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Parcelle de blé tendre d’hiver courant montaison Fertilisation

Blé tendre : les besoins unitaires en azote des variétés réactualisés pour 2019

10 janvier 2019

Afin de répondre aux enjeux de la qualité du blé tendre dans les filières de production en termes de teneur en protéines du grain, ARVALIS - Institut du végétal a revu la méthode de détermination du besoin unitaire en azote des variétés. Celui-ci intègre depuis 2017 un objectif protéines et permet de concilier à la fois rendement et protéines. Retrouvez le classement 2019 des variétés de blé tendre selon leurs objectifs de production.

Pour calculer la dose totale d’azote à apporter sur blé tendre, la méthode du bilan prévisionnelle s’appuie sur le besoin unitaire en azote de la variété, dit " b ". Ce besoin était historiquement calculé à l’optimum de rendement sans intégrer le paramètre « protéines », conduisant à trois catégories pour l’ensemble des variétés : 2,8, 3 et 3,2 kg d’azote par quintal.

Aujourd’hui, de nombreux cahiers des charges, tant pour le marché intérieur qu’à l’export, requièrent des teneurs en protéines minimales de 11,5 %. Or, toutes les variétés n’obtiennent pas une telle teneur lorsqu’elles sont fertilisées à leur optimum « rendement ». Pour tenter d’atteindre ces deux objectifs, ARVALIS a défini un besoin « qualité » en azote (bq) pour chaque variété.

Un complément d’azote pour les protéines

Le besoin en azote se décline dorénavant selon les deux voies :
• Si l’objectif de production est uniquement d’optimiser le rendement, alors c’est le besoin unitaire « b » associé à la variété qui doit être pris en compte dans le calcul de la dose totale à apporter.
• Si l’objectif associe un rendement optimal et une teneur en protéines d’au moins 11,5 %, c’est le « bq » qui doit être pris en compte. Il correspond au besoin unitaire pour le rendement « b » auquel s’ajoute un besoin complémentaire « bc » pour viser une teneur en protéines de 11,5 %. Le calcul du complément bc se base sur l'écart entre l’objectif (11,5 %) et les teneurs en protéines moyennes ajustées, pour chaque variété, obtenu dans nos essais de caractérisation variétale.

En cas de variété dont la teneur en protéines est trop écartée de l’objectif de 11,5 %, le complément de besoin est plafonné de façon à ne pas dépasser 40 kg d'azote environ. Au-delà, il entraînerait un renforcement trop élevé de la dose totale qui, si les conditions climatiques ne permettent pas de le valoriser, augmenterait le reliquat d’azote minéral dans le sol à la récolte.

Cette année, les besoins b et bq de 25 nouvelles variétés sont disponibles.

Tableau 1 : Besoins unitaires en azote (kg N/q) à prendre en compte par variété et par objectif de production (hors blés améliorants ou de force)

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

En gras : variétés introduites pour 2019 dans le classement
En rouge : variétés modifiées depuis l’an dernier.
*: la mise en réserve minimale de 40 kg N peut être réduite en cas de faible potentiel

Adapter les pratiques en cas d'objectif qualité

Dans les cas où bq est utilisé, il est nécessaire d'adapter la conduite de la fertilisation azotée, et ceci d’autant plus que le contexte pédoclimatique sera peu favorable à l’obtention de teneurs en protéines élevées.

Le fractionnement de la fertilisation est la première pratique à adapter. Il convient, en particulier, de réaliser un premier apport modéré en sortie d'hiver pour reporter la quantité d’azote mise en réserve vers la fin de montaison, où l’apport sera le plus efficace sur l’augmentation de la teneur en protéines ; le report sera d’autant plus important que le besoin complémentaire (bc11,5) est élevé.

Dans certaines situations bien définies régionalement, la quantité correspondant au complément du besoin pourra être appliquée à l’épiaison ou à la floraison ; on peut alors envisager 4 apports, dont 2 réalisés après le stade « 2 nœuds ».

Le choix de la forme d’engrais apporté, en particulier pour le ou les apports de fin de montaison, présente aussi un enjeu important. L’utilisation de la forme d’azote la moins sensible à la volatilisation est préférable.

Rappelons néanmoins la part importante du facteur climatique dans l’élaboration en fin de cycle de la teneur en protéines. Avec ces préconisations, tout est mis en œuvre pour viser cet objectif, mais le climat, en interaction avec le sol, est l’élément final le plus déterminant.

Un exemplePour une variété ayant un coefficient bq de 3,2 et un bc de 0,2, c’est-à-dire un besoin complémentaire de l’ordre de 20 kg N/ha, un report d’azote vers la fin de montaison, qui serait habituellement de 40 kg N/ha doit passer à 60 kg N/ha.

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8 commentaires 13 janvier 2019 par SEGAERT

Bonjour , Pour moi, exploitant sur des petites terres des plateaux de Bourgogne et proche de Tonnerre(89), l'avantage des mélanges de variétés est avant tout sur l'amélioration des comportements sur les maladies. Ce que j'ai pu remarqué, pour l'avoir testé, c'est la moindre pression voir la non présence de la rouille jaune sur des variétés comme Allez-y en 2015 ou Némo en 2018 . (1/3 allez-y ; 1/3 solehio; 1/3 euclide en 2015 et 1/3 némo; 1/3 rubisko; 1/3 syllon en 2018 ) Pour l'effet rendement je n'ai pas pesé, je préfère donc m'abstenir. A mon avis, les mélanges n'ont pas les mêmes effets et intérêts suivant les régions et surtout si on se trouve sur des zones à fort potentiel. Est ce que quelqu'un peut me dire quelque chose sur mon ressenti?

11 janvier 2019 par ARVALIS

@En zone vulnérable, pour le calcul du plan prévisionnel de fertilisation , peut-on utiliser le bq ? Oui, c’est possible, en respectant les modes de calcul et les valeurs des arrêtés référentiels et en utilisant les outils de calcul de dose.

11 janvier 2019 par ARVALIS

@quel coefficient utiliser en cas de mélange de variétés? il faut calculer les besoins du mélange comme la somme pondérée des besoins de toutes les variétés du mélange. La somme pondérée est la somme pour toutes les variétés du produit entre : le rendement de la variété x le coefficient de la variété x le pourcentage de la variété dans le mélange.

11 janvier 2019 par BOURGIN

Bonjour, Pour les zones vulnérables, les cahier des charges ne sont pas bâtis sur les coefficients présentés ici, mais sur des dates d'apport, et l'adaptation des apports aux besoins, entre autres. Les DRAAF mettent en ligne les prescriptions sur leur site, par exemple voici pour la région Rhône Alpes : http://draaf.auvergne-rhone-alpes.agriculture.gouv.fr/Reglementation-Nitrates-dans-les Donc le coefficient bq peut être utilisable sous certaines conditions de terrain (Région, raisonnement du plan de fumure, résultat des analyses de sol, dates limitantes...), notamment en fractionnant les apports. Pour les mélanges (de classes b différentes), l'approche théorique indiquerai un ajout à l'équation pour chaque variété de sa proportion à l'hectare (par exemple, 70% Alhambra et 30% Auckland, coefficients qui viendraient "limiter" la dose respective pour chaque variété, pour un total comparable à une variété seule). L'approche pratique... A voir si quelqu'un a déjà fait le mélange que vous testez?

11 janvier 2019 par ROBERT

bonjour, si votre agronome a abandonné le mélange de variétés en 70 ... changez d'agronome! On les utilise depuis 16 ans sur l'exploitation, et le gain en résistance maladie est très appréciable. Je ma souviens d'un essai ITCF (oui ce n'est pas jeune) ou le mélange de 4 variétés faisait 1 q/ha de plus que l'addition des 4 variétés seules .. conclusion : peut d'impact .... dans un essai ou on isole les bonnes variétés qui font 0.2 q/ha de plus que les mauvaises.... Pour l'azote, je suis sur des variétés à 3, et les protéines sont entre 11.8 et 12.5 depuis 5 ans.

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