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épis de blé tendre à maturité en 2019 en Champagne-Ardenne Messagerie Champagne-Ardenne

Blé tendre : une campagne 2018/2019 sur le fil, qui se termine bien

14 août 2019

La campagne 2019 démarrait plutôt mal pour les blés, avec une sécheresse record à l’automne. L’hiver doux et sans à-coups permet de revenir dans le jeu, suivi d’un printemps automnal ayant pu faire craindre pour la fertilité. Enfin, le coup de chaud de fin juin a donné des sueurs froides aux agriculteurs. Au final, les rendements sont corrects à bons, avec une belle qualité (humidité, poids spécifique, teneur en protéines). Décryptage de la campagne.

Un automne très sec : des conséquences sur le tallage

Les semis de blé ont été réalisés à des dates classiques, durant une période sans pluies. Ces conditions de semis se sont soldées par un retard à la levée d’environ 15 jours/3 semaines. Le retour des pluies fin octobre-début novembre et un hiver « poussant » n’ont pas permis de gommer totalement les hétérogénéités de stades et de hauteur. Cet automne sec, suivi d’un hiver guère plus humide (Figure n°1), a eu pour conséquences un remplissage partiel des Réserves Utiles, un faible lessivage de l’azote et des Reliquats Sortie Hiver plus élevés que la moyenne (+20 kgN/ha en moyenne). Les mesures dans les essais ARVALIS font état d’un tallage moyen, non limitant pour le rendement (Figure n°2).

Figure n°1 : carte de pluviométrie cumulée sur la période automne-hiver

Figure n°2 : état du tallage 2019 (points rouges) en comparaison à l’historique (points jaunes)


La sécheresse de l’automne a également été impactante côté désherbage : pas de faux-semis possible (et donc pas de déstockage des graines d’adventices), repousses de blé dans l’orge d’hiver, efficacité des applications de prélevée parfois mises en défaut.

Un printemps automnal amenant des densités épis élevées et une fertilité moyenne

Le mois de février estival a accéléré le développement phénologique des blés, amenant le stade épi1 cm au 28 mars en moyenne, soit une avance de 5 jours. Selon leur positionnement, les apports d’azote ont été plus ou moins bien valorisés (météo plus sèche en avril : deuxièmes apports épi 1 cm tardifs, troisièmes apports précoces à 1-2 Nœuds). Viennent ensuite des conditions climatiques fraîches et humides, surtout fin avril et mai, qui ralentissent la montaison : cette phase se déroule en 58 jours pour les blés, ce qui est favorable à la montée à épi. Au final, les densités épis sont supérieures à la moyenne pluriannuelle (+19% en craie) (Figure n°3).

Figure n°3 : état des densités épis 2019 (points rouges) en comparaison à l’historique (points jaunes)


Quelques à-coups climatiques ont pu entacher le bon développement des blés :

- Un épisode de froid vers la mi-avril a fait descendre les températures en dessous de -4°C/-6°C dans la plupart de la région, avec des valeurs minimum autour de -9°C. Ce type d’à-coup ne favorise pas la fertilité des épis.

- La méiose pollinique est une période particulièrement sensible aux stress climatiques (températures fraîches, rayonnement, excès d’eau) car elle requiert beaucoup d’énergie sur une courte période (48 à 72h à l’échelle d’une parcelle – accidents non généralisables à toute la plaine). Le coup de froid de début mai [seuil d’alerte +4°C] a pu pénaliser la méiose des parcelles précoces de blé. L’épisode de fortes pluies associées à un très faible rayonnement sur la période du 8-11 mai est intervenu au stade DFP-DFE, voire méiose, pour une bonne partie des blés. Ces phénomènes climatiques peuvent expliquer les fertilités décevantes ou des épillets « qui bâillent ».

Figure 4 : carte de pluviométrie cumulée du 8 mai au 11 mai 2019



- Le mois de mai a été marqué par des disparités dans les pluies : la Marne et une partie de la Haute-Marne ont pu bénéficier de pluies importantes et limiter le stress hydrique pour les sols les plus superficiels. Les départements de l’Aube et des Ardennes sont moins avantagés.

La montaison s’est donc opérée dans une première phase douce et lumineuse, puis une seconde fraîche et peu lumineuse (mai). Au global, les rapports Rayonnement/Températures, pour répondre aux besoins de la plante en croissance, sont dans la moyenne.

Le nombre de grains par épi est inférieur à la moyenne (-5% par rapport au pluriannuel) avec 34 grains par épi en moyenne (Figures n°5a et 5b), en lien avec le nombre d’épis élevés à remplir. Au final, le nombre de grains/m² est élevé, compris entre 20000 et 25000 grains/m² (+13% par rapport au pluriannuel), grâce à la densité épi élevée (Figure n°6). Les outils de pilotage de l’azote ont capté ce potentiel, beaucoup de conseils ont recommandé un complément à fin montaison (rendement et complément protéines).

Figures 5a et 5b : état de la fertilité [nombre de grains par épi et nombre de grains par m²) 2019 (points rouges) en comparaison à l’historique (points jaunes). Sources ARVALIS Institut du Végétal

Une phase de remplissage « caliente »

La première partie de la phase de remplissage s’est déroulée dans des conditions défavorables (températures fraîches et un rayonnement médiocre), suivie d’une semaine plus favorable avec un excellent rayonnement. Les blés sont donc sur une trajectoire correcte.

La canicule s’est invitée durant la deuxième phase de remplissage, entre la période grain laiteux-grain pâteux pour une grande majorité des parcelles : 7 jours consécutifs avec des températures maximales dépassant allègrement les 35°C. Plus la parcelle était tardive (proche de grain laiteux), plus l’impact a été fort. A l’inverse, les parcelles précoces proches du stade grain pâteux ont moins perdu. Les essais ARVALIS au sein desquels est suivi le remplissage montrent une perte de rendement comprise entre 0 et 15 q/ha selon la précocité de la parcelle et de la variété.

La troisième et dernière phase du remplissage s’est déroulée sous des conditions chaudes et très lumineuses (Figure n°6). Cette phase de remplissage se conclut par des poids de mille grains (PMG) si situant dans la moyenne (-2% par rapport au pluriannuel). Par ailleurs, les conditions chaudes ont favorisé les transferts d’azote vers les grains [optimum de transfert vers 25-35°C].

Figure n°6 : Températures maximales et rayonnement durant le remplissage des blés

Au final, la campagne se termine sur une bonne note, avec une collecte associant des rendements bons voire très bons dans certains secteurs et des teneurs en protéines centrées autour de 11.5% (Figure n°7). Des rendements plus décevants s’expliquent principalement par des problèmes de fertilité (à-coup climatiques du mois de mai).

Figure n°7 : Rendements croisés avec les teneurs en protéines. Source : essais Arvalis-Institut du Végétal

Une pression parasitaire faible à modérée

L’automne-hiver sec n’a pas été favorable au maintien des inoculum durant cette période. Le mois de mars a certes pu les réactiver, mais le début de montaison sec a freiné leur développement (impasse possible du traitement à 1-2 Nœuds). Les pluies du mois de mai ont été favorables aux contaminations de septoriose, d’autant plus au moment de la sortie de la Dernière Feuille (5-15 mai). Enfin, l’ouest de la région a été fortement arrosé sur la période 24/5 – 07/06 (figure 8), au stade épiaison-floraison des blés.

A noter également la présence d’oïdium en milieu de cycle, parfois même sur des variétés dites résistantes.

Figure 8 : carte de pluviométrie cumulée du 24 mai au 7 juin 2019


Le développement des maladies a ensuite été bloqué par le coup de chaud en fin de cycle, amenant à des nuisibilités faibles à modérées.

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