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Résultats récolte céréales 2018 Hauts-de-France Messagerie Hauts-de-France

Blé : retour sur la campagne 2017/2018

06 septembre 2018

La récolte de blé 2018 affiche de bons résultats en termes de qualité malgré des rendements légèrement en baisse. Conditions climatiques, efficacité des interventions, évolution des composantes de rendement, le point sur cette campagne.

La campagne 2018 se caractérise encore une fois par une série d’à-coups climatiques : hiver très pluvieux, coup de froid au printemps, orages violents en mai ou encore échaudage en fin de cycle, faisant de la moisson 2018 l’une des plus précoce de ces dernières années. La campagne se termine finalement avec des rendements proches de la moyenne décennale, des PS élevés et une très bonne qualité sanitaire (malgré quelques craintes).

Figure 1 : Evolution des cumuls de températures base 0°C 2017-2018

(source : Observatoire Estrées-Mons - 02)

Figure 2 : Evolution des cumuls de pluies 2017-2018

(source : Observatoire Estrées-Mons - 02)

Au sommaire :- Retour sur un automne et un début d’hiver doux et pluvieux
- Une montaison raccourcie, mais un peuplement épis/m² dans la moyenne
- Une pression maladie moyenne : septoriose tardive et attaques de rouille brune
- Une assez bonne fertilité des grains
- Echaudage de fin de cycle moins important que les 2 dernières années
- Des rendements légèrement décevants, mais une qualité au rendez-vous

Retour sur un automne et un début d’hiver doux et pluvieux

Les semis se déroulent en bonnes conditions : 35 % des blés sont semés au 10 octobre et 75 % des blés sont semés au 20 octobre. A noter que les surfaces de betterave progressent, augmentant la part de semis tardifs, et influençant probablement les structures de sol (phénomène de tassement provoquant des difficultés d’enracinement pour les cultures suivantes).

L’automne-hiver doux et très pluvieux (10 à 50 % de plus qu’habituellement) permet un bon développement des cultures et un tallage abondant, excepté pour les situations souffrant d’hydromorphie ou pour quelques semis très tardifs. Les escourgeons sont plus sensibles à ces phénomènes que les blés. Les réserves hydriques se reconstituent rapidement et le drainage de l’azote du sol (également du soufre) est très important. Les reliquats d’azote en sortie d’hiver sont logiquement très faibles et les doses bilan élevées (fréquemment supérieures à 200 u).

Le froid revient en février-mars avec deux séquences de gel (fin février et mi-mars), sans incidence notable sur les blés de la région, mais retardant leur redémarrage. L’avance des cultures est réduite et le stade épi 1 cm s’observe à des dates proches de la moyenne (fin mars, début avril).

Les désherbages à l’automne sont de plus en plus fréquents face aux difficultés techniques croissantes. Malgré le sec durant les deux premières décades d’octobre, les efficacités des applications d’automne sont bonnes. Quelques symptômes de phytotoxicité sont observés. Les créneaux d’applications « sortie d’hiver » sont difficiles à saisir compte tenu des forts cumuls de pluie pendant l’hiver (difficile de rentrer dans les parcelles). Les applications sont souvent réalisées tardivement sur des adventices développées (avec souvent l’azote épandu avant), et sont donc moins efficaces. Des relevées de graminées tardives sont fréquemment observées, par conséquent non contrôlées par les applications de sortie d’hiver. De plus en plus de parcelles rencontrent de gros soucis de désherbage à l’origine d’une perte de rendement pouvant atteindre 15 à 20 %, y compris dans des situations agronomiques a priori sans risques.

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Une montaison raccourcie, mais un peuplement épis/m² dans la moyenne

La pluie régulière du mois de mars permet une bonne valorisation des apports azotés, en particulier autour du stade épi 1 cm. Avec la remontée des températures en avril, la croissance des blés est rapide et la montaison se fait globalement dans de bonnes conditions. Les parcelles épient entre le 15 et le 20 mai avec une petite semaine d’avance, soit une montaison raccourcie de 4 à 6 jours.

Les réserves hydriques permettent de maintenir des peuplements épis assez élevés autour des 550 épis/m² (soit des valeurs proches de la moyenne), avec toutefois une certaine variabilité. Les peuplements sont plus réduits en secteur continental (régression plus importante liée au printemps plus chaud et sec dans l’Aisne ou encore la Champagne). A l’opposé, sur la bordure maritime ou dans l’Oise, les peuplements sont supérieurs de 30 à 50 épis/m² par rapport à la moyenne pluriannuelle.

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Une pression maladie moyenne : septoriose tardive et attaques de rouille brune

Le début de montaison se fait dans le sec (très peu d’eau entre la mi-avril et la fin avril), décalant la pression septoriose qui s’annonçait forte en sortie d’hiver (inoculum présent sur feuilles basses). Les outils d’aide à la décision ont fréquemment permis de retarder, voire supprimer le 1er traitement (en particulier sur variétés peu sensibles), mais il était néanmoins important de protéger correctement la dernière feuille. La pression septoriose s’est intensifiée sur la fin de cycle avec le retour d’un régime pluvieux en mai. Les orages sont parfois très localisés, et le mois de mai enregistre jusqu’à 150 mm de pluie (concentrée sur la dernière décade), ce qui est proche des valeurs maximales. Au final, avec un printemps deux fois humide qu’en 2017, la pression septoriose est tardive mais bien présente.

Les blés fleurissent fin mai / début juin et les conditions sont également favorables aux contaminations de fusariose sur épis. Les traitements à floraison présentent un intérêt cette année, mais les créneaux d’intervention sont parfois difficiles à saisir. Des symptômes sont observés, sans être généralisés.

Le mois de mai est chaud, supérieur aux normales de saison et la rouille brune fait logiquement son apparition, parfois de manière explosive en situations mal maitrisées et/ou sur variétés sensibles.

Les conditions très douces et pluvieuses de l’automne-hiver sont aussi favorables au piétin échaudage qui s’observe par endroit au printemps.

La nuisibilité finale observée dans les essais non traités, s’élève en moyenne à 18 q/ha sur la région (vs 20 q/ha en moyenne pluriannuelle) et peut atteindre jusqu’à 35 q/ha en cas d’attaque sévère de rouille brune/jaune dans les témoins non traités.

Des attaques de cécidomyies orange ont été observées cette année, avec ponctuellement des dégâts en parcelle. Le temps lourd et orageux au moment de l’épiaison a pu être favorable aux pontes de femelles. Les pertes estimées sont de l’ordre de 1 q/ha pour une larve par épi. Rappelons que la tolérance variétale est très efficace.

L’alimentation hydrique est bonne en mai, et les apports d’azote sont particulièrement bien valorisés cette année. Les outils de pilotage ne révèlent pas de carence en azote forte (peu de conseils à 80 kg N/ha à dernière feuille, et la plupart des conseils sont centrés autour de 40-50 kg N/ha).

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Une assez bonne fertilité des grains

Le rayonnement et les températures sont élevés pendant la montaison, surtout en mai. Les plantes poussent rapidement entre 2 nœuds et floraison, et l’offre climatique est juste suffisante pour combler les besoins importants des plantes à cette période.

La fertilité des grains est dans la moyenne avec 42 grains/épi en 2018 contre 40,6 grains/épi en moyenne. Le peuplement épis/m² étant lui aussi dans la moyenne, le nombre de grains/m² se situe également près de la moyenne cette année. Là où le peuplement épis est en retrait, la fertilité des grains compense, et inversement.

Figure 3 : Fertilité des grains et peuplement épis/m² observés dans les parcelles d’essais des Hauts-de-France

Les passages orageux de fin mai/début juin ont été bénéfiques à une alimentation hydrique régulière, en particulier sur les sols superficiels évitant des déficits hydriques marqués.

Localement, les abats d’eau sont très importants et violents, provoquant ponctuellement des défauts de fertilité (surtout si cela coïncide avec le stade sensible de la floraison), des périodes d’anoxie racinaire, ou encore des dégâts suite aux coulées de boue ou aux épisodes de grêle (une partie de l’Oise, et le secteur d’Amiens). A l’inverse, certaines zones restent très sèches depuis fin mai et voient leurs composantes de rendements affectées.

Carte 1 : Cumul de pluies (en mm) du 25 mai au 6 juin 2018 sur le nord de la France

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Echaudage de fin de cycle moins important que les 2 dernières années

Le début de remplissage se déroule en bonnes conditions, avec des températures non échaudantes, et un rayonnement important, ce qui est également favorable à un potentiel de Poids Spécifique (PS) élevé.

A partir du 25 juin, les températures deviennent très chaudes, dépassant fréquemment 25°C et provoquant un échaudage de fin de cycle, en particulier pour les parcelles les plus tardives encore en plein remplissage, et/ou sur les secteurs qui n’ont pas bénéficié des passages pluvieux en juin. La fin de cycle est mécaniquement raccourcie, accélérant la senescence des plantes et avançant la récolte de près de 10 jours !

Finalement, les Poids de Mille Grains (PMG) sont légèrement inférieurs à la moyenne : 42 g en 2018 vs 45,5 g en moyenne (soit -7 %), avec toutefois une certaine disparité, selon la précocité variétale et le secteur géographique (pluie) ou encore le type de sol. A noter qu’en moyenne le remplissage est moins affecté cette année en comparaison de 2017 (échaudage plus précoce, -12 %) ou encore de 2016 (échaudage plus intense lié à un excès d’eau et aux maladies de fin de cycle aboutissant à une pénalité de 23 %).

Figure 4 : PMG 15 % en fonction des sommes de températures depuis l’épiaison observées dans les parcelles d’essais des Hauts-de-France

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Des rendements légèrement décevants, mais une qualité au rendez-vous

La récolte n’a jamais été aussi précoce avec une fin de cycle très rapide : début autour du 5-10 juillet et fin au 25-30 juillet.

En résumé, toutes les composantes de rendements sont proches de la moyenne et les rendements moyens départementaux se situent aux alentours de la moyenne décennale avec : 81 q/ha pour l’Oise en 2018 (vs 81,4 q/ha), 82 q/ha pour l’Aisne (vs 83,1 q/ha), 84 q/ha pour la Somme (vs 86,1 q/ha) et 88 q/ha pour le Nord-Pas-de-Calais (vs 86,5 q/ha). Les résultats parcelles sont parfois très hétérogènes allant de 60 q/ha à plus de 100 q/ha. Les sols superficiels s’en « sortent » mieux qu’habituellement en relatif des sols profonds qui dépassent rarement les résultats à 3 chiffres.

Quant à la qualité, elle est très satisfaisante, avec des teneurs en protéines supérieurs à 12 % et des PS systématiquement supérieurs à 76 kg/hl, avoisinant fréquemment les 80 kg/hl.

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