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Semis de blé tendre en 2018 dans le Centre Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Blé tendre : ne pas être frileux pour retarder les dates de semis !

25 octobre 2018

Il n’y a pas d’urgence pour le moment au semis de blé tendre, hormis les variétés « tardives ». Dans les autres situations, il sera préférable d’attendre et de semer dans de bonnes conditions de sol afin d’assurer une levée homogène et rapide.

Le contexte climatique actuel toujours très sec sur la grande région Centre nous amène à envisager des retards de semis en céréales à paille parfois importants.

Figure 1 : cumuls de pluie (mm) par année (1978 ⇒ 2018) sur la station de Bourges sur la période du 1er août au 25 octobre (données Météo France).


Là où les précipitations se font attendre et où les cumuls de pluie ne dépassent pas les 30 mm depuis début août (ex : Bourges - figure 2 : rappel contexte 1978) se pose la question de quand semer ?

Figure 2 : cumuls de pluie (mm) par année (1978 ⇒ 2018) sur la station de Bourges sur la période du 1er août au 25 octobre (données Météo France).

 

Au cas par cas :
- Orge d’hiver : un retard de semis jusqu’au 10/11 est possible et, dans les conditions actuelles, est préconisé en majorant les densités tout en sachant que le potentiel peut être marqué de 10%.
- Orge de printemps en semis d’automne et blé dur : aucune précipitation ! Ces cultures supportent des semis jusqu’à fin novembre : privilégier les conditions de semis plutôt que la date de semis.
- Blé tendre et triticale : voir les éléments ci-dessous.

Un certain nombre d’éléments sont à prendre en compte.

Pression en graminées de la parcelle 

Les parcelles les plus propres (ex : derrière tournesol) peuvent être semées sans soucis particulier. Les parcelles en Blé / Blé ou en précédent Colza avec des contextes à fortes pressions graminées doivent attendre. Le levier date de semis cette année n’a pas encore « fonctionné » et ne fonctionnera que lors du retour de pluies significatives. Attention aux levées concomitantes entre céréales et adventices. Des semis tardifs peuvent induire des positionnements des interventions de type post précoce (ex : Fosburi, Daïko, CTU, etc …) vers la fin novembre : période à laquelle les efficacités seront très certainement meilleures que sur sol sec avec des levées hétérogènes.

Type de sol et qualité de la préparation de semis réalisée

Il existe aujourd’hui deux grandes situations de qualités de préparation. La première où le travail du sol a été progressif en profondeur permettant d’avoir suffisamment de terre fine pour assurer un bon positionnement des graines. La seconde en sol souvent plus argileux ou lorsque le travail de sol fut trop profond lors du premier passage de déchaumage entrainant la formation de grosses mottes qui ne peuvent aujourd’hui plus être calibrées même avec des passages répétés d’outils à dents ou à disques. Dans cette seconde situation, l’attente (du retour de pluie) est de rigueur : sinon, le positionnement des graines sera aléatoire et conduira à des levées hétérogènes.

Précocité des variétés

Il est aujourd’hui difficile d’envisager un changement de variétés au sein des exploitations et donc de précocités. Si un choix adapté des variétés au type de sol avait été envisagé (ex : variété plus tardive à épiaison en sol plus profond), celui-ci doit être revu. La priorité actuelle est de semer les variétés les plus tardives à épiaison en premier quelle que soit le type de sol !

Rappel
- la précocité à montaison, caractérisée par la date du stade épi 1 cm, détermine le début de la période de semis,
- la précocité à épiaison, caractérisée par la date d’épiaison, détermine la fin de la période de semis.

En date du 25 octobre :
- les variétés de précocités 6 à épiaison (ex : Boregar, Chevignon) : leur positionnement devient difficile aujourd’hui car la durée de la période entre le semis et les levées risque d’être longue en situations sèches.
- les variétés de précocité 6.5 ne posent pas de soucis particuliers pour le moment et les dates de fin de semis affichées classiquement peuvent être déplafonnées de 10 jours.

Dans tous les cas, il faut privilégier la qualité de semis avant la date de semis. Il vaut mieux assurer une levée rapide en décalant la date de semis de 10 jours plutôt que l’inverse.
- au-delà d’une précocité épiaison de 6,5, les semis peuvent s’envisager jusqu’ au 20 novembre, voire début décembre pour les précocités 7,5 et plus.

Impact sur le potentiel

Il est possible sur la base de données historique ARVALIS de la grande région Centre de distinguer deux grandes situations : Sud Loire et Nord Loire.

Au sud de la Loire 

Pour les semis après la fin octobre le potentiel est entamé d’un peu plus de 10%. Les variétés qui s’en sortent le mieux ensuite et qui sont en capacité d’assurer un bon rendement sont celles avec des note d’épiaison supérieures ou égales à 7.

Figure 3 : rendements (q/ha) en fonction de la date de semis - années 1997 à 2018 / précocité à épiaison
Sud Loire depts 18, 36, 37

Au nord de la Loire 

Egalement deux tendances se dégagent avec une rupture un peu plus précoce autour du 20/25 octobre, mais la perte de rendement est plus faible à peine 8%. Ce qui s’explique par des milieux en tendance plus profonds et donc moins impactés par le stress hydrique de fin de cycle contrairement à la zone sud Loire.

Figure 4 : rendements (q/ha) en fonction de la date de semis - années 1997 à 2018 / précocité à épiaison
Sud Loire depts 28, 41, 45, 91

Revoir les densités de semis

Malgré une plus grande souplesse que les orges d’hiver sur les capacités à compenser un faible nombre de pieds, les densités de blé tendre doivent être majorées à partir de la fin octobre et ce d’autant plus que les conditions de semis ne sont pas optimales (ex : fortes présence de mottes).

Tableau 1 : densités de semis de blé tendre en grains/m²

Pression insecte d’automne en l’absence de « Gaucho »

La pression actuelle cicadelles et pucerons reste actuellement importante (cf BSV des régions concernées). Dans ces conditions, il sera nécessaire de protéger dès la première feuille les parcelles si les seuils de déclenchements sont atteints. Les situations les plus problématiques sont/seront les parcelles avec des levées hétérogènes qui s’échelonnent dans le temps. Rappel : les insecticides homologués ne présentent aucune systémie. Toute nouvelle feuille émise n’est donc pas protégée !

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1 commentaires 26 octobre 2018 par FERNET

Bien sûr il est préférable d'attendre dans mon secteur 45 pas pluie significative depuis début juillet il est impossible de travailler les sols argileux sinon casse des outils.

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