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Quatre jeunes bovins viande charolais mangent de l'ensilage de maïs en stabulation Alimentation animale

Bovins viande : comment intégrer du maïs grain humide dans les rations ?

10 juin 2021

Avec une valeur énergétique de 1,26 UFV/kg de MS, le maïs grain conservé humide (MGH) est un concentré de très haute valeur nutritionnelle qui présente des caractéristiques intéressantes pour l’alimentation des bovins viande. Son utilisation dans les rations à l’engraissement est variée : en complément énergétique de rations à base d’ensilage de maïs ou d’herbe conservée, ou la base d’un régime complété d’un fourrage fibreux. Présentation de ces trois situations types qui illustrent le champ des possibles.

Suivant les objectifs de croissance et le type de régime alimentaire, les rations des jeunes bovins sont généralement ajustées entre 0,85 et 1 UFV par kg de MS, et 90 à 110 PDI/UFV.

Du MGH en complément de l’ensilage de maïs plante entière

Les rations à base d’ensilage de maïs plante entière peuvent être complémentées par des concentrés riches en amidon de type blé ou maïs grain. Les essais menés en stations expérimentales ont montré que le MGH distribué à hauteur de 2 à 5 kg brut par jour en remplacement du blé dans des rations JB à base d’ensilage de maïs permettait d’obtenir les mêmes performances de consommation et de croissance. Dans ce type de ration, le MGH récolté plus sec et conservé « entier-inerté » sera moins bien valorisé par les animaux que lorsqu’il est conservé « broyé-ensilé ». Un broyage grossier ou un aplatissage permettra néanmoins de retrouver une bonne valorisation pour ce type de MGH.

Bien que les jeunes bovins tolèrent des apports élevés en glucides rapidement fermentescibles, ils restent tout de même sensibles aux maladies métaboliques (acidose…). Ainsi, dans le cas de régimes particulièrement riches en amidon (> 30 %), il est nécessaire de bien respecter une période de transition alimentaire prolongée pour limiter les risques d’acidose.

Quand le MGH est l’aliment de base de la ration

Le MGH peut aussi être valorisé comme matière première de base dans les rations « sèches » à base de céréales distribuées à volonté. Il peut alors se substituer à l’orge ou au blé. Dans ces régimes, la mise à disposition d’une paille de bonne qualité est nécessaire pour stimuler l’ingestion volontaire de fibres. En race Blonde d’Aquitaine, une ration type composée pour la « base concentrée » de 80 % de MGH et de 20 % d’un complément protéique et minéralisé, associée à une source de fibres (foin/paille) distribuées à volonté, permet d’obtenir de bonnes performances à l’engraissement. La distribution de l’aliment complet « MGH ensilé ou inerté + complémentaire » est réalisée deux fois par jour en disposant des fourrages grossiers (foin ou paille) à volonté qui apportent des fibres longues pour favoriser la rumination (1 à 2 kg brut par jour). On ajustera les apports au niveau de 90-100 g de PDI/UFV.

Figure 1 : Exemple de plan d’alimentation pour des jeunes bovins blonds d’Aquitaine (200 à 650 kg de poids vif)

Associer le MGH à l’herbe conservée

La densité énergétique élevée du MGH peut également être une opportunité pour diversifier les rations et incorporer des fourrages riches en protéines (prairies, luzerne, méteil immature…), souvent plus encombrants et moins énergétiques que le maïs fourrage.

Quatre essais réalisés sur la ferme expérimentale de Saint-Hilaire-en-Woëvre (55) ont permis de démontrer l’intérêt de l’utilisation du MGH en complément d’herbe conservée dans les rations de jeunes bovins Charolais. L’incorporation de 30 % d’herbe de qualité correcte (0,72 UFV/kg MS, 13,5 % MAT) en complément du MGH a permis de maintenir des performances de croissance équivalentes au témoin (ration base maïs fourrage + 2,5 kg céréales + tourteau) tout en réduisant de près de 20 % la consommation d’aliments protéiques. Avec des fourrages plus qualitatifs, il serait même possible de diminuer plus drastiquement les consommations d’aliments protéiques dans ce type de ration.

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1 commentaires 12 juin 2021 par ROEDERER

Très bons produits... Pour ma part, je préfère l'utilisation (laitières) du maïs grain ensilé humide en silo normal, pour des questions d'intendance. Mais ce choix n'est appuyé sur aucune comparaison technique, il est juste guidé par les équipements. Existe-t-il la même étude en laitières ? Merci

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