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Présence de Microdochium spp. sur feuilles de blé tendre et épis avec fusarioses en mai 2021 en Ile de France Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Blés : raisonner la protection contre les maladies du feuillage et des épis

27 mai 2021

Avec le retour des pluies, la pression maladies pourrait augmenter.

Pour les parcelles de blé tendre ou les secteurs les plus précoces, déjà à floraison, les conditions climatiques actuelles sont favorables aux contaminations de fusarioses et le risque est bien réel. En blé dur, la situation est plus tardive et les parcelles au stade sensible sont rares.

Le risque de contaminations par les fusarioses des épis est très dépendant de la quantité de pluies et de l’hygrométrie.

Au-delà de la protection contre les fusarioses, le traitement à floraison permet de faire un relais sur les maladies du feuillage qui peuvent survenir tardivement sur les cultures : septoriose, rouille jaune et rouille brune.

Maladies foliaires : l’occasion d’un relais septoriose-rouilles

Avec les conditions climatiques fraîches et le retour tardif des pluies cette année, la sortie des maladies foliaires sera tardive, notamment en septoriose. En effet, avec une situation restée globalement très saine jusqu’à aujourd’hui, le retour des pluies début mai a été favorables aux contaminations. La sortie des symptômes est ralentie par la fraîcheur des températures actuelles et devrait donc être plus tardive qu’habituellement, renforçant l’intérêt du relais au T3.

Des premiers signalements en rouille jaune sont aussi observés depuis quelques jours. Il convient dons de choisir un produit de protection T3 en fonction de la situation et du risque de la parcelle, afin de choisir un produit efficace sur les cibles visées.

Retrouvez toutes les préconisations fongicides régionales dans les guides Choisir et Décider – Interventions de printemps 2021 :
- Blé tendre
- Blé dur

Fusarioses : quelle flore pour quels risques ?

Les fusarioses peuvent pénaliser de manière importante le rendement et la qualité des grains. Derrière ce nom de maladie se cache en réalité une multitude de champignons. Parmi cette diversité, deux types se rencontrent fréquemment dans nos régions : Fusarium graminearum, qui peut entraîner un effet négatif sur la qualité des grains (production de mycotoxines DON) ; et Microdochium spp., qui est tenu responsable de la moucheture sur blé dur.

Le risque de contaminations est fortement dépendant des précipitations : plus il pleut, plus le risque est élevé. La proportion entre ces deux champignons est plutôt déterminée par les températures : plus elles sont élevées au moment des contaminations, plus Fusarium graminearum est favorisé tandis que Microdochium spp. se développe mieux en cas de températures plus fraîches. A noter que même dans le cas où le climat favorise Microdochium spp, Fusarium graminearum est souvent également présent.

Tableau 1 : Facteurs de risque climatiques pour les principales fusarioses

Dans le contexte de fraîcheur actuel, le développement de Microdochium spp. semble donc être favorisé, avec même de premiers symptômes observés sur feuilles très ponctuellement. Mais attention, ce sont les conditions effectives au moment de la floraison qui seront les plus déterminantes.

Protection des parcelles : choisir des produits polyvalents

• Sur blé tendre : une protection à adapter selon votre situation parcellaire

Sur blé tendre, les conséquences d’une attaque de Michrodochium spp sont moins importantes que sur blé dur ; il ne faut cependant pas les négliger. En cas d’attaque importante, les pertes de rendement peuvent être significatives.

Plusieurs substances actives de la famille des triazoles ont une action sur les fusarioses. Certaines solutions à base de triazole solo (metconazole, tébuconazole) peuvent être plus économiques mais n’agissent que sur les flores Fusarium graminearum.

Si l’année confirme un risque de flore mixte, il sera plutôt recommandé d’intervenir avec des solutions qui combinent les substances actives les plus efficaces (associations prothioconozale + tébuconazole ou tébuconazole + prochloraze).

Concernant le risque Fusarium graminearum, et donc celui de d’accumuler des DON dans les grains, indépendamment de la quantité de pluies autour de la floraison, toutes les parcelles ne présentent pas le même risque de contamination par les fusarioses. A l’approche de la floraison, il est donc judicieux d’évaluer son risque parcellaire en vue de décider d’une intervention.

Figure 1 : Grille d’évaluation du risque d’accumulation du déoxynivalénol (DON) dans le grain de blé tendre et d’aide au traitement contre la fusariose sur épi (Fusarium graminearum)

La grille blé tendre estime le risque de 1 (risque DON le plus faible), à 7 (risque DON le plus fort). Une variété est dite sensible si sa note d’accumulation en DON est inférieure ou égale à 3,5 et elle est dite peu sensible si cette note est supérieure à 5,5. T = parcelles conseillées au traitement. Pour le choix du traitement, se reporter à nos pages de conseil « préconisations régionales ».

Tableau 2 : Résistance des variétés de blé tendre au risque DON* (Fusarium graminearum) - échelle 2020-2021

Si des facteurs agronomiques peuvent influer sur le risque Fusarium graminearum (précédent, travail du sol, sensibilité variétale), une étude multipartenaires récente (FSOV Microdochium) a mis en évidence qu’il n’en était rien pour les espèces de Microdochium. Seules les conditions au moment de la floraison semble déterminer le risque Microdochium.

• En blé dur, le traitement à floraison est indispensable pour assurer une bonne qualité technologique et sanitaire

Une attaque de Microdochium spp. sur blé dur est responsable de pertes de rendement, mais également, et surtout, de la dégradation de la qualité technologique des grains car le champignon est l’un des responsables de la formation de la moucheture.

Concernant le risque Fusarium graminearum, le blé dur y est plus sensible que le blé tendre et le risque d’accumulation de mycotoxines y est plus élevé.

En cas de risque de flore mixte, en plus des solutions efficaces sur les espèces Fusarium (tébuconazole, metconazole), la protection des parcelles doit également contenir des matières actives efficaces sur Microdochium spp. (prothioconazole). Pour la protection de l’épi, notre préférence va donc vers les solutions associant prothioconazole et tébuconazole de type Prosaro ou Kestrel. La dose est à adapter, allant de 0,6 l/ha en risque faible et avec une variété peu sensible, à 1 l/ha pour les situations les plus exposées. Ampera est également une bonne solution sur des flores mixtes, avec des doses allant de 1 à 1,5 l/ha.

Quel que soit le produit, l’efficacité maximale reste autour de 60 % à 70 % pour les meilleurs produits et est atteinte quand les conditions d’application sont optimales.

Comment positionner l’intervention ?

La première condition d’efficacité du traitement est son positionnement par rapport au stade de la parcelle : être au plus proche du début de la floraison, ce qui correspond à la sortie des premières étamines.

La sensibilité de positionnement est un peu différente selon la flore attendue :
- pour une cible Fusarium graminearum, le stade début floraison est primordial pour avoir une efficacité correcte de la protection appliquée.
- pour une cible Microdochium spp. le stade d’intervention est plus souple.
- en flore mixte comme c’est le cas cette année : se rapporter au positionnement Fusarium graminearum, soit début floraison.
- en cas de doute : une double application est possible pour encadrer la floraison (attention au respect de la réglementation).

Du point de vue de l’application, le volume d’eau doit être au minimum de 150 l/ha, quelles que soient les buses utilisées. Nos essais ont montré que le volume de bouillie est plus important que le choix des buses ou le recours à d’éventuels adjuvants.

Tableau 3 : Efficacité des produits sur les maladies d’épis et du feuillage du blé

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