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Traitement anti-piétin Messagerie Champagne-Ardenne

Blé tendre : un risque piétin-verse à relativiser

19 mars 2020

Même si les conditions douces et humides de ces derniers mois sont favorables au piétin-verse, le risque est à relativiser selon le contexte agronomique de la parcelle (variétés, dates de semis, travail du sol, présence d’inoculum sur les pailles du précédent…). Voici quelques éléments pour une prise de décision rationnelle.

Une grille de risque pour orienter les observations au champ

La grille de risque piétin-verse permet de déterminer le risque sur chacune des parcelles de blé. Elle prend en compte quatre paramètres :
- la sensibilité variétale,
- le potentiel infectieux de la parcelle, déterminé par la fréquence de retour du blé dans la rotation et le travail du sol (le labour favorisant les remontées de résidus de culture en surface),
- le type de sol
- et le risque climatique.

Le score final positionne ensuite la parcelle en risque faible (aucune intervention), moyen ou fort. Dans ces deux derniers cas, l’observation est obligatoire avant toute intervention !

Figure 1 : Grille de risque piétin-verse sur blé

Astuce : servez-vous de l’estimation du risque parcellaire pour observer prioritairement les parcelles les plus à risque. S’il n’y a pas de piétin verse sur celles-ci, il est peu probable que les parcelles moins à risque soient touchées. Il y a une bonne corrélation entre les différents niveaux de risque et la pression observée dans les parcelles.

Un risque climatique caractérisé par le modèle TOP

Le modèle TOP calcule un indice de risque climatique au niveau régional sur blé tendre en sortie d’hiver. Les données d’entrée sont la pluie et les températures journalières à partir de la date de semis. Une pluviométrie élevée et des températures douces durant cette période sont favorables au développement du piétin-verse, à condition que l’inoculum soit présent.

Les semis précoces sont davantage associés à un risque climatique élevé que les semis tardifs car soumis à des contaminations précoces (si l’inoculum est présent), qui laissent plus de temps au champignon pour progresser à travers les différentes gaines en direction du cœur des tiges.

A noter que le risque climatique ne prend pas en compte la sensibilité variétale.

Tableau 1 : Quelques simulations de l’indice de risque climatique TOP pour plusieurs stations météo de Champagne


Figure 2 : Indice de risque climatique calculé par le modèle TOP pour un semis au 1er octobre (à gauche) et au 1er novembre (à droite) – Station météo de Fagnières (51)

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Le risque climatique donne accès à une « note climat » à reporter dans la grille de risque globale ci-dessus.

Relativiser le risque de l’année : inoculum de moins en moins fréquent

Le piétin-verse est une maladie inféodée à la parcelle qui touche uniquement les bas de tiges. L’inoculum se maintient d’une année à l’autre sur les chaumes, les repousses de céréales, ou les graminées adventices contaminées. Il faut donc qu’il y ait eu une attaque conséquente les dernières années pour qu’un minimum d’inoculum soit présent dans la parcelle et contamine ensuite les tiges durant l’hiver et le printemps.

Or, depuis 10 ans dans la région, peu de symptômes ont été observés, même les années où les risques étaient a priori forts (climat favorable, risque agronomique élevé...). L’inoculum est donc « naturellement » plutôt faible, et doit conduire à relativiser les risques agronomiques et climatiques parfois élevés annoncés par les outils.

Le risque a priori calculé via la grille et le modèle mérite donc d’être confirmé par l’observation des parcelles.

La meilleure parade : la résistance variétale

La résistance variétale est le moyen de lutte le plus efficace contre le piétin-verse. Si la note GEVES est supérieure ou égale à 5, aucun traitement anti-piétin n’est nécessaire. Dans notre région, 20 % des parcelles sont implantées avec ce type de variétés et ne nécessitent aucune intervention. Pour les autres variétés, l’observation est donc indispensable en situation à risque, afin de ne pas déclencher un traitement inutile et coûteux.

Tableau 2 : Classement des variétés de blé tendre selon leur sensibilité au piétin-verse

Protection phytosanitaire : un retour sur investissement uniquement quand la pression est très élevée

La nuisibilité moyenne du piétin-verse ces dernières années est de l’ordre de 3-4 q/ha. On observe une érosion progressive des efficacités des différentes spécialités du marché (30 à 45 % d’efficacité maximum) et une généralisation de populations résistantes aux benzimidazoles et au prochloraze. De fait, il est important de raisonner les interventions phytosanitaires afin de ne pas déclencher d’intervention peu rentable.

Ainsi, en considérant un investissement anti-piétin de 30 €/ha, pour une efficacité de 30 % (efficacité moyenne dans les essais) et un prix du blé à 15 €/q, un traitement est rentable si la nuisibilité liée au piétin-verse est d’au moins 10 q/ha.

D’où l’intérêt d’utiliser la grille de risque pour définir les parcelles les plus à risque, et de faire une observation précise avant toute intervention.

Quelques rappels pratiques pour des observations réussies

Prélever pour décider

pour réaliser un diagnostic, il faut prélever 20 tiges issues de 10 points de prélèvements en parcourant en diagonal la parcelle. Si besoin, laver la base des tiges. Observer les symptômes et compter le pourcentage de tiges atteintes par le piétin-verse au stade 1 nœud :
• si moins de 10 % de tiges sont atteintes : la nuisibilité est nulle, aucun traitement n’est recommandé.
• si plus de 35 % de tiges sont atteintes : la nuisibilité est certaine et le traitement rentable.
• entre ces deux bornes, la nuisibilité est variable et la rentabilité de l’intervention aléatoire.

Les essais montrent que « 10 % de tiges touchées à 1 nœud » peut engendrer un impact d’1 q/ha.

Des éléments-clés pour la reconnaissance du piétin verse au champ

Les symptômes de piétin-verse forment des tache ocellée en bas de tige, majoritairement sous le 1er nœud, avec des contours mal délimités. Le centre des taches est clair avec des points noirs qui correspondent aux amas mycéliens. Ces taches progressent de la gaine vers la tige.

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