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Récolte du blé tendre en 2019 en Pays de la Loire Messagerie Pays de la Loire

Blé tendre : quelques explications sur les teneurs en protéines 2019

25 juillet 2019

Bons rendements, bons poids spécifiques, mais teneurs en protéines parfois insatisfaisantes... la récolte 2019 de blé tendre n’est pas toujours à la hauteur des attentes sur ce dernier paramètre. En cause notamment : les conditions climatiques à certains stades et un effet dilution de l’azote.

Une production très souvent supérieure au potentiel attendu

Les rendements dépassent souvent le potentiel visé en début de campagne. Dans de nombreuses parcelles, les quantités d’azote apportées ont pu être limitantes au regard des conditions favorables au développement des céréales. A la fin de la montaison, le potentiel installé était important avec des biomasses produites à floraison élevées malgré un nombre d’épis modéré (régressions de talles suite à la sécheresse de mars-avril). Le recours aux outils de pilotage de la fertilisation azotée, notamment ceux qui intègrent l’indicateur de la biomasse produite comme Farmstar®, a permis de réajuster les apports en conséquence.

Toutefois, dans les parcelles où la quantité apportée en début de montaison était trop limitante, les outils de pilotage n’ont pu que compenser partiellement le manque d’azote. On a noté également une réticence de certains à suivre les préconisations données par l’outil quand celui-ci était jugé trop élevé.

Au final, avec une excellente fertilité des épis et un bon remplissage des grains, on fait le constat d’un défaut d’absorption d’azote avec un effet dilution par le rendement, l’azote disponible ayant contribué prioritairement au rendement dans les conditions favorables au remplissage des grains en juin.

Une montaison favorable à la photosynthèse plus qu’au métabolisme de l’azote

Selon les constats, en fin de montaison, les biomasses mises en place sont supérieures à la moyenne pluriannuelle mais que les quantités d’azote absorbées par les céréales restent modérées y compris dans des parcelles correctement alimentées en azote. Même si la valorisation des apports d’engrais azoté de début montaison s’est parfois fait attendre (apports réalisés début avril dans le sec), les pluies de fin avril ont permis finalement une assimilation satisfaisante de l’azote apporté, donc, dans la majorité des parcelles, on ne peut invoquer un défaut de valorisation de l’engrais par manque de pluie au printemps.

Figure 1 : Pluies journalières, La Jaillière (44) en 2019

Pluies journalières régulièrement réparties permettant une bonne alimentation azotée au cours de la montaison mais avec des valorisations potentielles variables selon le positionnement des apports par rapport à la pluie. 

Sur des parcelles fertilisées à l’optimum, avec des apports d’azote pilotés et bien positionnés en fonction de la pluie, on observe malgré tout une absorption modérée à floraison.

Figure 2 : Azote absorbé en fonction de la biomasse à floraison – 2004 à 2019 – ARVALIS La Jaillère (44)

À floraison, des biomasses élevées et des quantités d’azote absorbé modérées.

Ce défaut d’azote dans les plantes à floraison, s’il n’est pas dû à un manque ou à une mauvaise valorisation de l’azote, peut s’expliquer aussi par le déséquilibre entre le rayonnement et la température durant la montaison. En effet, le ratio Rg/T (quotient photo-thermique) est relativement élevé cette année durant cette période et également durant le remplissage, ce qui explique les bonnes fertilités d’épis observées. De plus, le niveau élevé de ce ratio est la résultante de rayonnements corrects accompagnés de températures basses. De ce point de vue, l’année 2019 est assez différente des 20 dernières campagnes.

Figure 3 : Offre climatique à 2 nœuds à floraison – Angers (49)

Ainsi, le printemps 2019 aura été marqué par des températures fraîches combinées à un rayonnement correct, profitable à la photosynthèse, avec en conséquence des biomasses et un nombre de grains élevés, mais probablement pénalisant pour le métabolisme azoté qui exige des températures plus élevées pour être à l’optimum.

Le défaut d’absorption à floraison a toutefois été compensé en partie au cours du remplissage : dans nos essais, l’absorption et la remobilisation de l’azote post-floraison est supérieure à la moyenne pluriannuelle mais ne compense pas totalement le déficit d’absorption au cours de la montaison.

Figure 4 : Remobilisation de l’azote et absorption post floraison - 1997 à 2019 - ARVALIS La Jaillère (44)

En 2019, la remobilisation et l’absorption post-floraison ont été supérieures à la moyenne pluriannuelle.

Ce qu’il faut retenir ► Des conditions climatiques à montaison et durant le remplissage des grains qui ont été favorables à l’accumulation d’amidon plus qu’au métabolisme azoté.
► Et surtout un effet dilution de l’azote marqué dans toutes les parcelles qui n’ont pas été fertilisées à la hauteur du potentiel atteint.

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