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Risque de piétin sur gaines et tiges Messagerie Hauts-de-France

Blé : un risque piétin-verse qui invite aux observations

02 avril 2020

Malgré des conditions climatiques très favorables au champignon, la situation agronomique des parcelles sera déterminante dans la décision d’intervenir contre le piétin-verse cette année.

Le risque climatique lié au piétin-verse est élevé cette année compte tenu des conditions douces et pluvieuses de l’automne et de l’hiver. Cependant, le risque global est largement déterminé par les critères agronomiques de la parcelle (potentiel infecteux, milieu physique, sensibilité variétale et date de semis).

L’utilisation de la grille agronomique permettra donc d’affiner le risque pour décider de l’intérêt réel d’une intervention, en complétant par des observations à la parcelle.

En cas d’attaque, la nuisibilité liée au piétin verse est relativement faible avec seulement 3 à 4 q/ha de perte de rendement en absence de verse. Attention donc à la rentabilité d’un traitement (parfois onéreux) qui ne sera pas systématique.

Rappelons également que le meilleur moyen de lutte contre le piétin verse est le choix variétal : les variétés peu sensibles à cette maladie (notée 5 et plus) ne nécessiteront aucune intervention.

Au sommaire : Un risque climatique élevé en 2020
Utiliser la grille de risque pour évaluer le risque à la parcelle
Comment interpréter les résultats de la grille ?
La résistance variétale : un levier majeur !
Comment reconnaître les symptômes de piétin-verse ?
Traiter uniquement en cas de risque très élevé

Un risque climatique élevé en 2020

L’indice climatique TOP est élevé cette année, proche, voire supérieur à l’année de référence haute 2001, ce qui est logique compte tenu des cumuls de pluie et de températures élevés depuis le semis (figure 1).

• Avec un indice TOP supérieur à 45, le risque est élevé pour les semis précoces (du 1er octobre) et intermédiaires (du 20 octobre)
• Avec un indice TOP entre 30 et 45, le risque est moyen pour les semis tardifs (du 15 novembre)

Figure 1 : Indice TOP pour différentes situations dans les Hauts-de-France

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Utiliser la grille de risque pour évaluer le risque à la parcelle

La grille de risque prend en compte l’effet climatique élevé de cette année mais également l’effet variétal, le potentiel infectieux et le type de sol. La rotation des pailles est un élement important : les successions de blé sur blé, ou les rotations avec présence de blé tous les deux ans, favorisent la maladie qui se maintient d’une saison à l’autre sur les résidus de culture.

Il faut donc qu’il y ait eu une attaque conséquente les dernières années pour qu’un minimum d’inoculum soit présent dans la parcelle et contamine ensuite les tiges durant l’hiver et le printemps. Or, les dernières années ont généralement été peu favorables au piétin-verse, laissant finalement très peu d’inoculum dans les parcelles. Il faut donc relativiser les risques agronomiques et climatiques parfois élevés annoncés par les outils.

Figure 2 : Grille d'évaluation du risque piétin-verse sur blé tendre

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Comment interpréter les résultats de la grille ?

- Si la note est inférieure ou égale à 5, alors le risque est faible et aucune intervention n’est requise, même dans le contexte climatique de cette année.

- Si la note obtenue dépasse la note de 9, alors le risque est fort et un traitement est conseillé (surtout si une attaque de piétin-verse a déjà été observée par le passée). Le risque peut être confirmé par une observation en parcelle.

- Si la parcelle se situe en risque moyen (note entre 6 et 8), il sera nécessaire de réaliser une observation à la parcelle en prélevant 50 tiges à partir de « épi 1 cm ». Si plus de 35 % de tiges sont atteintes, une intervention est recommandée entre les stades « épi 1 cm » et « 2 nœuds ».

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La résistance variétale : un levier majeur !

Pour les variétés notées 5 et plus vis-à-vis du piétin-verse, le risque est nul est aucun traitement spécifique n’est nécessaire.

Dans la région, un grand nombre de variétés sont peu sensibles (LG absalon, Fluor, Boregar…).

Attention toutefois à certaines variétés plus sensibles (Bergamo, RGT Sacramento, Rubisko…).

Figure 3 : Sensibilité des variétés de blé tendre au piétin-verse (cotation CTPS et ARVALIS - mise à jour janvier 2020)

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Comment reconnaître les symptômes de piétin verse ?

L’année étant particulièrement précoce, en cas d’attaque de piétin-verse, les symptômes seront facilement visibles, ce qui facilitera le diagnostic dès le stade épi 1 cm (contrairement à certaines années).

Pour rappel, les symptômes peuvent s’observer dès le début de la montaison. Sur gaine, la maladie se manifeste par une tache ocelée (elliptique), bordée par un liseré brun diffus. Après avoir soulevé successivement les gaines, un ou plusieurs points noirs sur la tige correspondent à des amas mycéliens (stromas). Sur la tige, une seule tache, plus rarement deux, s’observe. La limite de la tache est peu délimitée, diffuse et se situe en général sous le premier nœud. En frottant avec un doigt humide, le stroma noir ne s’enlève pas. Aucun symptôme sur racine ne s’observe.


Le piétin-verse présente une tache ocellée elliptique, sous le 1er noeud, avec présence de stroma.

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Traiter uniquement en cas de risque très élevé

Le seuil de 35 % de section nécrosée en fin de cycle est le seuil de maladie nécessaire pour rentabiliser une intervention dédiée à la lutte contre le piétin-verse.

Depuis plusieurs années, on observe une érosion progressive des efficacités des différentes spécialités du marché (30 à 45 % d’efficacité). Attention donc à la rentabilité des traitements.

Les matières actives utilisables sont d’abord la métrafénone et le cyprodinil et, dans une moindre mesure, le prothioconazole. Les bases Unix Max 2,5 l/ha ou Flexity 0,5 l/ha associées assurent une efficacité modeste sur piétin-verse. Le prochloraze, longtemps utilisé en T1, ne présente plus d’activité sur ce champignon qui lui est devenu résistant. Le traitement doit être positionné entre épi 1 cm et 1 nœud pour être le plus efficace.

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Covid-19 : les équipes d’ARVALIS restent mobilisées et connectées
L’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

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