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Canon à eau dans une parcelle de blé pour irriguer les plantes en Occitanie en 2019 Messagerie Ouest Occitanie

Blés : adapter la période d’irrigation au type de sol et aux besoins

18 avril 2019

Malgré le retour des pluies, les réserves en eau restent au plus bas. Face à ce déficit hydrique, il est nécessaire de raisonner le déclenchement de l’irrigation dans une majorité des parcelles.

Les blés les plus précoces atteignent les stades critiques de besoins en eau : dernière feuille pointante / dernière feuille étalée voire gonflement.

Pour les agriculteurs qui peuvent irriguer les blés cette année, il faut se tenir prêt à déclencher les premiers apports. Les températures douces ainsi que l’absence de pluie de ces dernières semaines ont entraîné dans une majorité de parcelles des stress hydriques importants. Les pluies de ces derniers jours ne sont pas suffisantes pour reconstituer les réserves en eau du sol.

Irriguer les céréales est sécurisant pour le rendement et la qualité. Toutefois, il faut veiller au risque de verse notamment après l’épiaison, en raison de la retenue d’eau par les barbes des épis. L’intensité d’irrigation des canons enrouleur étant très élevée (10 à 20 mm/h), il est recommandé de réduire la dose d’irrigation à 20-30 mm plutôt que 35-40 mm pour éviter la verse. Il est également préconisé d’utiliser de petites buses pour réduire la taille des gouttes

La pluie tombée ces derniers temps ne compensera pas le manque d’eau

Les mois de février et de mars se caractérisent par une période de sécheresse importante. Début avril, les quelques pluies qui ont eu lieu ont permis de réaliser les apports d’azote (solde de l’apport épi 1 cm) et d’assurer leur valorisation.

Le cumul de pluie varie selon un gradient Est/Ouest : plus sec à l’Est du Gers avec un cumul d’environ 30 mm de pluie, et plus arrosé à l’Ouest (Tarn et le Lauragais) avec parfois plus de 60 mm de pluie (carte 1).

Carte 1 : Cumul de pluie (mm) du 1er au 14 avril 2019

Les sols les plus superficiels sont déjà exposés à un épuisement de leur réserve facilement utilisable ; dans les situations les moins pluvieuses, cet épuisement est survenu depuis près de 1 mois (figures 2 à 6). D’autant plus que les pluies annoncées cette semaine restent faibles.

L’effet du stress hydrique dépend du stade

Lorsque l’irrigation est nécessaire, elle permet un gain moyen de 2 à 2,5 q/ha par tranche de 10 mm apportés. La période d’irrigation et les règles de décision sont fonction du type de sol (et plus précisément sa réserve utile), de l’espèce considérée et de son stade. Ainsi, en cas de déficit hydrique sur blé tendre, l’irrigation est valorisée à partir du stade 2 nœuds en sols superficiels, mais seulement au stade 3 nœuds en sols profonds.

Avant ces stades, l’irrigation peut être réalisée uniquement pour valoriser un apport d’azote fait en période sèche. Cela a été le cas cette année.

Figure 1 : Période de sensibilité au manque d’eau des céréales à paille

Stades des blés et effet du stress hydrique
> Fin montaison à floraison
 : réduction du nombre de fleurs fertiles, altération de la fécondation, réduction de la taille des enveloppes, avortement des embryons
> Remplissage
 : altération de la vitesse et la durée de remplissage, sénescence précoce des feuilles.

Les stratégies d’irrigation recommandées

Dans les cas d’irrigation, les apports d’azote tardifs prévus pourront être déclenchés avant l’irrigation pour assurer leur bonne valorisation.

Sur sols superficiels (RU ≤ 70 mm)

Sur les bilans hydriques, la réserve de survie est vide pour les blés durs et les blés tendres sur les sols superficiels. Des pluies conséquentes ne sont pas prévues dans les prochains jours et, même dans le cas contraire, elles ne permettraient pas de combler la totalité du déficit hydrique, il est donc recommandé d’irriguer dès l’atteinte du stade 3 nœuds. En volume d’eau limité à 1 tour d’eau, l’atteinte du stade DFP sera le point de déclenchement de l’irrigation.

Figure 2 : Bilan hydrique pour la variété Bologna - Semis du 25 octobre, sol de boulbènes superficielles, Fleurance (32) – outil Irré-LIS®

Sur sols moyens (RU entre 80 et 110 mm)

Sur les bilans hydriques, la réserve de survie est atteinte pour les blés durs et les blés tendres sur les sols moyens. De plus, aucune pluie conséquente n’est annoncée prochainement.
Sur ces sols, un délai d’une semaine peut être pris avant de commencer l’irrigation.

Figure 3 : Bilan hydrique pour la variété Anvergur - Semis du 5 novembre, sol de terreforts moyens, station D’En Crambade (31) – outil Irré-LIS®

Sur sols profonds (RU ≥ 110 mm)

Sur les bilans hydriques, la réserve de survie est en cours d’atteinte pour les blés durs et les blés tendres sur les sols profonds à très profonds. Aucune pluie conséquente n’est annoncée prochainement. Sur ces sols, il n’est pas nécessaire d’irriguer avant au moins 10 jours.

Figure 4 : Bilan hydrique pour la variété Bologna - Semis du 26 octobre, sol de boulbènes profondes, station de Montans (81)– outil Irré-LIS®


Figure 5 : Bilan hydrique pour la variété Oregrain - Semis du 26 octobre, sol d’alluvions argilocalcaires profonds, station d’En Crambade (31)– outil Irré-LIS®

Quelques exceptions

Certains secteurs de la région, mieux arrosés que d’autre ne nécessitent pas d’apport d’eau, même sur sol superficiel. C’est notamment le cas de l’Ouest Gersois.

Figure 6 : Bilan hydrique pour la variété Oregrain - Semis du 26 octobre, sol limono-argileux caillouteux, station de Riscle (32)– outil Irré-LIS®


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