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Jeunes semis de blé en Bretagne en 2019, avec un assolement blé sur blé Messagerie Bretagne

Campagne 2019/2020 : peut-on envisager un semis de blé sur blé ?

05 décembre 2019

Avec les conditions climatiques particulières de ces derniers mois, se pose la question de changer son assolement et de semer du blé sur blé. Le principal risque concerne la présence de piétin échaudage, mais les dates de semis tardives vont fortement atténuer son développement. Le point sur la situation actuelle.

Les conditions particulièrement pluvieuses observées depuis fin septembre ont fortement perturbé les travaux de récolte de maïs et de semis des céréales. De nombreuses parcelles de maïs ont ainsi été moissonnées en très mauvaises conditions, ce qui ne permettra pas d’implanter les céréales en conditions satisfaisantes. Certains agriculteurs s’orientent donc vers des semis de céréales dans les parcelles céréalières de 2018/2019. Ces parcelles destinées initialement aux semis de maïs seront donc conduites en paille sur paille, ce qui impliquera une destruction des couverts. Le principal risque concerne la présence de piétin échaudage, mais les dates de semis tardives vont fortement atténuer son développement.


Photo 1 : Les conditions de récolte du maïs ont parfois été désastreuses, ce qui pourra imposer un décompactage après ressuyage des sols

Des conditions de développement du piétin échaudage atténuées

Blé sur blé : premier facteur de risque pour le piétin échaudage

Le piétin échaudage (Gaeumannomyces graminis) est un champignon du sol parasite des racines des céréales. Il contamine les racines séminales des plantes hôtes à l’automne (infection primaire) et envahit le système vasculaire. Il progresse ensuite à l’intérieur des vaisseaux conducteurs de sève en les obstruant ce qui a pour conséquence un échaudage généralisé des plantes par foyers.

La progression de l’épidémie est principalement liée à une phase de propagation qui a lieu lorsque les racines saines sont en contact avec des racines contaminées (infection secondaire).

Une fréquence importante de cultures hôte (blé, orge…) dans la rotation est favorable au maintien de l’inoculum. Ainsi, les blé/blé représentent les situations les plus à risque, car l’inoculum présent en 1re paille peut se développer sur le blé suivant. L’orge est également sensible mais à un degré moindre ; le triticale présente les attaques les plus faibles en 2e paille. L’avoine n’est pas concernée par cette maladie.

Retrouvez les symptômes de piétin échaudage dans la fiche accident piétin échaudage.

Retard de date de semis : facteur majeur de réduction du risque.

Des références récentes réalisées dans l’Ouest ont montré qu’un retard de trois semaines de date de semis par rapport à un semis de fin octobre atténuait le risque de présence de piétin échaudage (figure 1). Cet effet devrait être sensiblement plus marqué pour des retards de date de semis plus importants, comme ce sera le cas pour des semis de décembre.

En limitant les périodes d’inoculation, le retard de date constitue donc un vrai levier de limitation du risque. Cet effet est encore plus marqué lorsqu’il est combiné au traitement de semences Latitude, qui présente à lui seul une efficacité de 50 %.

Figure 1 : Impact du décalage de la date de semis - 3 essais ARVALIS 2016 et 2017

Le rappuyage des sols peu favorable au piétin échaudage

Les sols légers à teneur élevée en matières organiques prédisposent à un état structural « soufflé » où le mycélium de piétin échaudage peut se développer facilement, favorisant ainsi l’extension de la maladie. En effet, le gaz carbonique freine le développement du champignon. Dans les sols bien rappuyés ou tassés, l’évacuation du gaz carbonique est difficile, et pourrait ainsi limiter l’impact du piétin échaudage. Les conditions climatiques actuelles ont conduit à un sensible rappuyage et une asphyxie des sols qui ne sont pas favorables au piétin échaudage.

Peu d’impact de l’enfouissement des couverts d’interculture de moutarde brune

Semée après la récolte du précédent blé, l’interculture de moutarde brune broyée et enfouie rapidement avant la floraison peut limiter le développement du piétin échaudage (méthode de biofumigation). A ce stade, les glucosinolates antagonistes du champignon, contenus dans la plante sont présents en grande quantité. Des expérimentations récentes réalisées dans l’Ouest ont montré un impact très limité de cette technique. Le faible niveau de production de la moutarde brune n’a pas permis à la moutarde d’avoir un impact. Pour optimiser l’efficacité de cette technique, certaines conditions doivent être rigoureusement respectées : culture de moutarde brune qui présente une biomasse importante et destruction et enfouissement immédiat à la floraison du couvert. Si ce n’est pas le cas, l’enfouissement du couvert sera sans effet sur la limitation du risque de piétin échaudage.

Un risque de piétin verse diminué

Le précédent blé accentue le risque de piétin verse, en particulier si du piétin verse a été observé dans la parcelle au cours des campagnes précédentes. En revanche, les semis tardifs limitent les contaminations automnales. Rappelons que les variétés qui présentent une note de tolérance supérieure ou égale à 5, ne nécessitent aucune protection contre le piétin verse (Advisor, Campesino, KWS Tonnerre, LG Absalon, LG Armstrong, Sophie CS, Syllon…).

Retrouvez les symptômes de piétin verse dans la fiche accident piétin verse.

En résumé Le principal risque parasitaire en blé sur blé concerne la présence de piétin échaudage. Le développement de cette maladie racinaire est fortement atténué dans les conditions de semis tardifs de cette campagne. Il en est de même pour les risques de piétin verse.
Habituellement déconseillés en Bretagne, les blés de blés devraient logiquement être moins pénalisés en semis tardifs de décembre. Cette maladie sournoise peut toutefois retrouver des conditions très favorables dans les mois qui viennent et provoquer des dégâts. Si le choix est possible, privilégiez les cultures moins sensibles en deuxième paille, le triticale en particulier puis l’orge.

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