les orges, la floraison (ou fin), c’est le moment d’estimer s’il y a risque de contamination et décider de la stratégie de protection si nécessaire.

Un risque variable

Le risque de contaminations par les fusarioses des épis est très dépendant de la quantité de pluies et de l’hygrométrie autour du stade floraison. Il dépend d’une combinaison de trois facteurs :
- une forte humidité ou des épisodes pluvieux autour du stade floraison (+/- 7 jours) ;
- la présence sur le sol de résidus de culture contaminés ;
- la sensibilité des variétés aux fusarioses.

Sous le nom fusarioses, on retrouve une diversité de champignons, dont deux principaux dans notre région : Fusarium graminearum, pouvant entraîner un effet négatif sur la qualité des grains (production de mycotoxines DON) ; et Microdochium spp. La proportion entre les deux est plutôt déterminée par les températures : plus elles sont élevées au moment des contaminations, plus Fusarium graminearum est avantagé, tandis que Microdochium spp. se développe mieux lorsqu’elles sont plus fraîches au printemps. A noter que même dans le cas où le climat favorise Microdochium spp, Fusarium graminearum est souvent également présent.

Tableau 1 : Facteurs de risque climatiques pour les principales fusarioses

Dans le contexte de cette année, avec des températures fraîches et des pluies régulières tout au long de mai, le développement de Microdochium spp. semble être davantage privilégié, même si ce sont les conditions météorologiques autour de la floraison qui seront déterminantes sur le risque réel.

Les précipitations de fin mai / début juin sont plutôt variables dans la région, avec certains secteurs où les niveaux sont importants, comme dans l’Oise, et des zones plus au nord où elles se font plus rares. Le risque potentiel de développement des fusarioses ne sera donc pas le même partout et la protection des parcelles devra être envisagée ou non selon les cas.

Carte 1 : Cumul de précipitations (en mm) entre le 31 mai et le 5 juin 2021

Comment protéger les parcelles ?

Adapter sa protection

Aujourd’hui, aucune variété de céréales d’hiver n’est totalement résistante à Fusarium graminearum. Bien que le nombre de variétés peu sensibles augmente, il reste limité. C’est alors la combinaison de leviers qui permet de limiter le risque : gestion des résidus du précédent, choix variétal, protection fongicide à la floraison.

Même si les conséquences d’une attaque de Microdochium spp. sont relatives sur blé tendre, les pertes de rendement peuvent tout de même être importantes : il faut donc réfléchir à la protection des parcelles. Si l’année confirme un risque de flore mixte, il sera plutôt recommandé d’intervenir avec des solutions qui combinent les substances actives les plus efficaces (associations prothioconozale + tébuconazole ou tébuconazole + prochloraze).

Concernant le risque Fusarium graminearum, et donc celui d’accumuler des mycotoxines DON (déoxynivalénol) dans les grains, indépendamment de la quantité de pluies autour de la floraison, toutes les parcelles ne présentent pas le même risque de contamination par les fusarioses (tableau 2). A l’approche de la floraison, il est donc judicieux d’évaluer son risque parcellaire en vue de décider d’une intervention.

Tableau 2 : Grille d’évaluation du risque d’accumulation du déoxynivalénol (DON) dans le grain de blé tendre et d’aide au traitement contre la fusariose sur épi (Fusarium graminearum)

Respecter les bonnes conditions d’application

Si la situation est à risque et donc qu’un traitement est recommandé, il faut le positionner au plus proche du début de la floraison (sortie des premières étamines) afin qu’il soit le plus efficace possible contre Fusarium graminearum. ou contre une flore mixte de Fusarium graminearum. et de Microdochium spp., comme cela semble être le cas cette année.

Du point de vue de l’application, le volume d’eau doit être au minimum de 150 l/ha, quelles que soient les buses utilisées. Les essais ARVALIS ont montré que le volume de bouillie est plus important que le choix des buses ou le recours à d’éventuels adjuvants.

Un dernier apport d’azote à prévoir à floraisonDans notre région, les principales variétés de blé tendre implantées présentent des taux de protéines plutôt faibles à moyens (note protéine pure allant de 1 à 3). Ces variétés étant productives et les potentiels estimés bons à ce jour, la dilution de la protéine pourrait être d’autant plus marquée. Afin de garantir un taux de protéines dans les normes attendues, il apparaît essentiel d’accompagner les blés en azote jusqu’en fin de cycle en programmant un dernier apport à floraison.
Un apport tardif peut aussi, selon les situations et les années, permettre de gagner quelques quintaux supplémentaires.

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