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Parcelle de blé versée en Ile de France Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Blé tendre : évaluer le risque verse avant d’intervenir

19 mars 2020

Dès que le blé tendre atteint le stade épi 1 cm, c’est le moment pour estimer le risque de verse. Si les conditions de ce début de campagne ont globalement limité le risque (dates de semis retardées, croissance perturbée par de l'anoxie racinaire...), les conditions à venir, début montaison, seront déterminantes pour l’ensemble des parcelles.

L’utilisation d’un régulateur n’est pas systématique, en particulier sur blé. Il existe aujourd’hui de nombreuses variétés à profil intéressant vis-à-vis du risque de verse. L’utilisation de telles variétés permet, même en situation agronomique à risque élevé, de contenir celui-ci.

Avant de choisir le régulateur ou son programme, il convient d’abord d’estimer le risque de verse et d’intervenir ensuite dans des conditions favorables.

Certains outils comme FARMSTAR® permettent d’estimer ce risque grâce à l’utilisation d’images satellites. En cas de non utilisation d’un tel service, il est possible d’estimer son risque verse avec une grille dédiée (tableau 1).

Tableau 1 : Grille de risque verse sur blé tendre

Tableau 2 : Classement des variétés de blé tendre selon leur sensibilité à la verse – Echelle 2019-2020

Pour connaître le classement d’autres variétés, consulter le site des fiches variétés.

A noter que pour une même variété, entre un blé conduit dans des petites terres et un blé conduit en sol profond à fort potentiel de rendement, un programme très léger, voire une impasse, est envisageable dans le premier cas alors que l’intervention est souvent nécessaire dans le second.

Certaines situations en semis précoces (début octobre), en sols drainants et/ou combinés à des apports d’azote précoces parfois conséquents, présentent aujourd’hui des développements végétatifs importants. Dans ces situations, le risque verse peut s’avérer élevé.

Le niveau de risque actuel devra être réévalué au cours de la montaison. Le climat entre le stade épi à 1 cm et le stade 2 nœuds accentuera ou diminuera le risque de verse agronomique initial. De la pluie, de faibles rayonnements, des températures fraîches en cours de montaison augmenteront l’élongation des premiers entre-nœuds et donc le risque de verse. Il conviendra d’en tenir compte pour un rattrapage ou l’ajustement de la dose.

L’irrigation tardive est un facteur qui augmente le risque. Les parcelles qui sont susceptibles d’être irriguées après floraison (blé améliorant en petites terres…) devront être régulées plus fortement.

Adapter la stratégie régulateurs au risque estimé

Les régulateurs de croissance agissent sur l’élongation des cellules de la tige, pour aboutir à des entre-nœuds plus courts ou à des parois plus épaisses et donc à des tiges plus solides.

Les programmes proposés ci-dessous s’appuient sur des produits connus et couvrent l’ensemble de la gamme de risques potentiels dans notre région.

Le risque peut être nul : une variété résistante semée en sols séchants à date de semis et densité optimales n’a que très peu de chances de verser pour des causes physiologiques. Dans ce cas, il est possible de faire l’impasse sur le régulateur.

Quand le risque est jugé faible à moyen, un seul passage précoce (au stade épi 1cm) est suffisant. Si ce passage n’a pu être réalisé à ce stade, il est possible de se reporter sur une intervention courant montaison en changeant de gamme de produits.

Dans les situations présentant des risques plus élevés, réaliser un programme avec une intervention précoce suivie d’un complément courant montaison avec un anti-gibbérellique. Ce complément conduira à un programme à fort effet raccourcisseur.

Il ne faut pas oublier que même le plus performant des programmes peut être mis en défaut par des conditions de fin de cycle très difficiles (orages…).

Tableau 3 : Stratégies de lutte contre la verse sur blé tendre 2020

* Certaines spécialités sont désormais interdites en mélange (classées H301). Se référer aux étiquettes.

Intervenir en conditions d’application optimales

Pour accroître l’efficacité et limiter la phytotoxicité du traitement, les applications sont à réaliser sur des cultures en bon état (indemnes de viroses, de phytotoxicités herbicides), correctement  alimentées (azote et soufre) et, si possible, dans des conditions climatiques favorables : temps poussant, lumineux et sans forte amplitude thermique (écarts inférieurs à 20°C).

Il est nécessaire de tenir compte des conditions climatiques le jour de l’application mais aussi durant les 3 à 5 jours suivants celle-ci.

Tableau 4 : Conditions de températures requises pour l’emploi des substances de croissance

Exemple de lecture : pour une application à base de chlorméquat de chlorure, il faut que la température minimale enregistrée le jour du traitement soit supérieure à –1°C et qu’elle atteigne au moins +10°C. Dans les 3 jours suivants, une température maxi supérieure à 10°C est favorable.
En cas de mélanges avec d’autres produits, vérifier que vous respectez la réglementation et la compatibilité de votre mélange. Certains antagonismes ont pu être observés.

Retrouver tous nos conseils régulateurs dans le guide Choisir & Décider régional.

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