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Maladie du pied sur blé tendre Messagerie Bretagne

Blé tendre : évaluer le risque piétin-verse à la parcelle

26 mars 2020

Même si les conditions climatiques de ces derniers mois ont été favorables au piétin-verse, la situation agronomique de chaque parcelle sera déterminante dans l’expression de la maladie. La sensibilité variétale, le type de sol et l’historique parcellaire permettent de relativiser un risque climatique important.

Un risque climatique fort en 2020...

Le modèle TOP permet d’avoir un indice de risque climatique piétin-verse au niveau régional sur blé tendre en sortie d’hiver. Les données d’entrée sont la pluie et les températures journalières à partir de la date de semis.

Les différentes situations étudiées cette semaine dans le cadre du BSV montrent un risque climatique élevé pour les dates de semis du 25 octobre ou du 20 novembre pour l’ensemble de la Bretagne. Le risque est beaucoup plus faible pour les semis plus tardifs.

…à relativiser pour chaque parcelle

Le piétin-verse est une maladie inféodée à la parcelle qui touche uniquement les bas de tiges. L’inoculum se maintient d’une année à l’autre sur les chaumes, les repousses de céréales, ou les graminées adventices contaminées. Il faut donc qu’il y ait eu une attaque conséquente les dernières années pour qu’un minimum d’inoculum soit présent dans la parcelle et contamine ensuite les tiges durant l’hiver et le printemps.

Cela doit conduire à relativiser les risques agronomiques et climatiques parfois élevés annoncés par les outils.

Pour estimer le risque pour chaque parcelle, il faut prendre en compte :
1- La sensibilité variétale : c’est un levier majeur ! De nombreuses variétés cultivées dans la région sont tolérantes, c’est-à-dire qu’elles ont une note CTPS supérieure ou égale à 5 (figure 1). Dans ce cas, le risque est nul et aucun traitement spécifique n’est nécessaire. Le risque est principalement présent pour les variétés sensibles (notes 1 ou 2) semées tôt et moyennement sensibles (notes 3 et 4). Dans ces situations, il est recommandé de ne traiter que les parcelles à risque en fonction de l’historique des attaques et du résultat de la grille d’évaluation (figure 2).
2- Le type de sol : les limons battants sont les plus favorables aux attaques.
3- Le potentiel infectieux du sol : il est déterminé par la fréquence de retour du blé, le travail du sol et la présence de piétin verse au cours des années passées.

L’ensemble de ces facteurs sont regroupés dans la grille de risque qui permet de faire une évaluation à la parcelle (figure 2).

Figure 1 : Répartition des variétés de blé selon leur sensibilité au piétin-verse

Figure 2 : Grille d’évaluation du risque piétin-verse sur blé tendre

Exemple de lecture : • Chevignon (note CTPS 3) : note = 3.
• Précédent maïs fourrage : note = 0.
• Labour : note = 1.
• Limon non battant : note = 1.
• Effet climatique 2020 fort (cf modèle TOP) : note = 2.
Score de risque final : 7. Le risque devra donc être évalué en fonction de la présence de piétin-verse les années passées.

Un retour sur investissement uniquement quand la pression est très élevée

La nuisibilité moyenne du piétin-verse ces dernières années est de l’ordre de 3-4 q/ha en l’absence de verse. On observe une érosion progressive des efficacités des différentes spécialités du marché (30 à 45 % d’efficacité maximum.

Ainsi, en considérant un investissement anti-piétin de 30 €/ha, pour une efficacité de 30 % (efficacité moyenne dans les essais) et un prix du blé à 15 €/q, un traitement n’est rentable que si la nuisibilité liée au piétin-verse est d’au moins 10 q/ha.

En cas de traitement, trois matières actives sont utilisables contre cette maladie : la métrafénone, le cyprodinil et le prothioconazole. Les deux premières n'ont pas d'efficacité contre la septoriose.

Le prochloraze, longtemps utilisé en T1, ne présente plus d’activité sur un piétin-verse qui lui est devenu résistant.

S’il est nécessaire, ce traitement doit être positionné entre épi 1 cm et 1 nœud (et dans tous les cas avant 2 nœuds) pour être le plus efficace.

Des symptômes rarement visibles en début montaison

Les symptômes s’expriment généralement à la fin de la montaison. Il est donc difficile de se baser sur l’observation des tiges pour définir sa stratégie. Pour en savoir plus, consultez la fiche piétin-verse.

Covid-19 : les équipes régionales d’ARVALIS restent mobilisées et connectéesL’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

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