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Symptômes de septoriose sur blé tendre à floraison avant traitement, en 2019, en Champagne-Ardenne Messagerie Champagne-Ardenne

Blé tendre : un traitement à floraison pour assurer la moisson

29 mai 2019

La plaine est globalement saine à l’heure actuelle : seulement quelques symptômes discrets de septoriose en bas des plantes peuvent être visibles. Après les interventions souvent uniques à DFE, faut-il abandonner pour autant l’intervention à floraison ?

La pluie et les températures sont prépondérantes dans l’expression des maladies en fin de cycle.

Pour la septoriose, la pluie intervient dans la dissémination par effet « splashing » et dans la germination/pénétration du champignon. Les températures vont, quant à elles, agir principalement sur la durée d’incubation de la maladie. En règle générale, entre le moment où la spore contamine le tissu végétal et la sortie des symptômes, il se passe environ 2 à 3 semaines en mars-avril, et 10 jours en juin, quand les températures augmentent.

Autrement dit, on peut avoir le sentiment que les plantes sont saines, alors que la maladie est simplement en train d’incuber.

Cette année, la pluie a été fréquente et intense sur les mois d’avril et mai (figure 1), et plus particulièrement sur la première décade de mai (entre 50 et 70 mm selon les stations météo) et a engendré beaucoup de contaminations au stade DFP-DFE (figure 2). En conséquence, les symptômes devraient être visibles prochainement.

Figure 1 : Pluviométrie cumulée sur la période avril-mai 2019


Figure 2 : Pluviométrie journalière et positionnement des stades DFP-DFE des blés et des contaminations en septoriose – Station météo Fagnières [51]

A retenir : absence de symptômes ne veut pas dire absence de maladie.

Pour la fusariose des épis, c’est la pluie autour de la floraison (+/- 7 jours) qui reste le facteur de risque principal, avec le potentiel infectieux sur la parcelle (précédent et gestion des résidus, travail du sol) et la sensibilité variétale. La grille de risque DON (figure 3) permet d’évaluer le risque sur la parcelle en fonction de la pluviométrie, du précédent, du travail du sol et de la sensibilité variétale.

Figure 3 : Grille d’évaluation du risque DON – Blé tendre d’hiver

En précédent colza, la protection contre la fusariose est recommandée sur variétés sensibles lorsqu’un cumul de pluies de 40 mm est atteint autour de la floraison (+/- 7 jours). Ce seuil est le même en précédent betteraves et pomme de terre pour des implantations de blés en labour.

Pour des implantations en Non Labour/SD en précédent betteraves ou pomme de terre, la protection contre la fusariose des épis est recommandée dès 10 mm de pluies autour de la floraison (+/- 7 jours).

A quelle nuisibilité peut-on s’attendre cette année ?

La figure 4 croise le cumul de pluies [mm] entre le 01/04 et le 30/6 (prévisions pour la période 30/5 – 30/6 pour l’année 2o19) et la nuisibilité des maladies dans les essais ARVALIS [51], de 2009 à 2018. Plus le cumul de pluies est important, plus la nuisibilité est élevée.

Figure 4 : Nuisibilité maladie selon le cumul de pluies sur la période avril-mai-juin en Champagne de 2009 à 2018

Cette corrélation peut indiquer une tendance pour la campagne 2018-2019 : l’analyse statistique de la pluviométrie passée et à venir (basée sur la pluviométrie moyenne du mois de juin sur les 10 dernières années) place l’année 2019 comme étant une année à pression maladies moyenne, de l’ordre de 15 q/ha de nuisibilité (figure 4).

Cette nuisibilité peut bien évidemment varier d’une parcelle à l’autre (sensibilité variétale, date de semis, localisation) et selon la pluviométrie réelle du mois de juin.

A retenir : les prévisions font état d’une pression maladie 2019 de l’ordre de 11 à 17 q/ha, liée au développement des maladies sur la fin de cycle.

L’intérêt traitement à floraison

Le traitement pivot contre la septoriose se situe à dernière feuille. Néanmoins, le traitement à floraison permet de lever une nuisibilité supplémentaire [et d’assurer le respect des normes DON en cas d’attaque de fusarioses] : sur 6 années d’essais ARVALIS [51], le poids moyen du T3 à floraison était de l’ordre de 5 q/ha, sur des variétés telles que Trapez (sensible septoriose), Bergamo, Triomph (moyennement sensibles septoriose), Fructidor (peu sensible septoriose).

Depuis 2016, le développement des variétés tolérantes à la septoriose tend à se généraliser : environ 75 % de la sole aujourd’hui. Mais tolérance à la septoriose ne signifie pas que la nuisibilité de cette maladie est nulle. Hors année très sèche tout au long du printemps, comme en 2o11, cette nuisibilité est de l’ordre de 8 à 12 q/ha en moyenne, voire un peu plus si pluies printanières fréquentes.

Le poids du T3 dépend fortement de la dynamique des pluies sur la période avril-mai-juin (figure 5) : la campagne 2018-2019 se situe dans une frange intermédiaire entre la récolte 2013 (poids du T3 = 7 q/ha) et la récolte 2018 (poids du T3 = 4 q/ha, hors rouille brune).

Figure 5 : Nuisibilité maladie et poids du traitement à floraison selon la dynamique des pluies sur la période avril-mai-juin en Champagne de 2009 à 2018

Un traitement à floraison est pertinent, pour lutter à la fois contre la septoriose et la fusariose des épis. Selon les matières actives appliquées au(x) premier(s) traitement(s) [respect de l’alternance des matières actives], on pourra choisir le tébuconazole associé au prothioconazole (Prosaro, Kestrel) ou au prochloraze (Epopée, Ampera), ou bien encore la dimoxystrobine associée au metconazole + époxiconazole (Swing Gold + Caramba Star).

En cas de risque élevé de fusariose des épis [cf. Grille de risque DON], la dose du T3 pourra être augmentée : Prosaro 0,8 l/ha par exemple.

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