En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Un petit tas de granulés d’azote (urée) sur la terre en Bretagne en avril 2020 Messagerie Bretagne

Blé tendre : quand évaluer la dose du dernier apport d’azote ?

07 mai 2020

L’absence de pluie pendant un mois autour du stade épi 1 cm a pu entraver la valorisation des apports d’azote sur blé. L’utilisation d’un outil de pilotage va permettre de diagnostiquer l'état des besoins azotés des plantes pour ajuster la dose du dernier apport.

Après une période très sèche depuis le 10-13 mars, les pluies sont de retour depuis le 16 avril sur toute la région, avec des cumuls parfois importants, notamment dans le Morbihan et le Finistère.

Carte 1 : Cumul des pluies (en mm) du 16 au 30 avril 2020

Tableau 1 : Cumuls de pluie dans les 15 jours suivant un apport azoté, pour différentes dates d'apport

Les principales conséquences d’une faible pluviométrie après les apports

Des pertes par volatilisation

Pour la solution azotée, ces pertes peuvent aller jusqu’à 20-30 %. Pour l’ammonitrate et les urées avec inhibiteurs d’uréase (type Nexen ou Utec 46), elles sont moindres (5-10 %). Ce phénomène engendre une moindre efficacité des engrais azotés.

Les lisiers de porc apportés sur les céréales ce printemps ont également été mal valorisés en lien avec les pertes par volatilisation. En règle générale, ces pertes sont proches de 30 % par rapport à la dose d’azote apportée ; cette année, les températures élevées en mars et le manque de pluie pendant près de 40 jours depuis le 10 mars, ont pu engendrer des pertes beaucoup plus importantes.

Un retard d’absorption de l’azote

En situation sèche, le déficit probable d’absorption d’azote observé à ce jour peut provoquer des carences induites. Ces carences interfèrent avec les diagnostics de nutrition azotée. Elles peuvent alors être à l’origine d’une sur-évaluation des préconisations, qui doivent être modulées en conséquence. Il est probable qu’une certaine quantité d’azote, difficile à déterminer avec précision et non prise en compte dans les diagnostics, reste aujourd’hui présente dans le sol et sera absorbée par les plantes dès le retour des pluies.

Cependant, en conditions sèches, l’absorption de l’azote par les plantes est ralentie, mais elle n’est pas nulle. Les rosées matinales ont probablement légèrement compensé le manque de pluie : même si les quantités d’eau en jeu restent modestes, elles favorisent l’absorption d’azote par les céréales

Quelle attitude adopter avec les outils de pilotage ?

De nombreux outils de pilotage sont présents sur le marché : Jubil®, N-Tester®, Farmstar®… Ils permettent de faire un état de nutrition azotée de la plante avant le dernier apport d’azote afin d’ajuster sa dose en fonction de la valorisation des apports précédents et du potentiel de la culture.

Pour les apports réalisés entre le 10 mars et le 10 avril

L’absence de pluie sur cette période a retardé la valorisation de l'apport. Une partie a été perdue par volatilisation, ou réorganisée dans le sol. La fraction de l’engrais encore présente dans le sol et valorisable est désormais en cours d’absorption par la culture sous l’effet des dernières pluies. Dans ces situations, un diagnostic de pilotage réalisé avant la pluie indique un niveau de carence en partie lié au défaut de valorisation de l’apport précédent. Il convient donc de réaliser un nouveau diagnostic lorsque c’est envisageable, ou à défaut d’ajuster la dose préconisée par l’outil.

Pour les apports réalisés après le 10 avril

Le retour des pluies depuis le 16 avril permet une très bonne valorisation de ces apports. Ces situations correspondent à une partie des parcelles semées en décembre et en janvier. Dans ce cas, il est préférable d’attendre une dizaine de jours pour une complète valorisation des derniers apports avant de réaliser un diagnostic de la culture avec un outil de pilotage.

A noter également que d’autres facteurs peuvent influencer le diagnostic de nutrition azotée, comme des symptômes de viroses, un enherbement important, d’éventuelles phytotoxicités ou encore des problèmes de structure et d'hydromorphie, impactant fortement le développement du système racinaire. Pour ces situations, des jaunissements peuvent apparaître, conduisant généralement à des sur-évaluations des besoins en azote. Ces situations seront à analyser au cas par cas.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10