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Granules d'azote au pied d'une plante de blé en Auvergne en mars 2020 Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Blés : prévoir un réajustement des doses d’azote pour le dernier apport

23 avril 2020

Depuis début mars environ, l’absence de pluie impacte dans certains secteurs la valorisation des apports d’azote positionnés à épi 1 cm du blé. Voici quelques propositions pour réajuster les doses préconisées par les outils de pilotage.

La valorisation de la majorité des apports effectués autour du stade épi 1 cm est incertaine et variable selon plusieurs facteurs : les dates d’apports, la pluviométrie rencontrée (ou la possibilité d’irriguer), le délai entre l’apport et les pluies (si elles ont eu lieu), le vent et la forme d'engrais utilisée.

Quelle valorisation des derniers apports ?

En cas d’absence de pluie suite à un apport azoté, les engrais restent en surface du sol (non dissolution des granulés pour les engrais solides) et sont soumis aux pertes par volatilisation ammoniacale. L’efficacité des engrais se dégrade, pouvant conduire à des stress azotés si les pluies ne reviennent pas assez tôt.

Il est aujourd’hui nécessaire de bien évaluer la part de l’apport début montaison (épi 1 cm) qui a pu être valorisée. Le seuil « critique » classiquement utilisé est le cumul de 15 mm de pluie pendant les 15 jours suivants (mais ce seuil est certainement variable selon le type de sol et la répartition des pluies).

La forme d'engrais utilisée est importante :
- La solution azotée est sensible aux phénomènes de volatilisation et d’organisation par la biomasse microbienne du sol en conditions difficiles. Sans précipitations après un apport, on peut supposer qu’une partie de l’azote est perdue et que, même avec un retour des pluies significatif, il ne faut pas compter sur une valorisation complète de cet apport, même tardivement. En cas de carence détectée aujourd’hui, la dose recommandée par l’outil de pilotage devra être appliquée dans sa totalité, sous réserve que le potentiel ne soit entamé.

- L’ammonitrate ou les urées additionnées d’inhibiteurs d’uréases sont les moins sensibles à la volatilisation. Il est envisageable qu’une partie de l’azote de l’apport épi 1 cm non valorisée aujourd’hui le soit plus tardivement avec un retour des pluies. Dans cette situation, un pilotage plus tardif peut être envisagé pour prendre en compte cette valorisation.

- L’urée présente un comportement intermédiaire entre les deux situations précédentes. Un diagnostic de la parcelle associé à un bilan de valorisation de l’apport épi 1 cm est nécessaire.

Retour sur le contexte météo depuis les apports à épi 1 cm

Les pluies de début mars ont souvent permis de bonnes valorisations pour les apports proches du stade épi 1 cm. Cependant, selon les secteurs et les pratiques, certains apports ont pu être mal valorisés.

Les récentes pluies du 16 au 18 avril ont été très irrégulières sur l’ensemble des régions Centre, avec une diagonale Nord-Est / Sud-Ouest très marquée (carte 1).

Carte 1 : Cumul de pluies du 16 au 18 avril

Quid de l’utilisation des outils de pilotage du dernier apport

La première condition pour une utilisation pertinente d’un outil de pilotage est que l’apport d’azote principal au stade épi 1 cm soit valorisé par la plante. Dans le cas contraire, l’outil va diagnostiquer une plante carencée mais on ne pourra pas définir une dose correctrice à apporter uniquement via l’outil de pilotage, puisque tout ou partie de cet apport est encore dans le sol, non valorisé par la plante.

Comment tenir compte de l’épisode de pluie du.16 au 18 avril dans les conseils actuels de pilotage ?

Pour les apports réalisés juste avant ou au cours de la période de pluies du 16 au 18 avril :
• Si un cumul d’au moins 10 mm a suivi l’apport, celui-ci sera valorisé rapidement
• Si l’apport a été suivi de 5 à 10 mm, on peut considérer que ce dernier a été mis dans la solution du sol mais que la valorisation n’est pas totale. Elle le sera lors des prochaines pluies. Les pertes par volatilisation seront modérées.
• S’il n’y a pas eu de pluie après l’apport, ou moins de 5 mm, l’apport n’est pas valorisé et le risque de volatilisation pourra être important, d’autant plus si la forme utilisée y est sensible (urée, solution) ou si le retour des pluies se fait attendre.

Pour les apports prévus après l’épisode de pluie :
→ S’il a plu significativement (au moins 10 mm), la végétation va retrouver rapidement un meilleur aspect et l’absorption d’azote (issue soit d’un apport précédent jusqu’ici mal valorisé, soit de la minéralisation) est relancée. Des diagnostics réalisés maintenant reflèteront correctement l’état de nutrition des parcelles. Un complément sera alors possible dès que le retour des pluies est annoncé sans ajustements du conseils.

→ S’il n’a pas plu, deux grandes situations se dessinent aujourd’hui :

• Les apports précédents (épi à 1 cm) ont été bien valorisés avec les pluies de début mars. Dans ce cas il y avait encore peu d’azote à valoriser et donc le diagnostic reste tout à fait représentatif de l’état de nutrition de votre parcelle. On peut diagnostiquer et appliquer le conseil.
• Les apports précédents (épi à 1 cm) ont été mal valorisés : apports réalisés après les dernières pluies de mars. Dans ce cas, une partie de l’azote apportée précédemment est encore potentiellement valorisable. Il est donc nécessaire de le prendre en compte dans l’ajustement du conseil reçu. Afin de corriger les doses de fin de cycle, nous proposons, en fonction des zones géographiques, des éléments correctifs (tableaux 1 à 6). Les valeurs indiquées sont des quantités d’azote à retirer des valeurs issues des outils de pilotages.

Téléchargez les tableaux 1 à 6 : Réajustement de la préconisation de l’outil de pilotage en fonction du dernier apport d’azote sur la parcelle - selon le secteur.

Autres facteurs pouvant influencer le diagnostic 

Dans la plaine, certains facteurs autres que l’azote peuvent impacter la qualité des indicateurs (biomasse et/ou chlorophylle) :
- les parcelles avec symptômes de jaunisse nanisante de l’orge ;
- les parcelles avec un enherbement important ;
- les symptômes physiologiques suite aux épisodes de gel et d’amplitudes thermiques fortes ;
- les zones ou des parcelles entières avec des problèmes de structures du sol, impactant fortement le développement du système racinaire ;
- les éventuelles phytotoxicités.

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