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Echantillon de terre dans une main pour évaluer les fournitures de l’azote du sol début 2021, en Franche-Comté Messagerie Bourgogne-Franche-Comté

Blé tendre : des besoins en azote actuellement couverts par les fournitures du sol

11 février 2021

Le pilotage de l’azote sur blé tendre commence dès le premier apport : comment le raisonner ? Le point sur la situation dans notre région.

La majorité des semis de céréales ont été réalisés entre le 10 et le 25 octobre 2020. Les semis d'orges d'hiver se sont terminés avant ceux du blé.

Les bonnes conditions en novembre ont permis de finir les derniers semis (précédents maïs ou betterave) et d’ajouter des parcelles supplémentaires de blé (sur blé) et d’orge de printemps. Notons les conditions parfois limites de ressuyage pour les orges d’hiver.

Les céréales présentent un état végétatif favorable dans la majorité des situations. En parcelle saine, l'état des blés est flatteur – les orges d’hiver étant parfois gênées par la paille ou les phytotoxicités d’herbicide d’automne. En parcelle à ressuyage lent, l’excès d’eau enregistré en janvier (près de 120 mm) aura un impact important, asphyxiant les céréales.

Un début de campagne doux

Le cumul de pluies depuis le semis est en tendance dans la moyenne des 20 dernières années, excepté pour la Plaine du Jura où l’excédent est de plus de 100 mm (carte 1). Le climat a été pluvieux, surtout durant la 1re décade d’octobre et la 3e décade de janvier.

Carte 1 : Somme de pluies (mm) en écart à la moyenne (2000-2020) entre le 1er octobre 2020 et le 31 janvier 2021 en Bourgogne-Franche-Comté

Du côté des températures, elles ont été douces depuis le semis, hormis en janvier où les minima sont descendus localement vers -8°C, sans préjudices jusqu'à présent sur les cultures. Globalement, les sommes de températures sont plutôt excédentaires par rapport à la moyenne, surtout pour le nord de l’Yonne et de la Côte d’Or (de 60 à 90°C cumulés).

Carte 2 : Somme de températures (°C) en écart à la moyenne (2000-2020) entre le 1er octobre 2020 et le 31 janvier 2021 en Bourgogne-Franche-Comté

Cette douceur a probablement favorisé la minéralisation de l’azote du sol. Elle a également homogénéisé les stades entre les semis précoces et tardifs. Pour l’instant, les prévisions annoncent le stade épi 1 cm entre le 15 et le 25 mars, soit dans la médiane des 20 dernières années.

Par ailleurs, les excès d’eau depuis fin janvier peuvent entraîner l’azote dans les horizons plus profonds. Cet azote est probablement disponible dans le bas du profil pour les plantes les mieux enracinées en sol profond. Les reliquats sont donc attendus dans la moyenne.

Des fournitures du sol qui couvrent les besoins pour l’instant

Dans un sol saturé d’eau, les plantes plus ou moins asphyxiées ne se développent pas. Leurs besoins en éléments minéraux sont très fortement réduits.

Si les parcelles sont sales, les désherbages de rattrapage devront être privilégiées avant tout apport d’engrais en fonction de la portance du sol (> Consultez le dernier message OCP « Objectif Cultures Propres »).

On s’oriente donc préférentiellement vers des stratégies de fractionnement en 3 ou 4 apports.

Tableau 1 : Stratégies de fractionnement des apports d’azote possibles

* impasse tallage possible si RSH ≥ 60 uN, dans ce cas il est possible d’anticiper l’apport épi 1 cm.

Il n’y a aucun impératif technique à apporter de l’azote dès le 1er février, date possible règlementairement. Par ailleurs, l’épisode de froid actuel va « bloquer » la végétation, et donc, limiter ses besoins au moins jusqu’à mi-février pour les sols argilo-calcaire superficiels, voire fin février pour les sols argilo-limoneux profonds.

A noter que la forme d’engrais (ammonitrate, urée, urée protégée ou solution azotée) n’entraîne pas de retard dans la valorisation de l’apport et ne nécessite pas d’anticipation. La recommandation de ne rien apporter avant mi-février s’applique donc quelle que soit la forme prévue. Cependant, les apports de solution azotée ou d’urée sur sol froid et avec du vent exposent à une forte volatilisation.

Et du côté du soufre ?

Le soufre présente une mobilité dans le sol similaire à celle de l’azote. Le soufre est en effet lixiviable et se libère par minéralisation. Les fournitures du sol en soufre sont donc étroitement liées au type de sol et au climat de l’automne et de l’hiver. Aujourd’hui, le risque de carence en soufre n’est pas à ignorer.

La grille d’aide à la décision ARVALIS permet de déterminer les quantités de soufre à apporter sur blé et/ou orge d’hiver suivant les situations (type de sol, pluviométrie, apports éventuels sur le précédent) et l’objectif de rendement en absence d’apports réguliers de matière organique (PRO). Il n’est pas justifié d’augmenter les doses au-delà de 50 kg de SO3/ha pour un objectif de rendement de 80 q/ha.

Tableau 2 : Dose de soufre recommandée en fonction de la situation

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Sur les secteurs les plus à risques (sols filtrants et pluviométrie hivernale importante), un apport de soufre peut être envisagé entre le tallage et le début montaison afin d’anticiper d’éventuelles carences précoces. Les secteurs les plus arrosés correspondent aux zones du Morvan, de la Bresse, du Jura et de la vallée de la Saône. Une réévaluation du risque devra être faite avec le cumul de pluviométrie réelle à la fin du mois de février.

Carte 3 : Cumuls des pluies (mm) entre le 1er octobre 2020 et le 31 janvier 2021 en Bourgogne-Franche-Comté

Article rédigé par les partenaires de « Blé Objectif Protéines » (BOP) : L. PELCE & D. CHAVASSIEUX (ARVALIS), C. BOULLY (Bourgogne du Sud), R. FLAMAND (Ets Bresson), D. DEHER (CA 21), MA. LOISEAU (CA89), JN. HERRGOTT (Ynovae), M. MIMEAU (Dijon Céréales), D. LACHAUD (SAS RUZE), A. PETIT (SeineYonne), E. BONNIN (Soufflet Agriculture).

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