En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Symptômes de piétin verse sur blé tendre barbu en Centre en 2020 Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Blé tendre : un risque piétin verse moyen à élevé dans la majorité des secteurs

05 mars 2020

Le piétin verse a pu profiter de conditions climatiques favorables pour se propager sur le blé tendre. Une évaluation du risque est à prévoir à la parcelle, afin de mettre en place une stratégie efficace : surveillance de l’apparition des symptômes, et si besoin, déclenchement d’une intervention.

Les importants cumuls de précipitations durant l’automne et l’hiver ont été favorables aux contaminations des tiges de blé tendre par le piétin verse. Ces cumuls, additionnés à une douceur qui perdure, profitent au développement du champignon. Mais le risque climatique n’est pas le seul à prendre en compte pour réaliser un bon diagnostic : une évaluation agronomique de la situation est tout aussi indispensable ; certaines pratiques culturales peuvent être suffisamment efficaces pour atténuer le risque de cette maladie.

Que faut-il savoir sur le piétin verse ?

Le piétin verse est une maladie inféodée à la parcelle qui touche uniquement les bas de tiges. Les successions de blé sur blé favorisent la maladie qui se maintient d’une saison à l’autre sur les chaumes, les repousses de céréales, ou les graminées adventices contaminées. Si les conditions sont favorables, la sporulation se produit tout au long de l’automne et de l’hiver. Les spores sont alors véhiculées par la pluie sur de courtes distances. L’infection survient dès que les températures dépassent les 5°C et que l’humidité relative est supérieure à 85 % durant au moins 15 h. Le champignon traverse les gaines au cours de l’hiver et le début du printemps, avant de progresser dans la tige durant la montaison. Cette maladie, largement déterminée par l’histoire agronomique de la parcelle (présence récurrente, date de semis précoce, variété sensible…), cause généralement peu de dégâts, surtout si les conditions de remplissage sont favorables. Mais les attaques précoces peuvent fragiliser la tige et entraîner une verse parasitaire précoce, qui complique la récolte et provoque des pertes de rendement parfois importantes et souvent associées à une dégradation de la qualité.

Pour en savoir plus, consultez la fiche piétin verse.

Le rôle important des variétés résistantes

Contre le piétin verse, la résistance variétale est incontournable ! En plus d’être le plus efficace, c’est le moyen de lutte le plus économique à potentiel de rendement équivalent. Si la note CTPS est supérieure ou égale à 5, aucun traitement anti-piétin n’est nécessaire.

Figure 1 : Echelle de résistance des variétés de blé tendre au piétin verse 2019/2020

Source : ARVALIS – Institut du végétal

Pour les autres variétés : une grille pour évaluer le risque parcellaire

Le risque d’attaque par le piétin verse est fonction du niveau de tolérance de la variété, du potentiel infectieux selon le précédent et le travail du sol, du type de sol. Le climat est également un facteur de risque déterminant. Ce dernier est estimé au stade épi 1 cm grâce au modèle TOP. Tous ces paramètres sont pris en compte dans la grille d'évaluation ARVALIS.

Figure 2 : Grille d'évaluation du risque piétin verse sur blé tendre

Source : ARVALIS - Institut du végétal

En cas de risque moyen (d’après la grille), les parcelles doivent faire l’objet d’observations régulières entre le stade épi 1 cm et 2 nœuds.

Que dit le modèle TOP dans la région ?

Le modèle TOP calcule un indice de risque climatique au niveau régional sur blé tendre en sortie d'hiver. Les données d’entrée sont la pluie et les températures journalières à partir de la date de semis. Quelle que soit l’année, les semis les plus précoces sont souvent plus vulnérables à des attaques de piétin verse. Pour une même zone géographique, la valeur de l’indice TOP pour ces situations est donc régulièrement plus élevée que celle des semis plus tardifs. Au regard du tableau 1, la campagne 2020 ne fait pas exception.

Tableau 1 : Valeurs de l’indice TOP (risque climatique) en fonction de la date de semis

Globalement cette année, le risque climatique est élevé pour les semis précoces et moyen pour les semis tardifs. Une exception toutefois : le Puy-de-Dôme est soumis à un risque plus faible.

Suivez l’évolution de ces indices dans les Bulletins de Santé du Végétal.

L’observation : une aide efficace en cas de risque global moyen

Lorsque le risque est moyen, c’est l’apparition de symptômes sur les tiges entre épi 1 cm et 1 nœud qui va dicter le besoin de protéger la parcelle ou non. Ils sont caractérisés par la présence de taches ocellées (elliptique) sur les gaines, alors bordées par un liseré brun diffus (photos 1 et 2). Après avoir soulevé successivement les gaines, on peut observer un ou plusieurs points noirs sur la tige correspondant à des amas mycéliens (stromas).

La sortie d’hiver 2020 est très précoce en terme d’arrivée du stade épi 1 cm. Si les premiers symptômes sont souvent visibles dès ce stade, il est tout de même possible de ne les voir apparaître que plus tardivement. Si le début de montaison est ralenti par une éventuelle baisse des températures, la phase d’observation jusqu’à 1 nœud sera plus longue et il pourrait être judicieux dans ce cas de renouveler les observations autour de 1 nœud.



Astuce : pour s’assurer que les symptômes correspondent à du piétin verse, il faut passer un doigt humide sur les taches (photos 3 et 4) > si le stroma ne s’efface pas, il s’agit bien de piétin verse.



Le piétin verse peut s’extérioriser jusqu’à la fin de la montaison. Cependant, un traitement spécifique ne se montre efficace que lorsqu’il est réalisé entre épi 1 cm et 1 nœud. C’est la raison pour laquelle il est recommandé d’observer cette maladie à cette période, sur au moins 40 tiges (maîtres-brins) prélevées dans l’ensemble de la parcelle.

De l’observation à la décision d’intervention

Suite aux observations à épi 1 cm :
• Si moins de 10 % des tiges sont atteintes (< 4 tiges/40), renouveler l’observation à 1 nœud. Si le résultat est toujours inférieur à 10 % de tiges atteintes, pas d’intervention à prévoir
• Entre 10 et 35 % de tiges atteintes : la rentabilité du traitement est incertaine. Un traitement peut s’avérer utile mais sa rentabilité sera fonction du climat postérieur au traitement, de la nuisibilité finale de la maladie et du prix des produits employés. Il est possible de renouveler l’observation à 1 nœud avant de décider d’intervenir pour voir si la situation a évolué.
• Si 35 %, ou plus, des tiges sont atteintes (> ou = 14 tiges/40), un traitement contre le piétin verse s’impose. A réaliser rapidement, de préférence entre épi 1 cm et 1 nœud.

Figure 3 : Compléments fongicides proposés pour adapter son programme septoriose en cas de piétin verse

(1) Solution à éviter si une spécialité à base de prothioconazole est déjà incluse dans le programme prévu.
Eviter d'intervenir 2 fois par campagne avec les mêmes matières actives ou spécialités. Les prix sont donnés à titre indicatif

Retrouvez toutes nos préconisations dans notre guide Choisir & Décider régional

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10