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épandage du premier apport d’azote sur blé en Auvergne Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Blé : quelques rappels sur le reliquat sortie d’hiver et l’apport d’azote à tallage

30 janvier 2020

Bientôt février… c’est le moment de raisonner le premier apport d’azote sur blé selon le niveau des reliquats en sortie d’hiver.

Au fait, pourquoi le 1er février ? C’est à partir de cette date que les apports d’engrais minéraux sont autorisés dans notre région en zones vulnérables (repoussée au 10 février pour le 77).

A quoi sert le reliquat d’azote à la sortie de l’hiver ?

Le Reliquat Sortie d’hiver (RSH), au-delà d’être une obligation réglementaire dans les zones vulnérables, est une mesure de l’azote minéral disponible pour la culture. La valeur du reliquat est calculée à partir des quantités de nitrate (NO3-) et d’ammonium (NH4+) présentes dans les horizons 0-30 cm, 30-60 cm et 60-90 cm (la profondeur de prélèvement dépendant de la profondeur du sol). Les plantes absorbent principalement de l’azote sous forme NO3-, et dans une moindre mesure, sous forme NH4+.

Tableau 1 : Utilisation normalisée des formes d’azote minéral mesurées dans le Reliquat Sortie Hiver

Cette mesure permet de calculer au plus juste la dose d’engrais totale à apporter a priori au cours de la campagne. La valeur du RSH est variable d’une parcelle à l’autre, d’une année à l’autre. Elle résulte du reliquat présent à la récolte du précédent, de la minéralisation ou de l’organisation pendant l’automne (humus, résidus de culture, couvert, effluent), de la consommation d’azote par la céréale et de la lixiviation éventuelle avec le drainage hivernal.

Si les précipitations importantes de cet automne ont été propices aux pertes d’azote par lixiviation, la douceur de décembre a pu être favorable à la minéralisation d’azote par les sols.

Quel est l’objectif de l’apport d’azote au stade tallage ?

L’apport d’azote au stade tallage contribue à assurer un nombre optimal d’épis/m² en augmentant la capacité des talles à monter à épis. Il ne permet pas, par contre, de compenser un défaut de plantes ou un déficit du nombre de talles.

Dans l’idéal, la décision de réaliser une impasse ou pas de l’apport tallage se fera sur la base d’un reliquat réel mesuré sur la parcelle ou par l’utilisation d’un outil d’aide à la décision certifié. A noter que le raisonnement concernant le soufre (également très mobile dans le sol) est proche de celui de l’azote.

On peut distinguer deux situations :

→ Cas de premiers apports réalisés avec des engrais binaires ou ternaires
Dans ce cas, le premier apport est difficile à supprimer. La stratégie peut alors être de le retarder d’au minimum 15 jours afin d’être dans une situation où le besoin en azote sera réel. Il est possible d’envisager un apport minime permettant de limiter la dose d’azote tout en apportant les quantités suffisantes concernant les autres éléments. Un apport limité à 40 U/ha d’azote semble être un bon compromis dans cette situation.

→ Cas de premiers apports réalisés avec des engrais uniquement à base d’azote
L’impasse est techniquement possible et pourra être envisagée si vous êtes dans l’une des situations suivantes :
- Reliquats dans les deux premiers horizons (0-60 cm) supérieurs à 60 unités
- Précédent riche en azote (légumineuse) ou fertilisation importante du précédent
- Apport de matière organique
- Sols profonds à bonne minéralisation
- Date de semis précoce avec très bon tallage

Les impasses de l’apport tallage sont rarement justifiées dans les cas suivants : sols (très) superficiels, précédents peu riches en azote (tournesol ou colza à bons rendements), développement faible des cultures, etc. Dans ces cas, l’apport devra être compris entre 40 et 60 UN/ha.

Un apport trop conséquent ou non justifié est souvent préjudiciable : augmentation du risque de verse, de maladies, mauvaise valorisation par la plante. Bien qu’une carence puisse limiter le rendement, à l’inverse, l’azote n’accélère ni l’émission des feuilles ni celle des talles ! Il ne compensera en aucun cas un défaut de plantes ou un déficit du nombre de talles liés aux mauvaises conditions de semis de cette année.

En fonction des régions, l’apport d’azote en cours de tallage peut être contraint par une dose à ne pas dépasser sur une période donnée. Vérifiez la réglementation en cours sur votre secteur.

Raisonner la date d’apport

En ce qui concerne la date d’apport, privilégiez des conditions favorables à la valorisation (au moins 15 mm de pluie annoncés dans les 15 jours). Pour les parcelles ayant une problématique adventices, pensez à désherber avant d’intervenir (si l’état de résistance de vos ray-grass, vulpins le permet bien sûr).

Les doubles densités : le seul outil disponible pour piloter l’apport d’azote au tallage

La décision de réaliser ou non un apport peut s’appuyer sur la méthode des bandes à « double densité » : la non décoloration d’une bande de 20 ou 30 m semée à double densité signifie qu’il n’y a pas de carence et que l’impasse est possible avec un report de la dose correspondante sur le 2e et le 3e apport.

Concernant les pratiques de fertilisation azotée dans leur ensemble, pensez à consulter la réglementation en vigueur sur votre zone.

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