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Epis de blé décolorés, symptômes de la présence de fusarioses, en 2019 dans le Centre Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Blés en floraison : c’est le moment d’évaluer le risque fusarioses

23 mai 2019

Les blés durs et les blés tendres sont actuellement entre les stades épiaison et floraison pour les plus précoces (au sud de la région Centre). Les prévisions de pluie pendant cette période sont un des facteurs à prendre en compte pour évaluer le risque fusarioses.

Pour les parcelles les plus précoces ayant atteint le stade floraison, le risque climatique est aujourd’hui très faible ; combinée à une situation à faible risque agronomique et une protection septoriose en T2 positionnée à dernière feuille étalée, une intervention en T3 n’est pas justifiée.

Certaines parcelles arrivées aux stades épiaison/floraison n’ont encore pas reçu de protection fongicide. Dans ce cas, une protection à base de prothioconazole associée à du tébuconazole restera, en cas de risque, le meilleur compromis.

Pour les autres cas, voici les règles de décisions.

La floraison, stade critique pour la contamination des épis par la fusariose

Les attaques d’épis sont provoquées par un complexe de différentes espèces appartenant aux genres Fusarium et Microdochium. Le complexe rencontré dans notre région est principalement composé de Fusarium graminearum et Microdochium spp. Les températures supérieures à 20°C favorisent plutôt F. graminearum alors que les températures fraîches favorisent Microdochium spp.

F. graminearum est l’espèce la plus problématique vis-à-vis de la qualité en raison de sa production de mycotoxines dans les grains et particulièrement de déoxynivalénol (DON). Quant à Microdochium spp., il est souvent responsable de la moucheture sur blé dur.

Ne pas dépasser 1250 μg de DON par kg en blé tendre et 1750 en blé dur est obligatoire pour accéder au marché de l’alimentation humaine. L’accumulation de cette mycotoxine dans les grains de blé résulte d’une combinaison de plusieurs facteurs de risques aggravants :
- un climat propice au développement de la maladie, en particulier des pluies importantes pendant la floraison,
- la présence de résidus contaminés en surface lors de la floraison,
- et l’implantation d’une variété sensible.

Les maladies touchant les épis peuvent également avoir des impacts sur le rendement, avec parfois des dégâts très importants.

Une grille permet d’évaluer le risque agronomique d’accumulation de mycotoxines parcelle par parcelle.

Figure 1 : Résistance des variétés de blé tendre au risque DON* (Fusarium graminearum) - échelle 2018


Figure 2 : Grille d’évaluation du risque d’accumulation du déoxynivalénol (DON) blé tendre dans le grain de blé tendre et d’aide au traitement contre la fusariose sur épi (Fusarium graminearum)

La grille blé tendre estime le risque de 1 (risque DON le plus faible), à 7 (risque DON le plus fort). Une variété est dite sensible si sa note d’accumulation en DON est inférieure ou égale à 3.5 et elle est dite peu sensible si cette note est supérieure à 5,5.

* Pour limiter la présence de l’inoculum, il convient de réduire au maximum la présence de résidus lors de la floraison des blés. Pour cela, plusieurs possibilités : le labour permet un bon enfouissement des résidus mais d’autres techniques permettent un résultat proche du labour comme par exemple un broyage fin et une incorporation en surface des résidus rapidement après récolte.

T = parcelles conseillées au traitement.

Légende : Recommandations associées à chaque niveau de risque
1 et 2 : Le risque fusariose est minimum et présage d’une excellente qualité sanitaire du grain vis-à-vis de la teneur en DON. Pas de traitement spécifique vis-à-vis des fusarioses quelles que soient les conditions climatiques.
3 : Le risque peut être encore minimisé en choisissant une variété moins sensible. Traiter spécifiquement vis-à-vis des fusarioses en cas de climat humide (cumul de pluie > 40 mm pendant la période entourant la floraison).
4 et 5 : Il est préférable de réaliser un labour pour revenir à un niveau de risque inférieur. A défaut, effectuer un broyage le plus fin possible et une incorporation des résidus rapidement après la récolte. Pour ces deux niveaux de risque, envisager un traitement avec un triazole antifusarium efficace, sauf si le climat est très sec pendant la période de floraison (cumul de pluie < 10 mm pendant les 7 jours entourant la floraison).
6 et 7 : Modifier le système de culture pour revenir à un niveau de risque inférieur. Labourer ou réaliser un broyage le plus fin possible des résidus de culture, avec une incorporation rapidement après la récolte, sont les solutions techniques les plus efficaces et qui doivent être considérées avant toute autre solution. Choisir une variété peu sensible à la fusariose. Traiter systématiquement avec un triazole anti-fusarium efficace.

Cette année, c’est plutôt fusarium ou microdochium ?

Les conditions fraîches jusqu’à maintenant accompagnées d’humidité depuis l’épiaison ont pu favoriser Microdochium spp. Si cette espèce de champignons ne produit pas de DON, elle peut être responsables de pertes de rendement. En revanche, le réchauffement annoncé devrait être favorable à F. graminearum. Dans tous les cas, la distinction entre ces champignons aux champs est impossible et leurs présences souvent concomitantes.

Quelle stratégie fongicide à floraison pour préserver rendement et qualité sanitaire ?

Blé tendre : n’intervenir que si le risque est avéré

Les traitements fongicides sont loin d’être totalement efficaces. Les meilleures protections arrivent à 70 % d’efficacité. Quel que soit le produit, le positionnement du fongicide juste avant la contamination des épis par la fusariose, au début de la sortie des étamines, est à privilégier.

Prosaro/Kestrel, qui associent le prothioconazole et le tébuconazole, sont les références sur épis, efficaces sur Fusarium graminearum, Microdochium spp., septoriose et rouille brune.

Les produits à base de tébuconazole et prochloraze restent un bon compromis sous l’angle technico-économique en ayant une activité sur F. graminearum et Microdochium spp.

Attention, éviter l’azoxystrobine en T3, pour toutes les situations agronomiques où le risque fusariose est avéré et pour lesquelles l'objectif de qualité sanitaire est prioritaire. Préférer dans ce cas la fluoxastrobine présente dans Fandango S et la dimoxystrobine contenue dans  Swing Gold*.

Blé dur : adapter la dose au niveau de risque et à la variété

Le blé dur étant beaucoup plus sensible que le blé tendre, l’impasse n’est pas recommandée, surtout avec les risques d’orage ou d’averses à venir. On utilisera les produits les plus performants, Prosaro et  Kestrel, avec une dose allant de 0,6 l à 1 l selon le niveau de risque. Protégez mieux dans les situations irriguées. Le traitement début floraison est le plus efficace. En cas de risque persistant et d’une protection insuffisante, un complément une semaine plus tard est possible en changeant de produits et en étant attentif au délai avant récolte.

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