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Une larve orange de cécidomyie entre les glumes dans un épillet de blé tendre en mai 2019 en Auvergne Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Cécidomyies orange : poser des cuvettes jaunes dans les parcelles à risque

23 mai 2019

Jusqu’à présent, les conditions fraîches et venteuses étaient peu favorables aux cécidomyies orange dans les blés. Mais les prévisions météo des prochains jours changent la donne : temps orageux, faibles vents, températures plus chaudes. Le suivi des vols du ravageur est particulièrement recommandé dans les parcelles de blé encore à risque.

Les stades s’échelonnent aujourd’hui entre début épiaison au nord et floraison pour les parcelles les plus précoces du sud de la région.

Il est important de suivre les vols entre l’apparition de l’épi et la floraison et plus particulièrement sur les secteurs historiquement touchés. La pose de cuvettes jaunes dans les parcelles est un bon moyen de suivre les vols pour décider d’une éventuelle intervention insecticide.

Différentes situations en plaine

Pour les parcelles les plus précoces de la région ayant atteint le stade floraison, la période de risque est terminée.

Pour les autres, sur les secteurs historiquement touchés, il faut enclencher les suivis et les observations dès cette fin de semaine.

Dans le cas particulier des parcelles irriguées, le risque cécidomyies orange est directement lié à la pluviométrie d’avril/mai. Les niveaux enregistrés cette année sont faibles sauf, dans les parcelles qui ont été irriguées à cette période pour la valorisation des apports d’azote et qui présentent donc aujourd’hui un risque plus élevé.

Des dégâts provoqués par les larves

A partir de l’apparition de l’épi et jusqu’à la floraison, les blés sont sensibles aux attaques de cécidomyies, période pendant laquelle les femelles peuvent pondre leurs œufs dans les glumes des épis. La ponte intervient lorsque les conditions climatiques sont favorables : temps orageux, température supérieure à 15°C en soirée et vent inférieur à 7 km/h. Les dégâts, à la fois quantitatifs et qualitatifs, sont provoqués par les larves qui consomment les grains de blé en formation dès leur éclosion. Les attaques précoces provoquent même parfois un avortement des fleurs. En blé tendre comme en blé dur, la nuisibilité de ce ravageur est estimée à environ 1 q/ha pour une moyenne d’une larve par épi.


Femelle de cécidomyie orange sur un épillet de blé (photo ARVALIS – Institut du végétal)


Larve de cécidomyie orange (photo ARVALIS – Institut du végétal)

La résistance variétale : un levier efficace à 100 %

Certaines variétés de blé tendre sont résistantes aux cécidomyies orange (figure 1). Cette résistance n’empêche pas les cécidomyies adultes de voler et de pondre dans les épis, mais les larves qu’elles produiront ne pourront pas se développer et n’engendreront donc pas de dégâts. Dans les situations où les attaques sont fréquentes, le recours à ces variétés est la solution la plus efficace (100 % d'efficacité). Elles ne nécessitent ni surveillance ni intervention chimique. Parmi les inscriptions 2019, LG Augira, Providence et SY Adoration sont des variétés résistantes à ce ravageur et adaptées aux régions Centre–Val de Loire, Ile-de-France et Auvergne.

Figure 1 : Liste des variétés de blé tendre résistantes aux cécidomyies orange

Résistance confirmée dans les essais d'ARVALIS, de ses partenaires et du GEVES

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Pour les autres variétés de blé tendre et le blé dur, estimer le risque agronomique à la parcelle

La présence de cécidomyie orange est très dépendante de la parcelle (fréquence de retour du blé, type de sol…) et le vol varie selon le climat de l’année (fréquence, intensité, durée). Le suivi des vols est souvent très chronophage. Il peut donc être utile de prioriser les parcelles pour lesquelles la pose de cuvettes jaunes est indispensable. La grille d’évaluation du risque agronomique (figure 2) attribue une note de risque à la parcelle étudiée : plus cette note est élevée, plus la probabilité de présence du ravageur est importante. Les parcelles les plus à risque sont donc celles où la pose de cuvettes est prioritaire.

Figure 2 : Grille de risque cécidomyes

(*) Résistance aux cécidomyies orange. Attention, une autre cécidomyie existe : la cécidomyie jaune (Contarinia tritici), qui peut ponctuellement être présente et occasionner des dégâts, même sur les variétés résistantes aux cécidomyies orange.

NB1 : Un semis précoce (avant le 10 octobre) augmente le risque de cécidomyies.
NB2 : Le labour provoque un étalement des émergences dans le temps rendant plus difficile leur contrôle.

Préconisations suivant la note de risque :
0 : Parcelle ne présentant aucun risque. Ne pas traiter. Rappel : les variétés résistantes n'empêchent pas les adultes de voler, mais inhibent le développement des larves au niveau du grain, d'où l'absence de dégâts.
1 à 4 : Parcelle présentant un risque faible, la pose d'un piège est tout de même conseillée afin de surveiller les populations.
5 et 6 : Parcelle à risque. La pose de cuvettes jaunes doit être effectuée afin de surveiller si un traitement est nécessaire (seuil = 10 cécidomyies/piège/24h).
7 et 8 : Parcelles à fort risque d'attaque. Une observation toutes les 48h, voire chaque jour, à l'aide de cuvettes jaunes est préconisée afin de déclencher le traitement à la bonne date. Le semis d'une variété résistante est conseillé.

Remarques :
- Si un traitement est déclenché, le faire seulement lorsque les cécidomyies sont en plein vol (au crépuscule et par temps calme). En effet, aucun produit insecticide n'a d'effet ovicide.
- Une attaque de cécidomyies provoquera des dégâts seulement si elle a lieu pendant la période sensible du blé (apparition de l’épi - fin floraison) ; la pose de pièges en dehors de cette période n'est pas nécessaire.
- Le risque cécidomyies orange est fortement dépendant de la météo. S'il n'y a pas de pluie (ou irrigation) importante associée à des températures chaudes en Avril-Mai, alors les émergences sont plus faibles.

Piéger pour décider d’une intervention

L’observation des variétés sensibles permet de décider si une intervention est nécessaire et, si c’est le cas, de maximiser son efficacité avec une application au bon moment. La mise en œuvre d’un traitement systématique à l’aveugle à toutes les chances d’être inefficace. Pour déterminer la période optimale, il est recommandé de suivre le vol des adultes grâce à des cuvettes jaunes, en respectant les étapes suivantes :

• Mettre en place 2 cuvettes par parcelle à partir du stade gaine fendue, le haut de la cuvette devant être positionné à la base des épis.
• Faire un relevé tous les 2 jours, matin ou soir, jusqu’à l’apparition des cécidomyies.
• Faire un relevé journalier dès l’apparition des premières captures, matin ou soir.
• Si 10 cécidomyies orange sont capturées en moyenne par cuvette et sur 24 h, observez le soir même la présence de cécidomyies en position de pontes sur les épis.
• Si c’est le cas, déclencher le traitement le soir même. Une intervention repoussée au lendemain matin sera inefficace.


Positionnement d’une cuvette jaune dans du blé contenant de l’eau, du gros sel et quelques gouttes de liquide vaisselle.

Intervenir lors du pic de vol

Il n’existe aucun moyen de combattre efficacement les larves dans les épis : seuls les insecticides de contact sont autorisés (tableau 1) et ces derniers ne les atteignent pas.  L’intervention vise donc à empêcher les adultes de pondre au moment de leur vol. Les insecticides doivent donc les atteindre directement lors de leur brève présence dans la parcelle.

Tableau 1 : Insecticides en végétation autorisés sur cécidomyies des fleurs du blé

Source : ARVALIS - Institut du végétal

(1) 3 applications dont 1 maximum sur cécidomyie.

Efficacité moyenne ou irrégulière pour tous les produits.

Rappelons par ailleurs que, même bien positionnés, l’efficacité des insecticides est moyenne ou aléatoire. Avec une persistance d’action des produits n’excédant pas 3 jours, une ré-intervention peut être justifiée en cas de vols répétés et lorsque les conditions climatiques sont de nouveau rassemblées.

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