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Evaluation du risque de verse 2020 Messagerie Champagne-Ardenne

Blé tendre et orge d’hiver : un risque de verse faible cette année

16 avril 2020

Des conditions climatiques peu favorables, pas d’excès d’azote, des biomasses dans la moyenne… Le risque de verse semble modéré cette année sur céréales d’hiver. Seules les variétés sensibles à cet accident sont à surveiller.

La verse intervient en fin de cycle, mais elle est conditionnée plus tôt en culture. Le risque dépend principalement de la sensibilité variétale, du niveau de fertilisation et du climat en début de montaison.

Le climat actuel peu favorable à la verse

Le climat entre les stades épi 1 cm et 2 nœuds est déterminant dans la définition du risque climatique. C’est à cette période que se définit la longueur des entre-nœuds et leur solidité. Depuis le stade épi 1 cm (mi-mars pour les semis classiques, fin mars / début avril pour les semis tardifs), le rayonnement est excellent : il n’y a donc pas de phénomène d’étiolement, les entre-nœuds seront plutôt courts.

Le manque de pluie pouvant conduire à des carences azotées, il limite également le risque de verse.

La météo est à suivre, mais elle ne semble pas se mettre à la pluie pour le moment, et le rayonnement se maintient à des valeurs élevées → climat sur la période épi 1 cm – 2 nœuds peu favorable à l’augmentation du risque de verse.

Une grille pour évaluer le risque

Une grille permet d’évaluer le risque de verse à la montaison des céréales (tableau 1). Elle prend en compte la sensibilité variétale, le niveau de fertilisation azotée et la densité des cultures.

Exemple : pour une parcelle de Chevignon, sans excès d’azote et un peuplement normal, le score de la grille s’élève à 5, soit un risque faible à moyen, ne nécessitant pas de traitement systématique.

Tableau 1 : Grille de risque sur blé tendre d’hiver (BTH) et orge d’hiver (OH)

Prendre en compte la sensibilité variétale

La variété constitue l’un des facteurs les plus efficaces pour lutter contre la verse, que ce soit en blé comme en orge. En blé, il n’y a que très peu de variétés sensibles, grâce aux progrès de la génétique. De nombreuses variétés ont une note supérieure ou égale à 7, gage d’une très bonne tenue de tige (figure 1). Sur ces variétés, le risque est très faible voire nul cette année.

En orge d’hiver, le nombre de variétés sensibles à la verse est plus élevé (figure 2). Il faudra donc apporter une attention accrue sur cette espèce.

Néanmoins, l’utilisation d’un régulateur ne doit pas être systématique, en particulier sur blé. L’utilisation de variétés à profil intéressant contre la verse permet, même en situation agronomique à risque élevé, de contenir celui-ci. Pour cette campagne, le risque est donc à prendre en compte essentiellement sur variétés sensibles sur blé comme sur orge.

Figure 1 : Echelle de sensibilité à la verse des variétés de blé tendre d’hiver – Cotations mises à jour en janvier 2020

Figure 2 : Echelle de sensibilité à la verse des variétés d’orge d’hiver à 6 rangs – Cotations mises à jour en janvier 2020

Pas d’excès d’azote cette année

Le risque de verse augmente en situation d’excès azoté, d’autant plus si cet excès est précoce. Il peut être dû à des fournitures du sol trop importantes (reliquats de précédents culturaux, forte minéralisation, parcelles avec apports organiques) ou à des apports minéraux trop importants. Cette année, les reliquats de sortie d’hiver sont dans la moyenne basse, les apports à tallage se sont centrés sur 40-60 kg N/ha et l’absorption de l’azote apporté début tallage est actuellement ralentie par le temps sec.

Il n’y a donc pas d’excès d’azote pour les céréales d’hiver en sortie d’hiver/début montaison.

Une densité de végétation et une vigueur dans la moyenne

Plus le tallage est important, plus les tiges auront tendance à s’étioler pour aller capter la lumière, ce qui augmente le risque de verse.

Pour les blés tendres d’hiver : avec des semis retardés pour une grande proportion de parcelles, le risque est amoindri. Par ailleurs, le nombre de tiges à plus de 3 feuilles (tiges susceptibles de monter à épi) se situe dans la moyenne. Dans les essais ARVALIS, le nombre de talles à plus de 3 feuilles est en moyenne de 2,7 talles par plante, soit 680 talles/m² (figure 3). Cette valeur correspond à un peuplement normal, voire limitant dans les parcelles hydromorphes ou semées très tardivement.

Figure 3 : Nombre de tiges à plus de 3 feuilles en fonction du nombre de plantes par m² en blé tendre d’hiver

Pour les orges d’hiver : le nombre de tiges à plus de 3 feuilles est proche de la moyenne pluriannuelle, avec 3,7 talles par plante. Cette valeur correspond à un peuplement normal. Seuls les semis réalisés avant le 5 octobre peuvent se situer dans la catégorie peuplement élevé/fort tallage.

Des conditions climatiques strictes pour appliquer un régulateur

Les régulateurs agissent sur l’élongation des cellules de la tige, pour aboutir à des entre-nœuds plus courts ou à des parois plus épaisses, donc à des tiges plus solides. De ce fait, ils agissent sur la physiologie de la plante et peuvent donc engendrer un effet de stress qui ne doit pas se combiner à un stress climatique (froid, amplitude thermique).

Les applications sont à réaliser sur des cultures en bon état, correctement alimentées en azote et dans des conditions climatiques favorables : temps poussant, lumineux et sans forte amplitude thermique (écarts inférieurs à 15-20°C) et ce durant les 3 à 5 jours suivant le traitement.

Les applications devront donc être évitées en cas de risque de sous-alimentation azotée et de sécheresse prolongée, ou en présence de gelées matinales.

A retenir : l’application des régulateurs ne doit être réalisée que lorsque le risque de verse est avéré et les conditions climatiques favorables ce qui n’est pas le cas actuellement.

Attention aux effets parfois négatifs des régulateurs en l’absence de risque de verse

Les résultats de comparaison de produits à base d’éthéphon ou de trinexapac-éthyl, réalisées sur un grand nombre d’essais, montrent l’intérêt des régulateurs en présence de verse. En revanche, en l’absence de verse, on ne constate pas de gain de rendement et, dans certains cas, des pertes de rendement peuvent même être mesurées (tableau 2).

Tableau 2 : Résultats des essais régulateurs sur orge d’hiver

(Source ARVALIS)
L’encadré bleu matérialise les situations sans verse

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