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Gestion des apports d’eau sur céréales à paille Les Vrai/Faux de l’irrigation

Blés : un tour d’eau après floraison reste encore efficace

16 mai 2019

Après la floraison des blés, en cas de stress hydrique, positionner une irrigation va permettre de limiter une perte de poids des grains, et donc de préserver le rendement.

En blé tendre ou en blé dur, la période de sensibilité au stress hydrique s’étend du stade 2 nœuds jusqu’au stade « grains laiteux ».

Figure 1 : Sensibilité du blé au stress hydrique selon le stade

Du stade épi 1 cm à l’épiaison, le stress hydrique provoque une régression des talles. Cette régression est surtout marquée à partir du stade 2 nœuds pour le blé.

Pendant la phase gonflement-floraison, le stress hydrique a un effet négatif sur la fertilité des épis.

Après la floraison, pendant la formation des enveloppes des grains puis leur remplissage, le stress hydrique réduit le poids des grains. A intensité de stress équivalente, son effet sur le rendement est moins marqué que pendant la fin de la montaison. Mais le déficit hydrique est souvent plus élevé pendant cette période, d’où un effet important sur le rendement.

Pendant le remplissage des grains, le blé est aussi sensible aux fortes températures (supérieures à 25°C). Cet effet négatif est moindre en culture irriguée car la transpiration plus élevée permet de limiter la température au sein de la culture.

Optimiser la conduite de l’irrigation

Dans le cas de stratégies d’irrigation d’appoint où la ressource en eau ne permet de réaliser qu’un ou deux apports de 30 mm maximum, il faut positionner les passages à la période la plus sensible vis-à-vis du manque d’eau. Si des marges de manœuvre existent pour ajuster les volumes d’irrigation en fonction des parcelles, il est préférable de prévoir un volume plus élevé en sol à faible réserve utile (deux à trois passages) qu’en sol plus profond (un passage).

Des essais conduits dans plusieurs régions françaises montrent que les irrigations les plus payantes se situent entre dernière feuille ligulée et grain laiteux, période la plus sensible à un manque d’eau.

Attention toutefois, il faut éviter d’irriguer pendant une durée de 8 jours environ à partir de la sortie des premières étamines pour ne pas augmenter le maintien de conditions humides, propices au risque fusarioses. C'est d’autant plus vrai sur blé dur. Notons également que l’irrigation après floraison augmente le risque de verse : dans ce cas, positionner plutôt le tour d’eau la nuit, en utilisant des petites buses pour réduire la taille des gouttes.

La rentabilité d’une irrigation précoce en sol profond n’est jamais garantie, elle dépend du climat à venir. Il vaut mieux attendre le plus tard possible, que la réserve du sol soit bien entamée pour démarrer.

Retrouvez cette fiche dans la brochure "Les Vrai/Faux de l'irrigation" disponible aux Editions ARVALIS.

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2 commentaires 17 mai 2019 par GENDRE

Bonjour, merci de votre commentaire. Il n'y a pas de risque avant la sortie des étamines, vous pouvez irriguer. A noter, la préconisation que nous faisons dans l'article est liée au risque qu'il pleuve suite à l'irrigation et que cela crée un micro-climat trop humide au moment de la floraison. Si le temps est chaud et sec, il n'y a pas de risque important à mouiller les premières étamines (mais il est vraiment recommandé de ne pas irriguer à la floraison pour éviter tout danger).

17 mai 2019 par SEILER

Bonjour, vous dites "Attention toutefois, il faut éviter d’irriguer pendant une durée de 8 jours environ à partir de la sortie des premières étamines pour ne pas augmenter le maintien de conditions humides, propices au risque fusarioses", mais y a t'il un risque avant la sortie des étamines. Nos blés sont actuellement au gonflement, il fait sec, je me pose la question de remplir la réserve utile avant la phase critique de la sortie des étamines, pour cela je dois agir le plus tard possible car mes sols ont une réserve utile de 35mm en moyenne. Merci

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