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Une cécidomyie orange sur un épi de blé en avril 2020 en région Centre Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Cécidomyies orange du blé : poser les cuvettes jaunes en priorité dans les parcelles à risque

30 avril 2020

Alors que les premières parcelles de blé dur et de blé tendre atteignent l’épiaison, les cécidomyies orange ont été d’ores et déjà repérées au sud du Centre. Les prévisions météo (vent et pluies) ne sont pas en leur faveur. Mieux vaut toutefois rester sur ses gardes dès ce week-end et surveiller les vols par la pose de cuvettes jaunes afin d’évaluer la nécessité d’intervenir.

De l’épiaison jusqu’à la floraison, les blés sont sensibles aux attaques de cécidomyies, période pendant laquelle les femelles peuvent pondre leurs œufs dans les glumes des épis. Cette activité de ponte est dépendante de certaines conditions climatiques qui leur sont favorables : temps orageux, température supérieure à 15°C en soirée et vent inférieur à 7 km/h. Les dégâts, à la fois quantitatifs et qualitatifs, sont provoqués par les larves qui consomment les grains de blé en formation dès leur éclosion. Les attaques précoces provoquent même parfois un avortement des fleurs. En blé tendre comme en blé dur, la nuisibilité de ce ravageur est estimée à environ -1 q/ha pour une moyenne d’une larve par épi.


Photo 1 : Femelle de cécidomyie orange sur un épillet de blé (ARVALIS – Institut du végétal)


Photo 2 : Larve de cécidomyie orange (ARVALIS – Institut du végétal)

La résistance variétale : un levier efficace à 100 %

Certaines variétés de blé tendre sont résistantes aux cécidomyies orange. Cette résistance n’empêche pas les cécidomyies adultes de voler et de pondre dans les épis mais les larves qu’elles produiront ne pourront pas se développer et n’engendreront donc pas de dégâts. Dans les situations où les attaques sont fréquentes, le recours à ces variétés est la solution la plus efficace (100 %). Elles ne nécessitent pas d’intervention chimique. Parmi les inscriptions 2020, RGT Perkussion, Autricum, Grimm, KWX Ultim et RGT Tweeteo sont résistantes à ce ravageur et ont des précocités adaptées aux régions Centre, Ile-de-France et Auvergne. Les autres variétés et leurs caractéristiques sont présentées dans le tableau 1.

Tableau 1 : Liste des variétés de blé tendre résistantes aux cécidomyies orange

Résistance confirmée dans les essais d'ARVALIS, de ses partenaires et du GEVES

Pour plus d’informations, consulter le guide de préconisation régional « Choisir et Décider – Variétés et interventions d’automne 2019 » :
- Blé tendre
- Blé dur

Pour les autres variétés de blé tendre et le blé dur, il est possible d’estimer le risque agronomique à la parcelle

La présence de cécidomyies orange est très dépendante de la parcelle (fréquence de retour du blé, type de sol…) et le vol varie selon le climat de l’année (fréquence, intensité, durée). Le suivi des vols est souvent très chronophage. Il peut donc être utile de prioriser les parcelles pour lesquelles la pose de cuvettes jaunes est indispensable. La grille d’évaluation du risque agronomique (tableau 2) attribue une note de risque à la parcelle étudiée : plus cette note est élevée, plus la probabilité de présence du ravageur est importante. Les parcelles les plus à risque sont donc celles pour lesquelles la surveillance du ravageur par la pose de cuvettes est prioritaire.

Tableau 2 : Grille d’évaluation du risque de cécidomyies orange

ARVALIS - Institut du végétal, 2012

(*) Résistance aux cécidomyies orange. Attention, une autre cécidomyie existe : la cécidomyie jaune (Contarinia tritici), qui peut ponctuellement être présente et occasionner des dégâts, même sur les variétés résistantes aux cécidomyies orange.
NB1 : Un semis précoce (avant le 10 octobre) augmente le risque de cécidomyies.
NB2 : Le labour provoque un étalement des émergences dans le temps, rendant plus difficile leur contrôle.

Préconisations suivant la note de risque

0 : Parcelle ne présentant aucun risque. Ne pas traiter. Rappel : les variétés résistantes n'empêchent pas les adultes de voler, mais inhibent le développement des larves au niveau du grain, d'où l'absence de dégâts.
1 à 4 : Parcelle présentant un risque faible. La pose d'un piège est tout de même préconisée afin de surveiller les populations.
5 et 6 : Parcelle à risque. La pose de cuvettes jaunes doit être effectuée afin de surveiller si un traitement est nécessaire (seuil = 10 cécidomyies/piège/24 h).
7 et 8 : Parcelles à fort risque d'attaque. Une observation toutes les 48h, voire journalière, à l'aide de cuvettes jaunes est préconisée afin de déclencher le traitement à la bonne date. Le semis d'une variété résistante est recommandée.

Remarques :
- Si un traitement est déclenché, le faire seulement lorsque les cécidomyies sont en plein vol (au crépuscule et par temps calme). En effet, aucun produit insecticide n'a d'effet ovicide.
- Une attaque de cécidomyies provoquera des dégâts seulement si elle a lieu pendant la période sensible du blé (apparition de l’épi - fin floraison) ; la pose de pièges en dehors de cette période n'est pas nécessaire.
- Le risque cécidomyies orange est fortement dépendant de la météo. S'il n'y a pas de pluie (ou irrigation) importante associée à des températures chaudes en avril-mai, alors les émergences sont plus faibles.

Piéger pour décider d’une intervention

L’observation des variétés sensibles permet de décider si une intervention est nécessaire et, si c’est le cas, de maximiser son efficacité avec une application au bon moment. En effet, la mise en œuvre d’un traitement systématique à l’aveugle a toutes les chances d’être inefficace. Pour déterminer la période optimale, il est recommandé de suivre le vol des adultes grâce à des cuvettes jaunes, en respectant les étapes suivantes :

• Mettre en place deux cuvettes par parcelle à partir du stade gaine fendue, le haut de la cuvette devant être positionné à la base des épis.
• Faire un relevé tous les deux jours, matin ou soir, jusqu’à l’apparition des cécidomyies.
• Faire un relevé journalier dès l’apparition des premières captures, matin ou soir.
• Si dix cécidomyies orange sont capturées en moyenne par cuvette et sur 24 h, observer le soir même la présence de cécidomyies en position de pontes sur les épis.
• Si c’est le cas, déclencher le traitement le soir même.

Pour plus d’informations, consulter le BSV chaque semaine : Centre, Ile-de-France, Auvergne.


Photo 3 : Positionnement d’une cuvette jaune dans du blé contenant de l’eau, du gros sel et quelques gouttes de liquide vaisselle.

Intervenir lors du pic de vol

Il n’existe aucun moyen de combattre efficacement les larves dans les épis : seuls les insecticides de contact sont autorisés (tableau 3) et ces derniers ne les atteignent pas. L’intervention vise à empêcher les adultes de pondre au moment de leur vol. Les insecticides doivent donc les atteindre directement lors de leur brève présence dans la parcelle.

Tableau 3 : Insecticides en végétation autorisés sur cécidomyies des fleurs du blé

Source dépliant ARVALIS - Institut du végétal - mai 2019

(1) Changements mineurs de formulation permettant le mélange avec bore
(2) Les pailles de céréales traitées ne doivent pas être utilisées en alimentation animale
Efficacité moyenne ou irrégulière pour tous les produits

Rappelons par ailleurs que, même bien positionnés, les insecticides présentent une efficacité moyenne ou aléatoire. Avec une persistance d’action des produits n’excédant pas trois jours, une ré-intervention peut être justifiée en cas de vols répétés et lorsque les conditions climatiques citées ci-dessus sont de nouveau rassemblées.

Toutes ces informations se retrouvent dans le guide de préconisations régionales « Choisir et Décider – Interventions de printemps 2020 » :
- Blé tendre
- Blé dur

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