En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Symptômes de septoriose sur blé tendre en avril 2020 en Ile de France Messagerie Centre / Ile-de-France

Septoriose du blé : ne pas intervenir trop tôt

09 avril 2020

La septoriose est bien là mais il est nécessaire d’attendre le stade 2 nœuds des parcelles pour décider de positionner un traitement fongicide. Une observation minutieuse des plantes permettra de confirmer le diagnostic.

Depuis quelques jours, de nombreuses taches avec des faciès divers (jaune, blanc, violet, sur toute la surface des feuilles, juste sur les pointes, les courbures) s’expriment sur les blés tendres. Si ces marquages sont liés aux conditions climatiques rencontrées précédemment – vent d’Est très froid, conditions de rayonnement variés, aggravés dans certains cas par de la phytotoxicité, de la jaunisse nanisante de l'orge (JNO), une mauvaise valorisation de l’azote – il est possible d’observer aussi de la septoriose. Attention à bien distinguer ce qui relève des maladies du reste.

Même si des différences selon la sensibilité des variétés à la maladie sont visibles, les variétés résistantes ne sont pas toujours indemnes pour autant.

Faire un diagnostic à la parcelle

Les conditions printanières de cette année sont loin de ressembler à celles rencontrées cet hiver. Après une longue période pluvieuse de janvier à mi-mars, c’est le sec qui semble s’installer durablement. Côté températures, le printemps a fait son entrée par une semaine de froid accompagné d’un vent séchant. Alors que les températures remontent, nous assistons à une expression soudaine, parfois importante, de symptômes de septoriose sur les feuilles récemment étalées. L’inoculum cantonné en fond de végétation pendant le tallage a ainsi progressé de quelques étages depuis le début de la montaison. En cause ? Certainement les dernières précipitations significatives enregistrées il y a environ un mois. Les températures froides de la semaine ont pu retarder l’expression des symptômes qui apparaissent habituellement après environ trois semaines.

A l’approche du stade 2 nœuds et face à ce constat, il est judicieux de prendre le temps de réaliser un diagnostic des parcelles pour établir la stratégie de protection fongicide à adopter. Pour cela, un seul moyen : observer les plantes pour repérer la présence de septoriose. Peu de contaminations sont prévues ces prochains jours en lien avec l’absence de pluies. Le niveau de risque à partir de 2 nœuds dépendra essentiellement des prévisions de pluies à venir et de leur régularité jusqu’à la fin de la montaison.

Attention aux erreurs de diagnostic !

Toutes les nécroses observées ne sont pas de la septoriose ! Seules celles présentant des pycnides (points noirs) peuvent être attribuées à cette maladie. Chez Zymoseptoria tritici, l’espèce de septoriose dominante dans notre région, les pycnides (structures de la reproduction asexuée du champignon) apparaissent dès la formation des nécroses. Un seul mot d’ordre : rentrer dans les parcelles pour observer attentivement les feuilles.


Photo 1 : présence de pycnides noires sur une feuille de blé

En conditions humides, on peut observer des cirrhes blancs sortir des pycnides (gelées contenant des spores de champignon), même avec une simple loupe de poche.


Photo 2 : des cirrhes blancs sortent des pycnides

Pour plus d’informations, consulter le BSV de cette semaine :
-
Centre
-
Ile-de-France

Prioriser les observations en fonction de la sensibilité des variétés

L’anticipation du risque commence par connaître la sensibilité des variétés à la septoriose. Les notes de résistance variétale sont actualisées chaque année. Ces grilles sont consultables dans les guides Choisir & Décider – Variétés et traitements d’automne des céréales.

Figure 1 : Résistance des variétés de blé tendre à la septoriose (Septoria tritici) – Echelle 2019

Les Outils d’Aide à la Décision (OAD) permettent d’intervenir au bon moment sur les parcelles en anticipant les risques en cours de campagne. Un outil en accès libre, le baromètre maladies du blé tendre, permet ainsi d’avoir un aperçu du risque « maladies » pour quelques variétés cultivées dans nos régions. D’autres outils, comme ceux intégrant le modèle Septo-LIS®, permettent de déclencher le premier traitement contre la septoriose. Pour ces derniers, la sensibilité variétale, la date de semis, l'évolution physiologique de la culture et les prévisions météorologiques sont autant de paramètres pris en compte pour simuler l'évolution de la maladie et ainsi prévoir le nombre de jours avant le premier traitement contre la septoriose.

Evaluer le niveau d’attaque avant toute intervention

En complément des prévisions des modèles, l’observation des parcelles reste indispensable pour déterminer l’intérêt ou non d’un traitement, surtout en cas de variétés sensibles. Ces visites au champ permettent de suivre régulièrement l’évolution de la septoriose dans le couvert. Même si de nombreux symptômes sont présents au stade 1 nœud, il est trop tôt pour décider dès maintenant d’une intervention. Le premier traitement fongicide (T1) n’est à déclencher si nécessaire qu’à partir de 2 nœuds.

Si les parcelles sont au stade 2 nœuds (cas des premiers semis)

Observez la feuille F4 définitive (au stade 2 nœuds, il s’agit de la F2 déployée du moment). Le but de la protection fongicide est en effet de protéger les trois dernières feuilles définitives. Le T1 sera à déclencher en cas d’atteinte, ou non, des seuils (figure 2), qui sont ajustés selon la sensibilité variétale.

Figure 2 : Identification de la septoriose et seuils d’intervention

Source : ARVALIS – Institut du végétal

En cas de doute, consultez les fiches accidents d’ARVALIS

Avec quel produit si une intervention est nécessaire ?

Si un T1 est déclenché à 2 nœuds, des associations triazole(s) + produit de contact (chlorothalonil, soufre ou folpel) sont proposées pour renforcer leur efficacité. A noter que le chlorothalonil n’est utilisable que jusqu’au 20 mai 2020.

Si un T1 est déclenché à dernière feuille pointante, du chlorothalonil en solo (750 g/ha) ou associé au soufre (500 g/ha + 2400 g/ha) peut suffire pour patienter jusqu’à dernière feuille étalée.

Pour des variétés résistantes à peu sensibles à la septoriose (Nuisibilité attendue entre 7 et 13 q/ha)

L’impasse de T1 sur septoriose à 2 nœuds devient la règle, particulièrement pour les variétés résistantes à peu sensibles (note ≥ 6,5). L’observation à partir de 2 nœuds ou dernière feuille pointante conduira très majoritairement à une impasse duT1 pour ce type de génétique. Un contrôle au champ est tout de même recommandé.

Figure 3 : Stratégie fongicide proposée pour des variétés de blé résistantes à peu sensibles

Pour des variétés moyennement sensibles à la septoriose (Nuisibilité attendue autour de 15 q/ha)

Pour ces variétés, c’est le pilotage par un OAD qui décidera d’une intervention en T1 ou non, après confirmation par une visite au champ, selon la date d’apparition de la septoriose.

Figure 4 : Stratégie fongicide proposée pour des variétés de blé moyennement sensibles

Pour des variétés très sensibles à la septoriose (Nuisibilité attendue autour de 20 q/ha)

Pour ces variétés, c’est le pilotage par un OAD qui décidera d’une intervention en T1 ou non, après confirmation par une visite au champ, selon la date d’apparition de la septoriose.

Figure 5 : Stratégie fongicide proposée pour des variétés de blé très sensibles

Retrouver l’ensemble des programmes dans le guide Choisir & Décider – interventions de printemps.

Quelle situation pour le blé dur ?

La situation sanitaire des blés durs de la région reste pour le moment très saine. Quelques symptômes sont parfois observés en fond de végétation mais ils restent pour le moment assez contenus et le risque reste nul. Même si le blé dur est moins sensible que le blé tendre à cette maladie, elle doit être prise en compte dans les stratégies de protection. Comme pour le blé tendre, le risque est nul avant 2 nœuds.
Les sensibilités variétales et les programmes fongicides sont à retrouver dans le guide Choisir & Décider – interventions de printemps - blé dur.

Covid-19 : les équipes d’ARVALIS restent mobilisées et connectées
L’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10